Le peuple bolivien rallume la meche

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Les dirigeants des principales organisations populaires de Bolivia, Jaime Solares, Felipe Quispe et Evo morales, ont appelé a des coupures de routes dans le pays pour une durée indéterminée a partir du 1er mai prochain. Paysans, indigenes, cocaleros, travailleurs et étudiants ont formé récemment un front en commun pour éviter la vente du gaz a l'extérieur et contre les mesures anti-populaires du gouvernement de Carlos Mesa. S'y ajoute, des conflits internes dans l'Armée et la Police et des rumeurs de coup d'Etat impulsé par des secteurs patronaux et politiques néolibéraux.
Le climat en Bolivia est particulierement tendu. A la pauvreté chaque fois plus extrême (90 % de la population indigene et paysanne sont pauvres), s'ajoute la revendication historique de refus de vente du gaz a l'extérieur et sa distribution pour les boliviens. L'actuel président Carlos Mesa, qui a du prendre lkes rênes du pouvoir a la fin de l'année derniere quand le peuple fit partir Sánchez de Lozada, se trouve maintenant prit sous la presión de plusieurs secteurs. La majorité de la population est echauffée par la continuité de la politique du gouvernement précédent. De plus, l'accord comercial signé avec l'Argentine pour répondre a la crise énergétique de ce pays ainsi que la revendication de la sortie a la mer au Chilie ne font qu'accentuer ce mécontentement.
La meche est allumée, les organisations populaires de Bolivie ont appelé a des coupures de routes dans le pays pour une durée indéterminée a partir du 1er mai prochain. Ce fut la Centrale Ouvriere Bolivienne (COB), emmenée par son leader Jaime Solares, qui, la premiere, appela a cette mesure. Mais autant le parti de Evo Morales (MAS) que le mouvement de l'ex guerrillero indigene Felipe Quispe (Mouvement Pachacuti) ont decidé de rejoindre la COB et de mettre une date a la confrontation directe. Il est en train de se former un front pour s'opposer a la loi d'hydraucarbures et a la commercialisation du gaz a l'extérieur. Le MAS a formé une Coordination a Cochabamba qui s'ajoute aux mesures de lutte qu'ont commencé les cocaleros du Chapare.
Le climat de tension s'est empiré apres la nomination du nouveau ministre des Affaires Indigenes, Ricardo Calla, lorsque les dirigeants indigenes l'empecherent de rentrer dans son bureau. Ils attendent maintenant que le président intervienne dans la situation.
En outré, il circule une rumeur selon laquelle une grande partie de l'Armée, qui questionne le manque de contrôle du gouvernement sur la montée des luttes sociales, essaye d'imposer son autorité au travers d'un coup d'Etat. En ce sens, l'autorité suprême des Forces Armées, Luis Aranda, ne Pert isoler ce secteur car il appartient a une autre force, la Navale. De cette maniere, a l'intérieur de l'Armée se joue une lutte interne entre deux bandes, d'un côté ceux du service passif qui doivent répondre a la zone sud et orientale du pays et de l'autre ceux du service actif qui ont en charge les mouvements les plus radicaux de la zone occidentales. Il y a également des disputes internes dans la police, vu qu'un groupe du service passif a dénoncé des irrégularités commises par son autorité suprême, Jario Salabria.
Face a ce panorama, le dirigeant du MAS, Evo Morales, a dénoncé la possibilité d'un coup d'Etat, impulsé par des secteurs entreprenariaux et politiques de droite : "quelques militaires fascistas au service des transnacionales, de Sanchez Berzain et de Sanchez de Losada cherchent a déstabiliser la démocratie pour éviter un proces aux responsables de l'ancien gouvernement et pour ne pas faire une nouvelle loi des hydraucarbures".
Les étudiants ont joué un rôle tres important la semaine cerniere, le 19 avril, une manifestation de 10 000 étudiants et de professeurs a demandé une augmentation de 28 % du budget des universités et une répartition équitable entre les différentes universités. La réponse du ministre de l'Economie, Sergio Pereira, fut une augmentation de 3%. Les 11 universités de Bolivie ont participé a la mobilisation. Face au refus de leur revendication, les universitaires ont commencé le soir même une greve de la faim illimitée, et la Huitieme Conférence des Universités de Bolivia a décidé d'initier une série de coupures de routes. "Si le ministre ne peut rien, mieux vaut qu'il s'en aille", a affirmé le secrétaire de la Fédération Universitaire. Et il a ajouté que la lutte que traverse tour le peuple bolivien est la même que la leur : "le systeme universitaire est unit au pays,la pauvreté, le chômage,la crise sont arrivé dans notre université". De fait, les étudiants ont appelé tour le peuple a rejoindre leur lutte : "Tous les citoyens doivent lutter pour l'éducation de leurs enfants", a crié un étudiant de l'université de San Andrés.

Correspondant de ANRed a La Paz, Bolivia.
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