Des cyclistes gazé-e-s dans la capitale du vélo

Mis a jour : le dimanche 2 août 2015 à 12:49

Mot-clefs: Répression aéroport notre-dame-des-landes
Lieux: Nantes

Des cyclistes gazé-e-s dans la capitale du vélo

Du 25 juillet au 2 août 2015, le 5e Cyclocamp européen a été accueilli par la ZAD de Notre Dame des Landes, le rendez-vous de mécanos et voyageur-se-s vélos venu-e-s de toute l’Europe pour échanger sur des pratiques cyclistes, inventer, créer, bricoler des machines plus incroyables les unes que les autres.

Dans l’idée de défiler, de parader fièrement avec les constructions de la semaine, une masse critique, mouvement spontané de cyclistes qui s’immiscent dans le trafic urbain, a été organisée le samedi 1er août pour se rendre au centre de Nantes.

En soutien à la lutte contre l’aéroport, les personnes présentes au Cyclocamp ont décidé de rendre visite à M. Mustière, président des Ailes pour l’Ouest. Cette association pro-aéroport et son cher président avait lâché 3000 ballons au-dessus de l’ex-futur site de l’aéroport censés symboliser 3000 emplois futurs. Ne croyant pas à cet énième mensonge, une initiative collective a été prise de leur ramener leurs ballons qu’ils avaient égaré (voir tract ci-dessous). Vers 17h, c’est ainsi que les portes de la concession Ford Mustière ont vu passé des dizaines d’étranges bicyclettes, distribuant ballons et quelques feuilles mortes en guise de confettis. La cérémonie n’a duré pas plus de 5 minutes dans une ambiance bonne enfant et sans aucune dégradation.

Reprenant ensuite la route vers Nantes, Route de Vannes, les cyclistes ont été soudainement encerclé-e-s par six camions, 4 voitures de police et d’autres voitures banalisées surgissant de toute part. A peine sorti-e-s de leur véhicule, sans essayer d’instaurer le dialogue, et n’hésitant pas à dégainer matraques et bombes lacrymogènes, les policier-e-s se sont rué-e-s sur les cyclistes. Certain-e-s ont été mis-es à terre, insulté-e-s, mis-e-s en danger, menacé-e-s de tir de flashball, gazé-e-s à bout portant, par des agent-e-s. Aucun-e blessé-e n’a été à déplorer, à part des dizaines d’yeux brûlés par les gaz et une policière qui a trébuché sur un vélo.

Dans la confusion, les policier-e-s ont tenté d’identifier une personne à qui faire porter le blame de la chute de la policière. Après plusieurs tentatives d’interpellation, la police a arrêté un camarade sans raison apparente.

Un mois après le célèbre congrès international Vélocity, faisant de Nantes la capitale mondiale du vélo, il est impératif de s’interroger sur l’accueil réservé aux cyclistes venu-e-s pédaler dans les avenues nantaises qui se retrouvent confronté-e-s à une violence policière aussi inadmissible qu’injuste.

Cyclistement vôtre.

Les Cyclocampeur-euses

Tract de la visite chez Ford, dont le PDG est Alain Mustière, président de l’association des ailes pour l’ouest

"Bonjour Messieurs les aérosupporters et leur grand chef M. Mustier, Nous tenions à vous remercier pour votre attention de nous avoir offert 3000 ballons, mais finalement nous préférons vous les rendre. On est déjà bien occupé-e-s sur la Zad, on n’a pas une minute à nous. Du coup pour 3000 emplois on va pas avoir le temps, on s’excuse. En plus, vraiment un aéroport on ne saurait pas quoi en faire, nous on a déjà des vélos pour se déplacer : c’est bien plus efficace et puis on peut les réparer nous-mêmes. Les avions c’est un peu trop encombrant à côté, on ne verrait pas où les mettre. Merci quand même pour votre dévouement, et si vous aimez jouer au ballon, nous aussi on est joueurs on n’hésitera pas à vous renvoyer la balle."

https://zad.nadir.org/spip.php?article3114

Commentaire(s)

> Parce qu'il y aurait une violence policière juste ?

"Violence policière aussi inadmissible qu'injuste...."
WWWWWWhaou !!!
Parce qu'il existe des violences policières juste donc admissibles ???
Merci aux bizounours qui ont fait ce communiqué.
Question:
A quoi ça rime d'être "gentil" si c'est pour se prendre systématiquement la violence d 'Etat dans la gueule?

Merci de nous interroger sur nos modes d'action

> pinaillage

je crois que vous pinaillez là, je doute que les auteur-e-s de ce texte trouvent la moindre violence policière juste, c'est vraiment leur prêter des intensions en leur faisaont dire ce qu'il-le-s ne disent absolument pas !