"Comme on dit", Résistons ensemble, mars 2015, n° 139

Mis a jour : le mardi 10 mars 2015 à 20:59

Mot-clefs: Racisme Répression / prisons centres de rétention quartiers populaires
Lieux:

bulletiin A4 recto-verso en pdf

« Comme on dit » - Résistons Ensemble n° 139, mars 2015

Le bulletin no 139, mars 2015 du petit journal mobile recto-verso A4 du réseau Résistons ensemble contre les violences policières et sécuritaires est sorti. Pour lire l'intégralité et télécharger ce bulletin mis en page au format pdf : http://resistons.lautre.net/spip.php?article548

« Comme on dit »
Cukierman, le président du CRIF, lance devant un parterre de dignitaires : « toutes les violences antisémites sont commises par des jeunes musulmans ». Les murs tremblent. Heureusement, Hollande est là, il ne va pas laisser faire ça ! Il va faire pire.
Pas toutes les agressions antisémites quand même, s'il vous plaît ! dit-il, par exemple, le dernier saccage du cimetière juif de Sarre-Union (Bas-Rhin), est l'œuvre de jeunes lycéens, « français de souche, comme on dit ». Ce « on », il ne le nomme pas, le grand cachottier et pour cause ! Cette expression, il l'emprunte à l'ultra-droite, des nationaux socialistes, néo-fascistes, identitaires qui militent contre le soi-disant « grand remplacement de la belle France chrétienne par des hordes de mécréants musulmans ».
En reprenant le vocabulaire des néo-nazis, au nom de la République, Hollande le légitime. Désormais, pour la gôche aussi, il y a des « français de souche » et « pas de souche ». Marine Le Pen, elle, dit hypocritement ne pas avoir de « passion pour cette expression », dès qu'on est « assimilé », peu importe l'origine, « quand on devient Français, on devient Français ». On en est là. Le FN double le PS sur sa gauche.
Sous nos yeux, la république se débarrasse, sans vergogne, des ses derniers oripeaux « démocratiques ». En application de la loi « anti-terroriste » on vient de confisquer passeports et cartes d'identité à six jeunes français qui, d'après le pouvoir, ont songé à partir pour la Syrie. Il s'agit d'une décision « administrative », même pas celle d'une justice formelle (sans besoin de preuves, d'avocat, de procès public). La police de la pensée sait tout et peut tout faire. Même la mise en garde à vue d'un prof de philo à Poitiers, déjà suspendu 4 mois par sa hiérarchie, dans le cadre d'une instruction pour « apologie du terrorisme » sans raison apparente ni aucune forme d'explication. La ministre justifie : l'école « ne tolère aucune remise en cause des valeurs de la République » et ce seront les profs qui devront participer directement à la mise en application de ce « patriot act » à la française (création de postes de « formateurs de formateurs » en laïcité , introduction d'une épreuve pour estimer la valeur républicaine des candidats aux concours d'enseignement, etc.).
L'extrême droite reste relativement discrète, elle n'a pas besoin de s'agiter. D'islamophobie en « antiterrorisme », d'élections perdues en élections perdues, le personnel politique « républicain » lui livre l'État, clés en main. C'est comme ça que surgissent les dictatures. « Comme on dit ».

Au sommaire

- « Comme on dit »
- Salut l'ami Hafed...
- [ C H R O N I Q U E D E L ' A R B I T R A I R E ]
Procès du flic Césaire qui a tiré dans le visage de Geoffroy Tidjani
Le 21 février : contre les violences policières
La police palpe à Montreuil (93)
Riposte à Montpellier
Ça bouge à Paris VII
Mohamed Rajhi, 41 ans, Abdoulaye Camara, 30 ans
Mort à 14 ans alors qu'il fuyait la police
Répression dans un bidonville et racisme ordinaire : les Rroms trinquent toujours !
Armement de la police municipale
D'ordinaire à Calais
Un rassemblement pour la mémoire d'Ibrahim Ali
- [A G I R ]
Zyed et Bouna
Qui a tué Ali Ziri ?
Meurtre de Lahoucine : on n'oublie pas, on ne pardonne pas !
Forum Interfac sur les violences d'État
Dernière minute : Journée internationale contre les violences policières