Grèce: «Non» au terrorisme psychologique de la finance dominante

Mis a jour : le samedi 4 juillet 2015 à 14:22

Mot-clefs: Elections Economie Resistances
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Il est maintenant clair pour tous quelle est la portée et la nature politique de la contestation en cours entre la Grèce et les organismes adémocratiques (sinon anti-démocratiques) qui ont été placés pour diriger le monde par la caste des financiers internationaux. Le véritable enjeu est l’indispensable punition que l on veut infliger à un peuple «coupable» de se rebeller contre les préceptes de ceux qui voient dans la maximisation des revenus financiers, le seul impératif catégorique auquel doivent être subordonnés droits de l’homme, l’environnement, la justice, la souveraineté , la démocratie et la dignité.

De celà decoule l intention de prevarication de Merkel, deriere laquelle sont en file d’attente(alignés ?) comme des chiens obéissants Hollande, Renzi, Rajoy et autres. Le refus de négocier avec le gouvernement grec et la volonté arrogante de briser la table de négociations sont mues par la claire intention d’humilier le gouvernement et le peuple grec. Oui ce dernier avait à souffrir au cours des dernières années, les conséquences des politiques néolibérales qui ont entraîné le taux de chômage du pays, la pauvreté, et la confiscation des services publics essentiels, la vente des biens communs. Depuis longtemps , le capital financier international a choisi la Grèce comme lieu de leurs propres expériences anti-humaines. Choix,qui prend une valeur symbolique précise, étant donné que la Grèce est largement considérée comme le berceau de la démocratie.

C est avec la démocratie que veulent en finir Merkel & C. Par conséquent,bloquant toutes les négociations possibles et en renvoyant les demandes aux expéditeurs les demandes plus que raisonnables du gouvernement Tsipras, s appuyent sur le terrorisme psychologique des médias, toujours détenu, même en Grèce, par le grand capital, pour effrayer les gens, ce qui pousse, avec le chantage éhonté et la menace d’un avenir encore pire que le mal présent, de voter oui aux propositions inacceptables de la Trojka.

Faussant le niveau du débat ceux-ci voudraient faire croire aux Grecs que le referendum porte sur l’adhésion du pays à l’Union européenne. Pas du tout. Le gouvernement Tsipras est en fait désormais le seul gouvernement européen à être clair sur ce que devrait être le sens de l’Union, qui pour etre récupére doit bien sûr remplacer ses dirigeants actuels.A bien regarder c est ce que craignent ces derniers . Ils sont parfaitement conscients que la victoire de Syriza aux élections générales grecques est juste la première étape vers un reveil de tous les peuples d Europe, dans chaque partie de l’Europe, vers l’expulsion des marionnettes irresponsables actuelles de la finance internationale et leur remplacement avec une nouvelle classe dirigeante qui est l’expression effective des populations européennes.

Pour celà ils faussent le plan du débat . Pour celà Renzi, s acharne à crier que les enjeux du référendum en Grèce sont l’euro ou la drachme. Pas du tout. Il est vrai qu’il faut des corrections substantielles dans les politiques économiques et monétaires de l’Union pour permettre la survie même de l’euro, dont la Grexit constituerait ne sans aucun doute que la première étape.Il est question en realité des politiques à suivre.

Voilà pourquoi le Fonds monétaire international de la bureaucrate d’orLagarde s est dechainee , qualifiant de «irréaliste», les propositions du gouvernement grec à durcir le traitement fiscal des riches et de frapper les évades fiscaux. Pourtant, le problème de l’évasion fiscale est mondial, comme l’a démontré par l’article éclairé de Nicholas Shaxson dans le dernier numéro de “l’Internationale” relatif aux paradis fiscaux, ce qui montre entre autres que la richesse conservée dans de tels endroits et donc soustraite à une éventuelle taxe s’élève actuellement à 7,6 milliards de dollars . Assez d’argent pour sauver la planète de la dégradation écologique et permettre une vie décente à tous ses habitants, sans exception.

Ils détestent les gens, détestent le peuple, haïssent la démocratie. C est pour celà qu ils répandent de fausses enquêtes(sondages) en profitant de leur position dominante au sein de l’information. Il est donc primordial d’être conscient de la façon dont il est important de vaincre, d’éliminer leur pouvoir pour récupérer les ressources de toutes sortes qu ils soustraient au bien commun et pour finalement les mettre dans une position de ne pas nuire. Le référendum de dimanche en Grèce est une première étape dans cette direction. D’autres référendums similaires seront organisés en Italie et dans tous les pays européens à redonner un sens aux mots de la fondateurs de notre civilisation ,aujourd’hui à risque.

Fabio Marcelli | 3 Juillet, 2015

traduction : RZ

http://la-feuille-de-chou.fr/archives/82907

Commentaire(s)

> Grèce : quand les médias privés font la propagande du oui au référendum

Des images bidonnées, des spots terrorisants, une répartition des temps de parole ubuesque... les télés privées plaident lourdement pour l'approbation du nouveau plan d'austérité. La contestation s'exprime sur le net.

« Il faudra penser à prendre en photo le bulletin Non en sortant de l'isoloir, pour bien montrer à nos chefs qu'on a laissé le “Oui" dans l'urne », ironisait en direct un animateur de la chaîne privée Skaï, il y a quelques jours. Que sous-entendait-il ? Que sa direction lui imposait son vote au référendum? Evidemment non, mais qu’en tout cas, sur sa chaîne, comme sur toutes les autres télés privées du pays, il n’existe ces jours-ci qu’une ligne éditoriale possible : le oui au référendum et à l’application des mesures d’austérité de la Troïka.

Depuis le 26 juin et l’annonce, par le premier ministre Alexis Tsipras, de la tenue d’un référendum sur un nouveau plan d’austérité, c'est peu dire que, sur Skaï comme chez ses concurrentes Antenna, Mega et les autres, le non et ses défenseurs n'ont pas droit de cité. « A grands coups d'émissions spéciales et de débats totalement orientés, c'est une propagande pro-oui que les six chaînes privées du pays déploient à longueur de journée », explique Marianna Karakoulaki, journaliste indépendante. Elle, comme nombre de journalistes et de citoyens, n'ont de cesse de dénoncer depuis plusieurs jours, sur les réseaux sociaux (surtout Twitter), cette désinformation assumée.

En face, les méthodes employées sont dignes des médias de républiques bananières. Pour illustrer un reportage sur la prétendue panique des citoyens dans les banques, la chaîne Mega n’hésite pas à utiliser des images vieilles de trois ans, tournées à l'étranger. Mis face à l'énormité de la chose par des internautes, Michael Laganis, l'un des auteurs du reportage, s'est excusé avec désinvolture : « Comme vous voudrez madame. Nous faisons tous des erreurs. Merci pour votre remarque. »

Alors qu'elles devraient offrir une campagne équitable, comme elles y sont légalement obligées, les chaînes privés ont complètement banni le non de leurs programmes. On n'aura pu y voir quasiment aucune image des nombreuses manifestations qui, à Athènes ou à Thessalonique, ont conspué le texte de la Troïka.

Un internaute a comptabilisé les temps d'antenne, sur les journées des 29 et 30 juin, sur cinq chaînes privées (Mega, Skaï, Antenna, Star et Alpha TV). Le résultat est tellement déséquilibré qu'il prête à rire. Au total, huit minutes sur l'ensemble des cinq canaux pour le non (cercle de gauche), contre quarante-sept minutes pour le oui (cercle de droite).

Mention spéciale à la chaîne Skaï qui a réussi l’exploit ne pas dédier une seule seconde au non, et appelle ouvertement à voter pour le oui sur son compte Twitter, à grands renfort de spots vidéos catastrophistes. A l’appui de cette cécité, toute la journée, le mot « terreur » revient dans la bouche des animateurs et des intervenants, qui agitent le spectre d'une sortie de la zone euro et des conséquences désastreuses qu'elle aurait, selon eux, sur le pays.

Alors même qu'Alexis Tsipras a rappelé que « le référendum de dimanche ne porte pas sur la place du pays dans la zone euro » mais sur la volonté des Grecs d'adopter ou non le nouveau plan d'austérité de la Troïka, les chaînes privées s'entêtent à réduire la consultation à cette interprétation grossière du problème.

Pourquoi ? « Tous les propriétaires des chaînes privées en Grèce sont des hommes d'affaires qui possèdent des entreprises dans tous les secteurs, du bâtiment aux mines d'or, en passant par des compagnies maritimes, explique Nikos Smyrnaios, universitaire et spécialiste des médias grecs. Tous ont des intérêts à sauvegarder et ont beaucoup à perdre en cas de sortie de la zone euro. »

Une manière de faire chuter le gouvernement Tsipras

Depuis des semaines, le « Grexit » – une sortie de la Grèce de la zone euro et le retour à la drachme –, est agité comme une menace par la Troïka dans ses négociations avec Athènes pour imposer à la Grèce son plan d'austérité. Mais les magnats à la tête des chaînes privées voient aussi là une manière de faire chuter le gouvernement Tsipras – qui a promis de remettre sa démission en cas de victoire du oui. Tsipras est très hostile à leur égard, contrairement aux gouvernements précédents avec qui ils avaient l'habitude d'avancer main dans la main.

Dans ce marasme, la presse papier grecque ne sort pas du lot, bien au contraire. L'Espresso Star, un tabloïd appartenant au même propriétaire que la chaîne privée Star, s’est fait largement brocarder pour avoir publié la semaine dernière, à la une, une image archirebattue du séisme de 1999 en Turquie.

Hormis les titres pro-Syriza, il ne faut pas compter sur les autres journaux de la presse papier comme To Vima, Ta Nea (de droite) ou Protothema (populiste) pour pointer ces aberrations. Au final, seule la chaîne publique Ert, récemment rouverte par Syriza, respecte un réel pluralisme : 4 minutes 50 pour le oui, contre 4 minutes 37 pour le non.
Pour échapper à cette propagande, il faut se tourner vers le Net. Sur Twitter, des citoyens réunis depuis plusieurs jours autour du hashtag #greekmediapropaganda répertorient et dénoncent quotidiennement la désinformation en marche. Un Tumblr sur le même thème a été créé. Mais ces citoyens, pas dupes, sont pour la plupart des jeunes. « Or, cette propagande vise essentiellement les personnes âgées ou isolées, qui ne s'informent qu'à travers la télévision », explique Marianna Kala.

Un sondage réalisé par un institut grec, Alco, donne le oui gagnant à 44,8% contre 43,5% pour le non pour le référendum de dimanche. Dans le même temps, Bloomberg donne à l'inverse le non gagnant à 43%, contre 42,5% pour le oui. Entre les deux, le taux d'indécis oscille entre 12 et 15 %. « L'influence qu'aura la propagande des chaînes privées sur les indécis, voilà la principale question pour le peuple grec aujourd'hui », conclut Marianna Karakoulaki.

http://www.telerama.fr/medias/grece-quand-les-medias-prives-font-la-propagande-du-oui-au-referendum,128884.php