21 février 2015 : contre les violences d'État, Nantes en Résistances

Mis a jour : le lundi 23 février 2015 à 21:29

Mot-clefs: Immigration/sans-papierEs/frontieres Répression Resistances aéroport notre-dame-des-landes luttes étudiantes/lycéennes / prisons centres de rétention
Lieux: Nantes

Dès midi, le centre ville de Nantes est constellé de bleu. La préfecture a choisi une nouvelle fois de faire monter la pression en déployant plusieurs centaines de policiers, des canons à eau et un hélicoptère face au défilé contre les violences d'État.

Durant plusieurs soirées d'échanges, plusieurs centaines de personnes ont pu se retrouver pour réfléchir et s'organiser dans différents lieux de la ville. Au terme de la semaine, il s'agit de reconquérir ces rues si souvent volées par la police. Le lieu de rendez-vous est précisément celui ou s'était achevé la grande manifestation de février dernier, à l'endroit même ou la police avait mutilé et blessé de nombreuses personnes.

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Petit à petit, par grappes, une petite foule se forme dans le square Daviais, alors que des cohortes de la BAC contrôlent déjà tout ce qui peut ressembler à un manifestant dans les rues adjacentes. Deux heures plus tard, la manifestation s'élance après une prise de parole de l'assemblée des blessés qui ouvre le cortège. Cette assemblée, constituée à Montreuil en novembre dernier regroupe des collectifs de blessés par les armes de la police de toute la France.

Dans la foule, certain-e-s se masquent et se casquent, d'autres pas. Une battucada rythme l'arrière du cortège alors que résonnent des slogans à l'avant. Un char de carnaval, caricature de flic, suit de près la banderole de tête.

« Que fait la police ? Ca crève les yeux ! »

« Contre les violences policières/résistances/résistances »

« Rémi, Zyed, Bouna, on n'oublie pas, on ne pardonne pas ! »

Très vite, devant le commissariat du cours Olivier de Clisson - neutralisé depuis la manifestation du 22 février dernier - la tension monte. Une massive rangée de casqués gaze la foule en réponse à quelques jets de peinture. Plus loin, les cibles et les outils de la répression sont affichés sur les murs, en même temps que quelques taggs. De 1000 à 2000 au départ, les rangs gonfleront progressivement pour atteindre 4 à 5000 manifestants au plus fort de l'après midi.

Le dispositif policier est conséquent mais ne bloque pas le Cours des 50 Otages, qui avait été barricadé par la préfecture l'an passé. Les manifestants empruntent donc le trajet dont ils avaient été privé par le passé, dans le crépitement des fumigènes. A chaque croisement, les rues vomissent des rangées de boucliers, de canons à eau, de policiers prêt à faire feu à coups de flashball. La colère monte par intermittence. Les flics sont hués, essuient quelques projectiles parfois. La pression monte par deux fois, Place du Bouffay et Place de la Bourse. Ici, une violente charge de la BAC Lanceurs de Balles braqués sur la foule fait monter la tension. Des dizaines de manifestants chargent à leur tour les agresseurs qui refluent à toute vitesse, après avoir arrêté deux personnes et blessé un manifestant à hauteur de tête. Mais le défilé continue.

La Place de la Petite Hollande, véritable champ de tir l'an passé est contournée. Le cortège choisi de retourner vers le centre ville. Cette fois ci, la préfecture a décidé de redéployer ses centaines de flics pour empêcher les manifestant de réinvestir l'hyper centre. Un point de tension se concentre au niveau de l'Hôtel Dieu. Un face à face s'installe. Gaz, flashball et canons à eau contre quelques cailloux. Le char de carnaval est envoyé vers les boucliers, ce qui provoque un assaut. Un étau policier se forme alors que des bourrasques neigeuses s'abattent sur l'esplanade. Les quelques centaines de déterminés restants refluent au rythme des charges de la BAC et des CRS, en allumant quelques barricades sur leur passage. La chasse à l'homme continuera jusqu'en début de soirée au delà de la Loire.

Plusieurs manifestants seront blessés, et 10 interpelés. Des journalistes et des secouristes seront aussi pris pour cible et molestés par la police.

Malgré la saturation du champ médiatique par l'antiterrorisme, malgré les intenses menaces policières, malgré le sabotage méthodique de diverses organisations opposées à l'aéroport, cette semaine fut une réussite.

D'abord parce qu'elle nous a permis de reprendre confiance en nous, de nous retrouver, d'échanger, ensuite parce que nous avons repris les rues de la ville un an après la journée du 22 février 2014.

Cette semaine n'est pas une fin mais un début.

Diffusons nos révoltes.

Des images de Taranis News : https://www.youtube.com/watch?v=PhCirpVdbL8

Commentaire(s)

> floutage

Salut,
Ca serait ptetre pas mal de flouter l'ensemble des visages et pas seulement quelques uns.
Taranis news c'est bien sympa. Mais y a quand même des images chiantes dessus. Il y a un an des personnes ont été condamnés suite aux images de ses vidéos... J'espère que ca ne sera pas encore le cas....
A bientôt

> une photo a été supprimé

une photo a été supprimé,
Comme le précise le commentaire ci-dessus, y'a eu bien trop de fois des arrestations via des images prises en manifestation ou lors d'actions.
Merci de ne pas publier d'images avec des personnes reconnaissables, même si sur cette photo elle ne fait rien qui ne permette de la poursuivre, elle peut permettre de la reconnaitre à un autre moment...
Dans la mesure du possible, publié en noir et blanc, ne prendre que de dos.
Et même si une image tourne déjà beaucoup, c'est quand même utile de ne pas la rediffuser ici le site étant largement consulté par les autorités.

> Précision

Juste une précision, c'est le camarade en question sur la photo qui diffuse cette image et souhaite qu'elle circule. Il a eu l'arrière du crane ouvert par le coup de matraque. Il est venu témoigner à l'assemblée ouverte de dimanche.

Sinon, bien sur, on essaie de flouter les photos au maximum.

> ca sert a quoi taranis news

ca sert a quoi taranis news?

realiser de la propagande montage images ,pour faire croire que chouette super c est nous les meilleurs?
eviter la reflexion quand a l usage de l image et du spectaculaire ?
il est vrai que c est plus rapide et facile que décrypter la loi macron et les manigances du patronnat; ah oui j avais oublié qu on avait "déserté",et que si des "gens" sont exploités c est qu ils n ont pas compris les derniers opuscules "insurectionnels" en vente a la fnac.
A donner une vue depuis l interieur des corteges ,comment les personnes stagnent,regardent, courent ,etc....
A eviter la reflexion sur le fond,en effet la police n a jamais servi a autre chose que protéger l ordre établi, la bourgeoisie, le capital, l exploitation, la propriété privée....bref que des concepts ringards a coté d un joli travelling de barriere de chantier deplacés par de jeunes manifestants.
taranis news est aussi inconséquent que leurs "amis" activistes et mouvementistes, car en plus d etre de sacrés idiots utiles pour les flics ;ils se felicitent de la "mobilisation réussie";alors que de pauvres bougres vont morfler au tribunal.

un-e participant-e a cette manifestation "réussie"

> nous sommes ceux qui s organisent qu ils disaient

Dernier commentaire avant l autoroute,je conseille l article paru sur le site iaata.info,retour partial sur la manif de toulouse,effectuée le meme jour.
Parcequ elle rappelle des souvenirs quant a l entrisme et les manips d une frange radicalisée de la petite beourgeoisie décomposée ,prenant ses "désirs" d insurection pour des réalités.
A part jouer les charognards et faire du racket gauchiste ,je vois pas ou est l autonomie politique.

> bof

c'est dommage d'avoir encore des arrestations et des condamnations après une manif contre la répression policière. je suis venue à la manif et je ne suis pas restée ça m'a bien gonflée ce manque de réflexion, cette espèce de course à la radicalisation, je suis en noir-e casqué-e bref complétement hors sol, et pour quels effets ??les flics sont encore là !! quel est le bilan de cette manif ??
Dommage la semaine de débat était intéressante.