Mexique: du mouvement pour les 43 d’Ayotzinapa au sabotage des élections

Mis a jour : le vendredi 17 juillet 2015 à 22:55

Mot-clefs: Elections
Lieux: mexique

Les élections ont évidemment eu lieu au Mexique, malgré une extrême tension. Difficile de savoir jusqu’à quand remonter pour comprendre comment se sont construits et se positionnent les différents acteurs politiques qui ont appelé au « boycott » de ces élections fédérales de ce 7 juin 2015[1]. Nous pourrions remonter des siècles en arrière, depuis les résistances indigènes à la colonisation espagnole pour comprendre certains désirs d’autonomie ; à la remise en cause par la récente réforme énergétique  de la reconnaissance des terres comme propriété sociale (tierras ejidales), mince victoire héritée de la révolution mexicaine; à la guerre frontale lancée en 2006 par le Parti d’Action Nationale (PAN, parti conservateur) contre les cartels de narcotrafiquants, permettant ainsi la militarisation du pays et la répression brutale de mouvements populaires contre l’aéroport d’Atenco et de l’APPO dans la ville d’Oaxaca ; ou encore au retour du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI, fondé à la révolution), qui après 70 ans de domination et 12 ans d’éclipse est revenu au pouvoir en 2012, ce qui avait suscité une grande mobilisation étudiante et citoyenne[2] et des affrontements impressionnants le 1er décembre 2012.

[1] C’est un bordel monstre pour comprendre ces élections, mais elles avaient pour objectifs d’élire 500 députés et 1400 autres postes (maires, gouverneurs) selon les Etats.

[2] Le mouvement #Yosoy132, de type indignés, était ultra-citoyen et fortement axé sur un travail de mobilisation via les « réseaux sociaux » sur internet. Ce mouvement s’est lancé contre le retour du PRI au pouvoir. Au passage, profitons-en pour qualifier ce mouvement de complétement postmoderne. Ce modèle de « lutte » qui met en avant le citoyen face aux partis politiques corrompus est importé d’occident, sans adaptation, comme si cette solution technique serait universelle et apporterait un renouveau politique. En réalité ils n’apportent rien. Ces mouvements d’indignés confondent rejet des partis politiques et rejet de la politique, et du coup concentraient leurs débats et leurs propositions sur la gestion citoyenne et technocratique de l’appareil politique. Comme si la science, les experts et les technologies étaient neutre…

 

Plus récemment, et tout autant tragique que l’histoire des luttes sociales mexicaines, le terrorisme d’État qui s’est abattu sur les étudiants de la Normal Rural Raúl Isidro Burgos de Ayotzinapa[1] le 26 septembre 2014 a donné lieu à de fortes mobilisations, dont la demande principale était la réapparition des 43 étudiants normalistes disparus[2]. Ces mobilisations avaient peu à peu réussi à établir des revendications chaque fois plus radicales et d’une plus grande portée politique. Rapidement la contestation avait arrêté de se centrer uniquement sur la critique du débordement des institutions étatiques par le crime organisé, sur la corruption des fonctionnaires et sur la supposée inaction du gouvernement fédéral face à ces faits. En effet, dans quelques secteurs, des collectifs et individus participant à cette mobilisation savent pertinemment que l’attaque contre les normalistes ne représente pas un cas spécifique de corruption, et encore moins un cas isolé, mais fait partie de l’exercice d’une répression d’État systématisée. Celle-ci inclue le harcèlement policier, la diffamation, l’emprisonnement, l’enlèvement et l’assassinat. Ces méthodes sont appliquées depuis tout temps par tous les niveaux de gouvernement (municipal, étatique, fédéral) contre les luttes s’opposant au système État-Capital.

C’est pour cela qu’un secteur plus ample du « mouvement social » a développé des pratiques autonomes anticapitalistes et a réalisé des actions en accord avec ces objectifs (sabotages, occupations, manifs sauvages, etc.). En réponse, et afin de montrer sa « bonne foi », l’État a reconnu des disfonctionnements internes et des policiers, des politiciens et des mafieux supposément impliqués dans le cas d’Ayotzinapa furent arrêtés. L’État laissa faire les manifestants pendant un temps, comme pour laisser passer l’orage, puis petit à petit, la répression a repris son cours via une stratégie bien classique, celle qui consiste à opposer les gentils citoyens pacifistes aux méchants casseurs… De nombreuses actions répressives (arrestations, tabassages, perquisitions, enlèvements, menaces) se sont abattues principalement sur le milieu anarchiste, mais aussi sur les étudiants et sur d’autres secteurs radicaux comme la section 22 (Oaxaca) de la Coordination Nationale des Travailleur de l’Éducation (CNTE). Le « mouvement » est rapidement retombé avec l’arrivé des vacances de noël.

En 2015, plus discrètement, une multitude de groupes politiques et collectifs ont ruminé l’envie de continuer cette lutte en boycottant les élections de juin. Apparemment, il n’y avait enfin plus de doute sur la corruption systémique des politiciens et des fonctionnaires. Progressivement le mot d’ordre s’est diffusé, et deux secteurs semblaient l’assumer de plus en plus publiquement : la CNTE, et plus particulièrement dans l’État d’Oaxaca, et les assemblées populaires des municipalités de l’est montagneux de l’État du Guerrero, d’où venaient la plupart des étudiants disparus et où se situe Ayotzinapa. Dans la plupart des cas, celles-ci étaient soutenues par la Coordination Régionale des Autorités Communautaires - Police Communautaires (CRAC-PC).

Une semaine avant les élections, les actions de sabotage ont commencé, la CNTE occupait différents bureaux de vote et a saccagé du matériel électoral. Dans les villes de Xalapa, Puebla et Oaxaca, des attaques avec engins incendiaires ont été menées contre des bureaux de l’Institut National Electoral (INE), parfois revendiqué par des anarchistes dans le cadre du « Juin noir ». La réponse ne s’est pas fait attendre. À Puebla la police a arrêté un groupe d’étudiants « au hasard », tandis qu’à Xalapa, des hommes cagoulés ont débarqué une nuit dans une maison où vivent des militants libertaires et les ont sauvagement passés à tabac et torturés, les laissant pour mort… Ils ont été sauvés de justesse grâce au courage d’une compañera qui après avoir trouvé les trois « corps », et face aux refus de toutes les instances possibles pour la prise en charge des blessés, a dû les emmener elle-même en taxi à l’hôpital.

En parallèle de ces événements, divers appels et tracts circulaient, ainsi que des communiqués qui invitaient à envoyer des observateurs dans le Guerrero pour les élections. La tension montait… Quelles mobilisations allaient être possibles et sur qui l’État allait-il frapper ? Détermination et peur s’installaient dans la moitié sud du pays.

Tour d’horizon des conflits autour du sabotage des élections :

La version officielle parle de 98% de bureaux de vote ouvert le dimanche des élections. Vrai ou faux, cela signifie qu’au moins 2% des bureaux de vote ont été bloqués, saccagés ou sabotés (destructions des urnes et bulletins de vote). Pour un pays de 110 millions d’habitants, cela représente quand même un bon nombre de circonscriptions. Selon le cumul des sources militantes, 592 bureaux de votes auraient été perturbés par le boycott. Quant au taux d’abstention il serait de seulement 53%, alors que d’habitude il avoisine les 60%. Pour certains journaux de droite, cette baisse de l’abstention serait la preuve d’une maturité politique, pour la presse de gauche, une preuve grossière de la fraude électorale. Chiffres que l’on a du mal à croire compte tenu du contexte social et de la diffusion, le jour même, du match de foot Mexique-Brésil… On se passera de commentaires sur le sérieux des politiciens pour organiser des élections dans de bonnes conditions.

Le solde général est quand même de 2 morts, de nombreux blessés et beaucoup d’arrestations (difficile de savoir, les journaux, comme d’habitude, annoncent des chiffres différents, mais probablement plus de 150), et un nombre incalculable de plaintes pour fraude électorale…

OAXACA : c’est à Oaxaca que le sabotage a été le plus efficace. Ont été confirmés 30 centres de vote saccagés et/ou bloqués et/ou matériel de vote détruit.

Il y a eu plusieurs manifestations dans la ville d’Oaxaca (capitale de l’État du même nom). Des affrontements ont éclaté quand certains manifestants ont essayé de forcer un barrage policier et des coups de feu ont été tirés. Quelques manifestants ont été blessés par balles et il y a eu plus d’une centaine d’arrestations de personnes provenant principalement d’organisations paysannes et de la section 22 de la CNTE. Si la majorité a été libérée, 25 personnes ont été inculpées et gardés en détentions. Des appels à solidarité avec les « 25 d’Oaxaca » circulent toujours ce mois de juillet.

Sur la côte pacifique, dans la région de l’Isthme de Tehuantepec, lieu de lutte contre les éoliennes industrielles et pour l’autonomie, une dizaine de bureaux de vote étaient menacés de sabotage, tant par des assemblées populaires locales que de par la section 22 de la CNTE. À Alvaro Obregón (municipio de Juchitan), l’assemblée municipale autonome occupant depuis plus d’un an les bureaux de la mairie, l’INE annonça deux jours avant que les élections n’auraient pas lieu. Cette annonce ne calma pas les pro-partis, puisque le dimanche même, des « pistoleros » ont attaqué ceux qui s’opposaient à la tenue des élections, ce qui a donné lieu à  un affrontement et des coups de feu ont été tirés. Il est clair que les cibles principales de cette attaque étaient principalement les militants libertaires qui soutiennent la communauté d’Alvaro Obregón. Il y eut 10 blessés par balles, 2 de la communauté et 8 libertaires, dont 2 graves. Même s’ils sont actuellement hors de dangers, ils auront des séquelles à vie.

GUERRERO : dans le municipio de Tixtla (qui inclue le village d’Ayotzinapa) les manifestants et l’assemblée populaire ont occupé la mairie et les centres de votes. Les anti-élections ont été attaqués par des groupes de chocs du PRI ainsi que par la police fédérale et il y eut beaucoup d’arrestations et de blessés. À Ayotzinapa, après avoir participé au boycott des élections, les étudiants de la Normal se sont repliés dans leur école et ont été assiégés par la police fédérale les deux jours suivants, tandis que les affrontements continuaient dans d’autres zones du municipio.

Dans des municipios des alentours comme Tlapa et Chilapa, des actions similaires ont eu lieu, et un étudiant a trouvé la mort. Le soir même des élections à Tlapa, la police Fédérale et l’armée sont entrées dans des maisons et ont procédé à des fouilles et arrestations. Certaines personnes sont encore portées disparues.

MICHOACAN : changement d’ambiance. À Cherán les élections se sont passées dans le calme. Cette communauté de 15 000 habitants située sur le plateau Purhepecha, qui a officiellement obtenu son autonomie politique en 2013, suite à un soulèvement populaire contre le crime organisé et les politiciens corrompus en 2011, a procédé à un tout autre type d’élections. Tout d’abord, elle n’a pas respecté le calendrier national. Ensuite, la communauté travaille au maintien et l’amélioration de son gouvernement d’Us et coutumes. Ainsi, début mai, chaque assemblée de quartier, à travers la démocratie directe, a élu trois K’eris (sages, anciens) pour composer le Concejo mayor (conseil des anciens). Quelques pro-partis politiques ont essayé d’empêcher les élections autonomes, mais sans succès, la majeure partie de la population a réagi immédiatement et a expulsé les trouble-fêtes. Ce 7 juin les assemblés de quartiers élisaient les conseillers techniques qui allaient composer les conseils opératoires[3]. Contrairement aux politiciens, la plupart des conseillers et conseillères sortant-e-s sont bien content-e-s de céder leurs places. Même si c’était un honneur de servir leur communauté, après quatre ans à temps plein au service de la communauté, ils et elles sont épuisé-e-s et comme le précise un conseiller du conseil des biens communaux : « certains comuneros nous parlait et nous exigeait des choses comme à des politiciens et ne se rendait pas compte du boulot, de l’investissement personnel… Donc c’est bien que ça tourne, que d’autres se rendent compte de l’ampleur de la tâche et qu’il est plus facile de critiquer que de mettre la main à la pâte ! ». A Cherán, l’autonomie est en perpétuelle construction et continue son chemin.

Dans le même État, toujours sur le territoire Purepecha,  des blocages ont eu lieu dans plusieurs municipios comme à Nahuatzen. Non loin, à Pichataro, la communauté a empêché les élections d’avoir lieu et s’est prononcée pour se constituer comme municipio autonome, affaire à suivre !

CHIAPAS : cela fait bien longtemps qu’en territoire zapatistes il n’y a plus d’élections. Les zapatistes ont leur propre organisation territoriale, avec les caracoles, groupement d’assemblée communautaire et assemblée de bon gouvernement (junta de buen gobierno), etc.

La CNTE a organisé le sabotage des élections dans plusieurs municipios et avec succès dans certains cas.

UN PEU PARTOUT : il y a eu des déçus des élections. Dans quelques municipios de l’État de Leon, des émeutes ont éclatés suite à l’annonce de résultats électoraux qui ne plaisaient pas à la population. A Ecatepec, dans la banlieue de Mexico, des gens ont bloqué des avenues pour réclamer au PRI les écrans plats promis en échange de leur vote… Les exemples de populations déçues, d’une manière comme d’une autre, sont nombreux et attestent de l’ampleur de la mascarade.

Conclusion : les élections comme opération conservatrice face au retour de l’autonomie

L’action menée par l’État mexicain pour maintenir l’image et la tenue des élections semble avoir fonctionné, puisque la paix sociale semble être revenue. La sévère répression a encore donné un coup aux diverses mobilisations antagoniques, puisque à l’heure actuelle, les efforts se tournent vers l’aide aux assassiné-e-s, blessé-e-s, disparu-e-s et arrêté-e-s ainsi qu’à leurs familles. La forte mobilisation qui avait commencé avec la disparition des 43 étudiants semble s’éteindre alors que le blason de l’État se redore avec la « réussite » des élections officielles… Une opération conservatrice de l’État dans toute sa splendeur, brutal mélange de domination violente et d’hégémonie culturelle, la répression, la dépolitisation ambiante et les manipulations politiques ont encore une fois surpassé la capacité des soulèvements populaires.

Même si cela paraît répétitif, il est aussi important de rappeler que l’État réprime systématiquement. L’exemple mexicain l’illustre parfaitement, puisqu’il se  fout des droits de l’homme, sauf quand ça l’arrange. L’État n’a pas hésité à faire disparaître 43 étudiants, puis calmer le jeu, puis remettre cela en mars 2015 en assassinant 42 travailleurs d’un ranch dans le Jalisco, car supposés narcotrafiquants, ce que démentent les familles. Cette tuerie a fait bien moins de bruit, alors on continue et on rentre dans le tas de ceux qui s’opposent aux élections. La répression de masse et sa répétition est bien la preuve d’une impunité, d’une revendication de monopole de la violence, d’une stratégie de classe. Et quand l’État réprime celles et ceux qui s’opposent aux élections, les citoyens qui s’offusquaient des disparitions d’étudiants, cette fois-ci, trouvent cela normal.

En revanche, on remarquera l’insistance et la pertinence de plusieurs secteurs politiques à relier des faits apparemment isolés comme liés à la structure étatique. Suite au cas d’Ayotzinapa s’est formé un imaginaire anti-électoral, peut-être symboliquement moins important qu’en 2012 lors des élections présidentielles, mais par contre avec des perspectives concrètes. S’opposer aux élections locales s’est accompagné d’un désir d’autonomie dans le sud du pays. Même si l’on peut (et doit) critiquer la réduction de l’Autonomie à l’autonomie politique, pour des communautés indigènes, essayer d’obtenir une indépendance politique est souvent une réponse au démantèlement de la vie qu’opère la modernité en séparant les communautés de leurs traditions communautaires et les peuples de leurs espaces de vie. Lutter pour une autonomie territoriale et exiger en même temps un gouvernement d’Us et coutume s’inscrit comme une nécessité pour reprendre le contrôle de sa vie –communautaire.

Ainsi, si au niveau national la lutte pour la réapparition de 43 disparus s’est fait engloutir par « l’échec » du boycott électoral, au niveau local l’analyse est autre. Les zapatistes se maintiennent, Cherán se renforce et inspire ses voisins, dans le Guerrero et Oaxaca l’autonomie n’est plus un fantasme mais une lutte en cours, et des groupes de soutien et autres collectifs politiques y travaillent partout dans le pays. Comme le montre l’expérience zapatiste, plus le territoire reconquis est vaste et peuplé, plus les possibles s’offrent en matière d’autonomie de l’éducation, de la santé, de l’autosuffisance alimentaire et aussi d’organisation du rapport de force contre l’État et le capitalisme. La multiplication d’initiatives et de luttes autonomes conjuguées à la production d’espaces dissidents et à la reconquête de territoires est peut-être un pari sur lequel, partout dans le monde, nous devrions miser.

Pour plus d’informations (liens en castillan) :

- Plusieurs articles et note de presses sur les sites Desinformemonos et Subversiones:

http://desinformemonos.org/

http://Subversiones.org/

- Communiqué de l’assemblé populaire d’Alvaro Obregón, Oaxaca

http://kaosenlared.net/mexico-atacan-a-balazos-a-la-comunidad-guixhiro-alvaro-obregon-juchitan-oaxaca/

- Dossier critique réalisé par le groupe Proyecto-Ferrer de Mexico :

http://antagonismo.net/index.php/contenido/publicaciones/2933-dossier-guerra-de-clases-en-mexico-polvorin-social-y-terror-democratico

[1] Cette école d’Ayotzinapa est une Normal Rural. Au Mexique, ces écoles apparaissent après la révolution et avaient pour but de former des professeurs qui iraient enseigner dans les communautés paysannes et indigènes afin de devenir leurs leaders et d’insuffler une dynamique de développement. Après le mandat du président Lazaro Cardenas (1934-1940), qui avait renforcé le rôle social et politique de ces écoles, ces dernières ont sans cesse été la cible de réformes visant à les faire fermer (réduction de budget, changement des axes éducatifs nationaux, etc.), car considérées comme des “nids à communistes”. Ces écoles qui étaient aux nombres de 72 dans les années 40, ne sont plus que 16 actuellement. Elles forment la FECSM (Fédération d’étudiants paysans socialistes du Mexique) et dispensent des cours de formation politique de tendance marxiste-léniniste en plus de former les étudiants au métier de maître d’école. Les étudiants de ces écoles ont donc toujours eu une activité politique radicale importante et ont souvent été des cibles de la répression.

[2] Alors que depuis une semaine les étudiants de la Normal d’Ayotzinapa réalisaient des blocages d’autoroutes pour collecter de l’argent et réquisitionnaient des autobus pour pouvoir participer à la manifestation de commémoration du 2 octobre à Mexico, le 26 septembre en début de soirée, la police est intervenue avec l’aide de « pistoleros » appartenant au crime organisé et une fusillade éclata. Elle fit 6 morts (3 étudiants et 3 civils) et 43 étudiants furent emmenés par la police. On ne les retrouva jamais. Il est plus que probable que les 43 étudiants aient été remis au crime organisé, qui les a tués avant de faire disparaître les corps.

[3] Voir article « Soutenir la communauté de Cherán », n°243 de Courant Alternatif, octobre 2014.