Notre-Dame-des-Landes, le MEDEF réclame son aéroport au gouvernement saucialiste

Mis a jour : le vendredi 4 avril 2014 à 20:57

Mot-clefs: aéroport notre-dame-des-landes
Lieux: Notre-Dame-des-Landes

Depuis la fin des municipales, le patronat pousse comme jamais avec ses petits bras musclés pour avoir son aéroport HQE.

Le MEDEF, champion toutes cathégories du hold-up social

Les patrons veulent leur aéroport à NDDL et il le font savoir haut et fort. Dès la fin des municipales, c'est un véritable tir groupé du capital qui se déchaîne pour faire passer en force un projet d'aéroport au nom de «l'état de droit », sacro-saint prétexte de notre kleptocratie ripoublicaine pour nous faire gober les pires couleuvres.

L'organisation patronale, le MEDEF est depuis peu sous la coupe de Pierre Gattaz, fils d'Yvon Gattaz, qui a dirigé le CNPF, ancêtre du Medef, de 1981 à 1986 sous François Mitterrand. L'homme n'a de cesse de réclamer à hue et à dia des baisses de charges d'un montant de 100 milliards d'euros, somme qui serait bien évidemment ponctionnée dans son intégralité dans la poche du prolétariat. Et qu'on ne vienne pas l'emmerder avec des compensations en embauches mendiées par des organisations syndicales cogestionnaires et réformistes comme la CFDT, toujours prête avec d'autres (CFTC, CGC, etc) à signer les pires trahisons de la classe ouvrière.

Rien n'arrête la racaille capitaliste, et Gattaz Junior ne cache pas sa satisfaction de voir le gouvernement socialiste lui signer sans contrepartie un chèque de 30 milliards d'euros alors que l'ultralibéral Sarko lui-même n'avait pas osé aller aussi loin en 2010 avec les cadeaux fiscaux de 7 milliards d'euros accordés au patronat pour la réforme de la taxe professionnelle.

Cerise sur le gâteau, Gattaz Jr se targue de vouloir redistribuer ces « succinctes » économies patronales sous forme de dividendes pour engraisser un peu plus des actionnaires qui feraient passer un élevage de porcs pour une cure de thalasso.

Les travailleur-euse-s, précaires, sans-emploi et exclu-e-s peuvent continuer à se serrer la ceinture et bouffer dans les poubelles.

Un aéroport HQE financé par l'impôt, c'est tout bénef pour les patrons !

Le soutien inconditionnel du patronat à l'aéroport HQE de Vinci n'est pas un hasard, financé par des fonds publics régionaux, nationaux et européens, il ne coûtera pas un centime aux patrons qui pourront en bénéficier à loisir.

Comment s'étonner alors que les meilleurs soutiens à ce projet d'aéroport viennent en premier lieu du patronat. Le Président de la Chambre de Commerce et de l'Industrie 44, Jean-François Gendron, «milite» depuis toujours pour une grosse coulée de béton sur lande de NDDL : «A ce jour, rien n’a changé. Et j’ai confiance dans la continuité de la parole de l’État. J’attends qu’il réaffirme son engagement sur ce dossier. Ainsi, après que tous les recours soient purgés, rien ne s’opposera au démarrage des travaux. Je connais les positions de Ségolène Royal peu encourageantes mais j’attends surtout ses nouveaux propos comme ministre.»

Richard Thieret, président du Centre national des jeunes dirigeants (CJD) affirme lui aussi la nécessité d'un aéroport près de Saint-Nazaire : «Démarrer sans plus tarder les travaux nécessaires au transfert de l’aéroport de Nantes serait un signe de courage politique pour affirmer l’état de droit et surtout un signe donné aux entreprises.» Il rajoute, fier de lui, «Nous avons lancé un sondage (en 2013) auprès de nos adhérents. 73 % des chefs d’entreprises exprimés soutenaient le projet de transfert.»

Grégoire Gonnord, un des dirigeants du Club des Trente (réseau qui regroupe tous les grands patrons du grand ouest) et PDG du groupe de malbouffe Fleury-Michon ne cache pas lui non-plus son enthousiasme pour le projet : «J’ai demandé la réalisation d’une desserte digne de son nom depuis notre territoire jusqu’à l’aéroport.»

Sur les réseaux sociaux l'association citoyenne (sic) @ailespourlouest, qui regroupe tout ce qui se fait de pire dans ce pays, (@medef, @Police44, @CCI44, etc), réclame à corps et à cri son aéroport à Haute Qualité Exploitatrice ; inquiétée par des sondages défavorables au projet, et une avalanche d'articles mortifères pour Vinci, lance tout son poids dans la bataille afin d'éviter à tout prix un moratoire fatal.

Chantage à l'emploi

Le fouet et les chaînes aux pieds n'existant plus, les patrons utilisent à loisir la menace d'une délocalisation au cas où l'aéroport serait abandonné. Louis Le Duff, PDG du groupe Le Duff, met sur la balance sa décision d'installer son siège social de 300 salarié-e-s à Rennes en cas d'abandon où de moratoire du projet : «Je ne vois pas dans ces conditions comment je pourrais installer mon siège social à Rennes. Je laisserais mes équipes à Paris et à Londres.» «J'avais pris cette décision d'implanter mon siège à Rennes car on m'avait promis que Notre-Dame-des-Landes se ferait.»

Élections piège à cons

La toute nouvelle équipe municipale PS EELV n'est pas en reste. Ce matin 4 avril la maire de Nantes, Johanna Rolland, dopée par le retour de son mentor politique, jean-Marc AYRAULT, dans l'ancienne cité négrière, réaffirmait son attachement au transfert d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

L'ectoplasme ultralibéral Hollande et son équipe de guignols rose pale qui ne sont plus à une trahison prêt - Jaurès doit se retourner dans sa tombe - sauront-ils résister aux exigences patronales malgré un mécontentement populaire croissant face à un projet mortifère et dépassé écologiquement comme socialement. Pas si sûr !

On a les patrons et les élu-e-s que l'on mérite.

Crève l'aéroport et son monde.

Zadist

Source : http://www.lesechos.fr/economie-politique/politique/actu/0203405339443-le-mystere-gattaz-qui-est-vraiment-le-president-du-medef-662021.php

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/laeroport-notre-dame-landes-patrons-dans-attente-03-04-2014-139891#.Uz5e8Ahs3gU.twitter

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/groupe-duff-va-t-il-quitter-rennes-03-04-2014-139773

Commentaire(s)

> Trahison?

Voilà un article torché! Et qui montre bien pour qui tourne la toupie (de béton)!
Mais à propos de Hollande et de ses socialos rose pale, il ne faut pas employer le mot "trahison" qui fait accroire que les socialos un jour ont été du côté du prolétariat.
Contrairement aux marxistes révolutionnaires (si, si, il y en a! Ya pas que des staliniens qui se cachent derrière le centralisme démocratique pour avancer masqués), la social-démocratie ou la sfio ont toujours joué les pacificateurs sociaux, quand ce n'était pas carrément les agents du capital.
Souvenons-nous du règne de Mitterand qui a vu le décollage de la Bourse en France et un recul historique des luttes.
Sans citer la répression de la révolution allemande en 1918/1922 et la voie libre laissée ainsi au nazisme, les socialos de par leur projet "citoyen" d'arriver au socialisme par les réformes et la gestion loyale de l'Etat, ont été les intercesseurs essentiels entre les impératifs capitalistes (dégager de la plus-value) et les revendications immédiates des prolétaires.

Le capitalisme a besoin d'intégrer les contestations pour les retourner en force d'adhésion, de servitude volontaire. Ainsi les syndicats, qui étaient un outil pour créer un rapport de forces sont devenus peu à peu, après leur reconnaissance, leur légalisation, leur financement, les courroies de transmission des états-majors politiques ou patronaux, par le jeu de la concertation, du paritarisme, du "DIALOGUE SOCIAL".
Souvenons-nous du chef du patronat en juin 68 qui déclarait:"Heureusement qu'il y avait des personnes fiables pour éviter le chaos" en parlant des leaders syndicalistes et des chefs des partis de gauche.

Aujourd'hui, les socialos sont une droite sociale, qui joue de son vernis "progressiste" pour paralyser les dynamiques de résistance. Le New Labor de Blair est leur exemple, dépassé.

On a vu comment une initiative comme ALTERNATIBA, s'est retrouvée engluée fin septembre dans les compromissions, les financements, les oukazes (l'ACIPA personna non grata), pour planter ses tréteaux dans les rues piétonnes un dimanche après-midi, sous l'oeil paternaliste d'Ecopôle, bras armé de l'écologie municipale.
Non, décidément, il ne faut plus parler de trahison, mais de "vocation, gestionnaire et loyale, par de vrais professionnels de la politique au service du capital".