Voile : de la violence symbolique à la violence sociale

Mis a jour : le lundi 21 mars 2016 à 18:57

Mot-clefs: Genre/sexualités -ismes en tout genres (anarch-fémin…) antifascisme quartiers populaires
Lieux: parisienne region

Voile : de la violence symbolique à la violence sociale

8 mars 2016 - Journée internationale des droits des femmes

La résolution 1464 du 4-10-2005 de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe stipule "7-4 à veiller à ce que la liberté de religion et le respect de la culture et de la tradition ne soient pas acceptés comme des prétextes à la justification des droits des femmes y compris lorsque des filles mineures sont contraintes de se soumettre à des codes religieux (y compris les codes vestimentaires) …".

Nous exprimons notre indignation contre les agressions, les violences, les viols nombreux et parfois collectifs de femmes le 31 décembre à Cologne et dans d’autres pays d’Europe, comme nous l’avons toujours exprimée quand les femmes, dans les pays musulmans qui ont subi l’islamisme armé, ont été des captives de guerre.
Les cris de ces femmes (Iraniennes, Algériennes, Afghanes) et les appels de leurs représentantes auprès des organismes internationaux n’ont pas été entendus. Dans toutes les guerres, la pratique du viol des femmes a toujours été utilisée et continue à être utilisée comme arme de guerre. Nous réitérons les revendications de toutes ces femmes que le viol -arme de guerre- soit, enfin, considéré comme un crime contre l’Humanité (sans aucune réserve, quelles que soient les cultures et les religions).
Pour nous ces violences physiques ne peuvent pas être le fait de psychopathes, ni d’hommes en manque de sexe mais le résultat de violences symboliques qui réduisent la femme à un sexe et font d’elle un objet renforçant le patriarcat : sous des signes culturels et religieux, cette violence est un symbole qui atteint notre dignité de femme, en nous attribuant un statut d’infériorité identitaire. Dès notre naissance, on nous inculque des codes sociaux tels que la pudeur, l’inégalité dans la sexualité, la culpabilité, l’impureté, le déshonneur et la perte de l’estime de soi qui finit par structurer notre mental, et installe la domination masculine. Ces réflexes du patriarcat sont encore présents dans les sociétés occidentales qui se disent modernes et démocratiques.
Ces Etats refusent de voir que le port du voile est une violence symbolique et le considèrent même comme une simple expression culturelle, identitaire et religieuse. Ils ignorent délibérément son contenu rétrograde, sexiste, inégalitaire. Ils s’en accommodent sans être dérangés par l’idéologie islamiste qui le sous-tend. Mais nous, Françaises de culture musulmane, savons que le voile fait partie de ces codes qui participent à la construction de notre identité d’infériorité dans l’espace public et au sein de la famille. Nous sommes conscientes du danger qu’il constitue pour nos enfants mineures qui subissent un apprentissage de leur propre infériorité.
Nous refusons le port du voile car il représente une violence symbolique visible dans l’espace public. Cette visibilité semble être essentielle dans le projet de l’islamisme politique qui en a fait le cheval de bataille de tous les débats sur la laïcité et l’islam. Au nom de la liberté, les islamistes officialisent l’inégalité des sexes dans le domaine familial et social au mépris des valeurs fondamentales de la République.


- Nous refusons le projet politique et communautariste des islamistes.
- Nous demandons d’être considérées comme des citoyennes à part entière et que nos enfants soient protégés de l’embrigadement.
- Nous revendiquons l‘application de la résolution 1464 du 4-10-2005 de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe pour les mineures : leur faire porter le voile est une maltraitance.

Le voile, c'est la négation de la Liberté et de l'Egalité.

Femmesansvoile@gmail.com

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Commentaire(s)

> C'est à cause du voile que les femmes sont violées !

Cologne : Viols, racisme, xénophobie et islamophobie

Il est étrange de constater combien les événements qui se sont déroulés à Cologne la nuit de la Saint Sylvestre ont fait de bruit. En France par exemple, les viols ou tentatives de viols (considérés comme des crimes dans le droit français) exercés sur les femmes se font au rythme de 230 par jour (1) ! Mais ces crimes sont souvent passés sous silence par les médias bourgeois et les intellectuels de l'ordre établi. Pire, non seulement les femmes sont violées chaque jour, mais elles sont aussi humiliées, stigmatisées et moquées («elles l'ont évidemment bien cherché») sans que cela ne déchaîne l'hystérie médiatique et politique actuelle.

Les viols des femmes par des personnalités célèbres comme Dominique Strauss-Khan ou Roman Polanski entre autres, ne sont que l'arbre qui cache la forêt. D'ailleurs ces hommes ne sont pas considérés comme des violeurs. Dominique Strauss-Khan par exemple est présenté tout bonnement comme «L’homme qui aime les femmes sans modération» (2). Ce genre de crime n'est que rarement condamné par les tribunaux et encore moins dénoncé par les médias. Silence assourdissant par contre sur tous les autres viols ! Les images des femmes violées sont rares. Elles doivent rester invisibles. 90 % des agressions sexuelles ne sont pas déclarées à la police (3).

Pourquoi alors tant d'indignation sur les viols de la Saint-Sylvestre ? En quoi ces viols commis à Cologne et ailleurs en Europe sont-ils différents des autres crimes. Un viol est un viol, qu'il soit commis par un noir ou un blanc, un musulman ou un chrétien, au Caire sur la place Tahrir ou près de la gare centrale de Cologne, ne change rien à la nature du crime. Pourquoi cette dénonciation à géométrie variable ? En fait, derrière ces condamnations hypocrites se cachent des raisons et des mobiles détestables. Les agresseurs de Cologne, alors que les enquêtes ne sont pas encore terminées et les zones d'ombre nombreuses, sont présentés d'abord comme des arabes, des immigrés, des réfugiés, des musulmans voire des terroristes et non comme des violeurs qui doivent, si les faits sont avérés, être traduit devant la justice et condamnés pour leur crime. L'accent mis par les médias sur l'origine ethnique des agresseurs montre bien que ce n'est pas la dignité des femmes que l'on cherche à défendre mais plutôt à montrer du doigt le réfugié qui est en même temps immigré, musulman et pourquoi pas terroriste alimentant ainsi les préjugés les plus répugnants. Il est violeur parce qu'il est réfugié !

Le réfugié est un violeur congénital, un violeur-né. Le colonisateur français disait la même chose du Nord-Africain en général et de l'algérien en particulier : «le Nord-Africain est un violent, héréditairement violent. Oui, l'algérien est un impulsif congénital. Cette impulsivité est fortement agressive et généralement homicide» (4). Les médias bourgeois et certaines féministes convenaient de façon unanime que la violence sexuelle du réfugié pose un véritable problème à la société et à la civilisation européenne. Barbara Sichtermann, écrivaine et journaliste allemande considère les agressions sexuelles de Cologne comme «une déclaration de guerre contre notre civilisation» (5). D'autres se sentent même menacées par ces hordes de violeurs musulmans qui mettent en danger l'heureuse spécificité des femmes françaises : «Et bien entendu, quand cette culture religieuse/patriarcale/identitaire/anti-femmes prétend s’exercer chez nous, en France, nous devons être vent debout à défendre notre heureuse spécificité» (5). Les forces les plus rétrogrades et les plus obscures tiennent à peu près le même discours (6). L'hebdomadaire islamophobe et raciste Charlie Hebdo est tombé très bas avec sa caricature «Migrants» présentant le petit Aylan s'il n'était pas mort noyé sur une plage turque de violeur en devenir: «?Que serait devenu le petit Aylan s’il avait grandi?? Tripoteur de fesses en Allemagne».

Il faut inculquer à ces sauvages de violeurs la spécificité et la grandeur des valeurs occidentales c'est à dire bourgeoises. Cette « heureuse spécificité » n'inclut évidemment pas la violence des destructions militaires par ce même occident des sociétés afghane, irakienne, libyenne etc. dont les réfugiés et leur drame ne constituent qu'une infime conséquence (7).

En période de crise économique, la classe dominante cherche toujours des boucs émissaires. Hier c'était le juif, aujourd'hui c'est le réfugié, l'immigré, le musulman, le Rom etc. Le racisme, la xénophobie, l'islamophobie sontinstrumentalisés par la classe dominante pour maintenir, vaille que vaille, l'accumulation et la concentration des richesses entre les mêmes mains et pour mieux détourner les masses populaires des vrais combats et des vrais problèmes : chômage de masse, , suppression progressive des acquis sociaux, précarisation de l'emploi, criminalisation des luttes syndicales etc. etc.(8). La défense des droits des femmes et la lutte contre le terrorisme relèvent de la même démarche.

Le viol des femmes ici et ailleurs n'est pas la conséquence d'une impulsivité des réfugiés ou d'une quelconque originalité caractérielle, mais le produit direct des rapports sociaux marqués profondément par la domination économique, politique et idéologique masculine. L'émancipation des femmes passe nécessairement par la remise en cause de l'ensemble des rapports sociaux.

https://blogs.mediapart.fr/mohamed-belaali/blog/240116/cologne-viols-racisme-xenophobie-et-islamophobie

> Le voile médiatique : La parole confisquée

Il est fréquent, dans les médias, de « débattre » du chômage sans les chômeurs, de la précarité sans les précaires ou de « l’immigration » sans les immigrés [1]. Le débat sur « le voile à l’école » n’a pas échappé à cette règle...

Dans les pages « Débats » du Monde et de Libération

Les élèves « voilées », qui étaient pourtant les premières cibles de la loi, n’ont jamais eu la parole, mis à part quelques articles dans le quotidien Le Monde et quelques « micro-trottoirs » de dix secondes à la sortie des lycées dans les journaux télévisés. Il y a bien eu quelques femmes « voilées » invitées à prendre part aux débats, mais elles furent assez rares, et il s’agissait presque toujours de femmes trentenaires (comme Saïda Kada ou Siham Andalouci), n’ayant pas vécu d’exclusion à l’école - ou en tout cas n’en parlant pas, car elles étaient trop occupées à se défendre des accusations d’intégrisme qu’on leur adressait. Leurs condisciples, leurs professeurs, leurs surveillants, qui les côtoyaient au quotidien, n’ont pas eu davantage voix au chapitre.

Cette remarque vaut aussi bien pour les plateaux télévisés et les émissions de radio [2] que pour les grands quotidiens : si la différence est notable entre le parti-pris nettement prohibitionniste de Jean-Michel Helvig, responsable des pages « Idées-Rebonds » de Libération [3], et la gestion plus équilibrée de Michel Kajman, responsable des pages « Horizon-Débats » du Monde, il est en revanche des aspects essentiels sur lesquels les deux quotidiens ne diffèrent pas : la surreprésentation des universitaires, des écrivains et des journalistes, la très faible proportion d’enseignants, et l’absence totale des élèves en général et des élèves « voilées » en particulier […]

http://www.acrimed.org/Le-voile-mediatique-La-parole-confisquee

Y'en a qui aimeraient bien rabaisser Indymedia au rang de Libé ou du Monde…

> Agressions sexuelles à Cologne: les féministes dénoncent une récupération politique

Depuis la vague d’agressions sexuelles survenues dans la nuit du 31 décembre 2015 dans plusieurs villes d’Europe, des voix s’élèvent pour dénoncer la politique d’accueil des migrants. Plusieurs collectifs féministes s’inquiètent, eux, de l’instrumentalisation de crimes sexuels à des fins xénophobes.

En Allemagne, un collectif féministe a lancé le hashtag “aufschrei”, un “cri” d’appel pour dénoncer le racisme de certains discours: “On ne peut pas parler de la violence sexuelle uniquement quand les auteurs sont prétendument “les autres” : les hommes musulmans, les Arabes, les Noirs ou les Nord-Africains.” expliquent-elles dans un communiqué partiellement traduit par Le Monde.

Les mêmes questions agitent certaines féministes françaises. Comme la blogueuse Crêpe Georgette qui estime, dans un billet publié le 12 janvier, que l’écho médiatique et politique que rencontrent ces agressions sexuelles s’explique en majeure partie par l’identité des agresseurs : “La vérité est que les femmes ne sont pas en sécurité où que ce soit dans le monde et l’on n’a pas attendu l’arrivée de demandeurs d’asile pour que cela soit le cas. Le fait est que les foules masculines matinales des transports en commun français sont déjà un danger pour les femmes donc les foules avinées en sont également un. (…)”

De son côté, Osez le féminisme dénonce dans un communiqué mis en ligne le 11 janvier “une indignation à géométrie variable” :

“Selon l’origine des agresseurs, y aurait-il des victimes de viol qui mériteraient d’être soutenues plus que d’autres? Tous les jours, de Cologne à Paris, de Pékin à New York, du Caire jusqu’à Rio de Janeiro, dans l’hémisphère nord et dans l’hémisphère sud, des hommes, de tailles et de corpulences variées, de métiers variés, de confessions religieuses différentes, et de toutes origines sociales, agressent et violent des femmes.”

Et d’ajouter : “Instrumentaliser ces crimes, laisser à penser que la violence machiste est un fait étranger à nos sociétés, qu’il suffirait de fermer nos frontières pour nous en prémunir, c’est occulter la réalité du quotidien des femmes.” […]

http://www.lesinrocks.com/2016/01/14/actualite/agressions-sexuelles-a-cologne-feministes-denoncent-recuperation-politique-11797412/

> Big up

"Le viol des femmes ici et ailleurs n'est pas la conséquence d'une impulsivité des réfugiés ou d'une quelconque originalité caractérielle, mais le produit direct des rapports sociaux marqués profondément par la domination économique, politique et idéologique masculine. L'émancipation des femmes passe nécessairement par la remise en cause de l'ensemble des rapports sociaux."

Big up ! Mais parmi ceux là, spécifique et planétaire, le rapport social de sexe. Parce que, le féminisme en parent pauvre ou paillasson des "libérations" masculines, on en a soupé.

> L’islamophobie à la française – Entretien avec Christine Delphy

[…] Je ne puis que redire ce que j’ai dit déjà à ce sujet, par exemple dans « La fabrication de l’ ’Autre’ par le pouvoir »5 : tous les vêtements sont signifiants, tous les vêtements sont des signes, tous les vêtements sont genrés. Ils expriment les rapports sociaux de sexe, la hiérarchie entre les hommes et les femmes, et ils y participent. Les vêtements dits « féminins », les vêtements ajustés qui entravent les mouvements, les talons hauts, qui ralentissent la marche, tout comme le voile intégral (niqab), qui limite aussi la mobilité et le confort, donnent à vivre et à voir que pour convenir aux hommes, il faut que les femmes contraignent “volontairement” leur corps, qu’elles se privent de la possibilité de courir, qu’elles autolimitent leur liberté de mouvement.

L’attribution aux femmes de vêtements dans lesquels elles ne sont pas à leur aise résulte de leur infériorité statutaire, et en même temps qu’elle la signifie, elle y concourt6. Mais en France c’est seulement le voile intégral que l’on veut remiser au placard. Même s’il est vrai qu’il relève d’une exigence de pudeur ne s’adressant qu’aux femmes, comment se fait-il qu’il soit constitué en signe par excellence de leur soumission à la domination patriarcale ?

Élisabeth Badinter, Cynthia Fleury et beaucoup de féministes françaises semblent, curieusement, ne pas s’offusquer de la disponibilité sexuelle requise des femmes et signifiée notamment par les vêtements « sexy ». Au lieu de cela, elles répètent à l’envi que le foulard ou le voile sont avant tout et à jamais des emblèmes de l’assujettissement à une religion et à une culture qu’elles estiment être particulièrement sexistes.

Ce disant, elles cautionnent des hommes politiques qui tentent de légitimer des positions postcoloniales et islamophobes en les enduisant d’un pseudo-féminisme.

En passant, je rappellerais qu’Élisabeth Badinter n’a pas hésité à partir en guerre dans Fausse route (2003) contre les féministes dénonçant les violences envers les femmes, et qu’en 2011, elle a aussi fait partie de celles qui ont pris la défense de DSK contre les féministes7. Dans Classer, dominer, j’ai montré comment l’attribution du sexisme aux musulmans allait de pair chez elle avec le déni de l’oppression des occidentales. […]"

> Une affirmation mensongère.

« Ils expriment les rapports sociaux de sexe ».

Cette affirmation de Mme Delphy qu’il existerait des « rapports sociaux de sexe » n’a jamais été argumentée de façon convaincante, elle est même totalement démentie là : http://revuesocialisme.pagesperso-orange.fr/s8patriarcat.html ; que les vêtements soient signifiants du « genre », à la rigueur, mais qu’ils expriment une « hiérarchie entre les hommes et les femmes » signifie qu’il y en aurait une qui serait universelle et basée sur les rapports sociaux dominants, ce qui est totalement faux.

Le Capital exploite indifféremment la force de travail, qu’elle soit féminine ou masculine. Il peut se servir pour cela de l’idéologie religieuse, une forme d’idéologie dominante particulièrement archaïque ; mais sur le fond, pour Mme Delphy, il y a une hiérarchie : l’exploitation des femmes par les hommes - qui n’existe pas ! - est bien plus dangereuse et forte que l’exploitation par le Capital - qui est elle bien réelle - justifiée par la religion. N'importe qui sait ce que sont les rapport sociaux de production et la lutte de classe comprendra aussitôt qu'il y a un problème dans cette façon de poser les choses.

Le Capital a historiquement créé la femme au foyer quand il s’est aperçu que l’exploitation, au tout début du capitalisme, menait à une stérilisation de la main-d’œuvre ouvrière ; il s’est donc concentré sur les hommes et a relégué les femmes à une place particulière dont il avait besoin : assurer la reproduction de la force de travail par la maternité autant que par l’entretien du foyer. Puis longtemps après il s’est aperçu qu’il avait sous la main une main-d’œuvre qualifiée mais moins expérimentée que la classe ouvrière masculine : les femmes au foyer ont obtenu la contraception et l’avortement, ce qui a permis leur mise au travail dans la production de façon plus efficace, et en même temps l'inexpérience de cette main-d'œuvre a permis au Capital de moins la payer que les hommes - mais ça a été la même chose avec les immigrés ! Les rapports sociaux capitalistes ont permis en tout cas de développer une certaine égalité entre hommes et femmes : tous et toutes exploités !

Cette « démonstration » de Mme Delphy aboutit uniquement à diviser la classe ouvrière entre hommes et femmes, qui n’auraient selon elle pas les mêmes intérêts ; il est bien évident que la classe ouvrière combat cette division autant qu’elle combat le Capital, les prolétaires en lutte abolissant en général toute division de ce genre dans le cadre de leur combat. Le prolétariat se bat avant tout pour son unité ; tous ceux qui divisent les prolétaires sont les ennemis de la lutte !

> T'as tout compris

Quand le CCI nous parle de LA femme, c’est pas triste, un moment inoubliable ! Mais il ne faut pas s’étonner, ayant l’habitude de parler du prolétariat à la place des prolétaires, de la révolution à la place des révolutionnaires, de l’islamophobie à la place des racialisé-e-s, et même de l’anarchisme à la place des anarchistes, il serait étonnant que les CCIstes ne parlent pas de la femme à la place des femmes. Avec les affirmations péremptoires qui ont fait leur réputation :

« l’exploitation des femmes par les hommes n’existe pas ! »

L’hétérosexisme du CCI nous étonnera toujours, surtout multirécidiviste :

La condition de la femme au XXIe siècle
https://nantes.indymedia.org/articles/25961

> pas le temps

les commentaires sont passés en mode "modération a postériori" le temps qu'on lise et modère déjà tous ceux qui sont là.

> Islamophobie : de la violence symbolique à la violence sociale

Voilà à quoi mène le fanatisme anti-musulman :

Islamophobie : Des paroles et des actes, par Julien Salingue

Il n’aura fallu attendre que quelques heures le soir des attentats du 13 novembre pour que la haine islamophobe se déchaîne, non seulement du côté de l’extrême droite et de la droite extrême, mais aussi dans les plus hautes sphères de l’État?: déclarations outrancières, amalgames douteux, stigmatisation collective…

Des paroles, tout d’abord, puis des actes?: agressions contre des personnes, dégradations de mosquées, le tout dans un contexte d’opérations policières dirigées prioritairement contre des individus et des lieux de culte musulmans.
Impossible de recenser ici l’ensemble des déclarations ouvertement islamophobes qui ont été proférées par des personnalités publiques dans la foulée des attentats. Une mention particulière toutefois à Philippe de Villiers qui, le soir du 13 novembre, dénonce la «?mosquéisation?» de la France, faisant malheureusement écho à bien d’autres de ses collègues de la droite de la droite.

Puis, dans les jours qui ont suivi, c’est la rhétorique de la «?désolidarisation?» qui s’est développée, comme dans la foulée des tueries de janvier?: moins haineuse en apparence que l’islamophobie ouverte de certains, l’injonction faite aux musulmans à se «?désolidariser?» des terroristes et de Daesh n’en est pas moins insupportable. Ainsi, Alain Juppé lorsqu’il déclare le 17 novembre que «?les Français musulmans doivent dire clairement qu’ils n’ont rien à voir avec ces barbares de l’État islamique?», mais aussi Manuel Valls lorsqu’il affirme sur le plateau du Petit Journal le 24 novembre que «?l’islam [doit] couper toute complaisance vis-à-vis de ces terroristes?».

Par de telles déclarations, Juppé, Valls et consorts sous-entendent en effet que les musulmans de France (et d’ailleurs) seraient a priori suspects de «?complaisance?», ou qu’ils auraient quelque chose «?à voir?» avec les terroristes. Répétons-le?: l’injonction à la «?désolidarisation?» a ceci de pervers qu’elle laisse supposer que les musulmans seraient par nature solidaires du terrorisme tant qu’ils n’ont pas déclaré le contraire. Ou comment jeter la suspicion sur l’ensemble des musulmans de France…

Agressions, dégradations, perquisitions

Ces déclarations s’accompagnent d’une multiplication dans le cadre de l’état d’urgence d’opérations policières dirigées contre des individus et des lieux de culte musulmans. Perquisitions de domiciles, contrôles au faciès, «?visites?» de mosquées… Là encore la liste est trop longue pour recenser l’ensemble de ces opérations arbitraires qui n’ont débouché sur rien (aucune interpellation, aucune preuve matérielle de lien avec le terrorisme), mais ont contribué, par leur médiatisation, à entretenir et renforcer un climat de défiance, voire de haine à l’égard des musulmans.

Dès lors, nulle surprise à ce que de nombreux individus passent à l’acte en agressant physiquement des personnes «?musulmanes d’apparence?» ou en s’en prenant à des lieux de culte?: insultes, menaces, coups de poing ou de cutter, tags racistes ou inscriptions néonazies sur des mosquées… Le pire a même été évité à Avranches, où deux individus ont tiré au fusil de chasse sur la devanture d’un kebab, expliquant lors de leur procès qu’ils voulaient «?faire quelque chose contre l’islamisme?»...

Un climat délétère donc, largement entretenu par des responsables politiques irresponsables qui, à défaut d’assumer leur propre bilan, préfèrent désigner un bouc-émissaire, légitimant les discours les plus racistes et réactionnaires et encourageant les passages à l’acte. La riposte s’organise, notamment au sein des réseaux de lutte contre l’islamophobie, mais le mouvement ouvrier est pour l’instant timide, pour ne pas dire absent. L’islamophobie d’État et la répression de la contestation sociale sont pourtant les deux faces complémentaires de l’état d’urgence, celles de la fabrication d’«?ennemis de l’intérieur?» qui auraient tout intérêt à s’élever ensemble contre les dangereuses dérives en cours.

https://www.npa2009.org/actualite/antiracisme/islamophobie-des-paroles-et-des-actes