Plate-forme Internationale de l’Anarchisme Révolutionnaire

Mis a jour : le lundi 20 octobre 2014 à 14:16

Mot-clefs: Resistances -ismes en tout genres (anarch-fémin…)
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La plate-forme d'organisation de l'anarchisme révolutionnaire ici présentée vise donc de fixer les bases théoriques et programmatiques de telle construction internationale. La première partie du document est une critique théorique et historique des différentes théories et expériences d'organisation et de lutte des travailleurs. La deuxième partie est une application de la conception bakouniniste de théorie et de révolution au stage actuel de développement capitaliste. À partir de cela, nous présentons une proposition d'organisation des révolutionnaires et des travailleurs pour la lutte pour le socialisme.

Plate-forme Internationale de l’Anarchisme Révolutionnaire

1er mai 2011

Organisation populaire anarchiste révolutionnaire – Mexique

Union populaire anarchiste – Brésil

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Présentation

Aux ouvriers, à la paysannerie et aux travailleurs du secteur des services

Aux chômeurs et aux travailleurs de l’économie informelle

Aux travailleurs migrants dans toutes les régions du monde

Aux peuples amérindiens, nationalités, ethnies et minorités opprimées

À la jeunesse et aux femmes travailleuses

 

Introduction

La publication enjuin 1926, en France, d’un document intitulé “La plate-forme d’organisation des communistes libertaires” (signée par le groupe d’exilés russes Dielo Trouda), a causé un profond impact et malaise parmi les anarcho-communistes, les anarcho-syndicalistes et individualistes, spécialement en Europe.

Parmi ceux qui signaient le document étaient le paysan Nestor Makhno, chef principal de l’Armée Insurgente Makhnoviste, et Piotr Archinov, un ouvrier et guérillero, tous deux vétérans de la révolution et de la guerre civile russe (1917-1921). Le document convoquait à la réorganisation de l’anarchisme révolutionnaire, à la lutte idéologique contre l’individualisme désorganisateur et à la création d’une organisation anarchiste internationale.

Errico Malatesta, un des principaux anarcho-communistes de l’époque, s’est prononcé de façon claire et catégorique contre les présupposés établis par la Plate-forme: “Or l’organisation proposée étant typiquement autoritaire, non seulement elle ménagera la victoire du communisme anarchiste comme elle falsifiera l’esprit anarchiste et résultera dans le contraire de ce qu’attendent ses organisateurs”. Voline, un anarcho-communiste russe exilé en France, a écrit ceci: “En conclusion, le seul point original dans la Plate-forme est son révisionnisme vers le Bolchévisme, caché par les auteurs…”.

La Plate-forme d’organisation était un document qui signalait trois tâches fondamentales: le développement d’une théorie anarchiste en tant que base de l’organisation internationale; la plus grande précision de la stratégie et le programme global pour la révolution socialiste à partir de la critique de l’expérience de la dégénération bureaucratique de la révolution russe de 1917; la critique de la fonction que les anarchistes avaient accompli dans le mouvement de masses et la présentation d’une ligne révolutionnaire d’action.

Ces tâches posées par les auteurs de la Plate-forme d’organisation n’ont pas été réalisées. C’est dans cela qui résident, en grande partie, les raisons de la chute historique de l’anarchisme, lequel – ainsi que Makhno et Archinov avaient signalé – continuerait marginal par rapport aux luttes des masses paysannes et ouvrières dans le cas où il ne ferait pas face à ces tâches.

La Plate-forme avait aussi ses limites. La réaction des anarcho-communistes, individualistes et anarcho-syndicalistes dénonçait les “plate-formistes” comme “quelque chose d’extérieur à l’anarchisme”. Les “plate-formistes” ont été accusés de “dévier de l’anarchisme”, de triller une dangereuse frontière avec le “bolchevisme” et les idéologies “autoritaires”.

Mais en réalité, les plate-formistes, au contraire de ce qu’affirmaient leurs critiques, ne “rompaient” pas avec “l’anarchisme en général”, mais avec le révisionnisme (représenté par les autoproclamés “courants”). Les plate-formistes croyaient aussi qu’ils créaient une proposition nouvelle. En vérité ils étaient en train de récupérer, partiellement, la conception bakouniniste originaire de la Première Internationale, laquelle avait été reniée par l’anarcho-communisme d’Errico Malatesta et Piotr Kropotkine, par l’anarcho-syndicalisme et leurs théoriques, comme Rudolf Rocker.

La Plate-forme d’organisation a été refusée pour enserrer dans son intérieur un mouvement en direction à ce que les anarcho-communistes, individualistes et anarcho-syndicalistes avaient nié: le Bakouninisme. Mais la Plate-forme a seulement esquissé les tâches. Ses auteurs n’ont pas eu les conditions historiques pour les réaliser. Ils ont montré qu’il serait nécessaire de bâtir une organisation anarchiste internationale. Que celle-ci devait avoir de l’unité théorique, de l’unité tactique, responsabilité collective et fédéralisme. Mais, par raison de force majeure, ils ont laissé cette tâche incomplète.

L’expérience antérieure de critique et les efforts héroïques d’individus et petits groupes qui ont fait des critiques partielles et des réflexions qui précèdent l’analyse ici présentée doivent être reconnus. La critique plate-formiste dans les années 1920 en Europe; les critiques de petits groupes de “bakouninistes” au Brésil et la défense, même si confuse, de la Makhnovtchina au Brésil par José Oiticica; la critique et l’opposition du Groupe Antorcha à la capitulation des anarcho-communistes menés par Santillán en Argentine. Aussi dans les années 1930 la critique à la dégénération de l’anarcho-syndicalisme et communisme espagnol par Makhno et Jaime Balius et Los Amigos de Durruti. Les critiques de Georges Fontenis dans les années 1950 et de la FAU-historique, dans les années 1960, sont fondamentales. Mais il faut aussi reconnaître que toutes ces critiques furent incomplètes et partiales. Elles n’ont pas réussi à se consolider car elles n’ont pas marché vers le bakouninisme.

Ce document vise justement assumer la responsabilité d’exécuter les tâches esquissées par la Plate-forme d’Organisation et d’autres camarades. Continuer à partir d’où ils ont se sont arrêtés: avancer dans la seule direction possible au plate-formisme, le bakouninisme. En ce sens, il essaye de présenter les traits structurels de la théorie anarchiste – le bakouninisme – et convoquer à la reconstruction de l’organisation internationale bakouniniste et de l’organisation internationale des travailleurs. Cette tâche est aujourd’hui centrale.

Les dégénérations des révolutions socialistes et de libération nationale, l’intégration des syndicats d’orientation socio-démocrate et anarcho-syndicaliste dans le système capitaliste montrent que le prolétariat a été mené à de successifs et gravissimes échecs historiques. La capitulation des anarcho-communistes aux anarcho-syndicalistes est aussi un trait important de cette histoire. Ce fut en grande partie le résultat des erreurs de théorie, de l’empirisme et de l’opportunisme qui marquait la formation des organisations politiques et les organisations de lutte des travailleurs.

Ainsi nous prétendons convoquer ici à la construction d’un Réseau Anarchiste International (RAI) et d’une Tendance Classiste-Internationaliste (TCI). Ces formes organisationnelles visent donner le départ au processus de reconstruction de l’Alliance et de l’AIT. Mais, pour tracer de forme plus concrète les caractéristiques de cette organisation politique et de masses, il faut avant tout faire une présentation du contenu du bakouninisme, et une profonde critique de la théorie qui fut la dirigeante des luttes des travailleurs au siècle dernier: le marxisme. Il faut aussi faire une critique sérieuse des expériences de lutte des travailleurs et de comment les déviations de théorie ont été déterminantes pour les échecs des travailleurs.

La plate-forme d’organisation de l’anarchisme révolutionnaire ici présentée vise donc de fixer les bases théoriques et programmatiques de telle construction internationale. La première partie du document est une critique théorique et historique des différentes théories et expériences d’organisation et de lutte des travailleurs. La deuxième partie est une application de la conception bakouniniste de théorie et de révolution au stage actuel de développement capitaliste. À partir de cela, nous présentons une proposition d’organisation des révolutionnaires et des travailleurs pour la lutte pour le socialisme.

Les individus et les groupes qui veuillent discuter l’adhésion à cette Plate-forme de construction des Sections du RAI et de la TCI dans leurs pays doivent écrire pour s’engager et développer ledit processus: les orientations additionnelles et détaillées seront repassées par la Commission de Construction.

UNIPA – Brésil

OPAR – Mexique

http://uniaoanarquista.wordpress.com/2014/10/08/lancamento-em-frances-da-plataforma-internacional-do-anarquismo-revolucionario/

Email Email de contact: unipa_AT_hush.com

Commentaire(s)

> Une critique fort légère…

À la lecture de cette « plate-forme », on ne peut qu’être surpris par la légèreté de la critique, notamment du marxisme, mais aussi de ce qui s’est passé en Espagne en 1936 ; il est patent que ses rédacteurs n’ont absolument pas compris deux éléments fondamentaux dans le marxisme : l’internationalisme prolétarien d’une part, et d’autre part la théorie de l’État, développée notamment par Engels et Lénine.

Si la Révolution russe a échoué, c’est que ses tentatives d’extension ont été vaincues par la bourgeoisie, notamment en Allemagne, en Hongrie et en Finlande. Il n’y a absolument rien dans cette plate-forme sur la Révolution en Allemagne en 1918/1920, c’est quand même surprenant quand on veut parler de la Révolution en Russie et que l’on sait que l’obsession de Lénine était son extension à l’Allemagne !

Quant à la théorie de l’État dans le marxisme, les auteurs de cette plate-forme se sont visiblement limités à lire le Manifeste communiste, et n’ont absolument pas vu qu’après la Commune la vision de Marx et d’Engels a complètement changé, avec l’idée que « s’emparer de l’État ne suffit pas, il faut le détruire ». Quant à Lénine, il a remis après Engels en évidence une idée ignorée totalement par l’anarchisme, à savoir que l’État étant la manifestation de la société divisée en classes, tant qu’il existe des classes sociales il existe un État !

En ce qui concerne la vision de l’Espagne 1936, pour montrer l’inconsistance totale de l’analyse des auteurs qui se limite en fait à critiquer le « ministérialisme » des Amis de Durruti, je poserai aux auteurs de cette plate-forme une question que se posait Durruti avant de mourir : et si on gagne, que se passera-t-il ?… Bonne question, n’est-ce pas ?

Mais Durruti était un véritable révolutionnaire qui se posait avant tout la question du futur. C’est précisément ce qui manque totalement dans cette « plate-forme ». Du reste, le soutien d’un certain nombre d’anarchistes « officiels » à divers nationalismes - comme le nationalisme palestinien - n’est pas abordé non plus ; est-ce réellement un hasard ?…

> Waf !

L'empire mondial anarchiste, quoi, et sur des bases à peu près aussi à jour que celles des marxistes-léninistes. Bah, le ridicule ne tue pas.

> Il faut lire de document en entier

peut-être que vous n'avez pas vu qu'il faut ouvrir l'archive du lien:

https://uniaoanarquista.files.wordpress.com/2014/10/plataforma_franc.pdf

Le document en entier a 80 pages et non seulement des analyses, mais des propositions organisatives