France : exigence grandissante pour la libération immédiate de Georges Ibrahim Abdallah

Mis a jour : le vendredi 1 novembre 2013 à 05:28

Mot-clefs: Répression Resistances / prisons centres de rétention libérations nationales
Lieux:

Alors que le prisonnier politique libanais Georges Abdallah, entre dans sa 30e année dans les prisons françaises, un comité des droits de l’homme des Nations Unies devrait publier début novembre un rapport sur sa détention illégale.

 

26 octobre 2013 - Plusieurs centaines de militants du mouvement français de solidarité ont organisé une manifestation devant la prison de Lannemezan où Abdallah est détenu, avec des panneaux appelant à la libération du prisonnier libanais - Photo : Marwan Bou Haidar

En janvier 2013, les autorités françaises ont décidé de poursuivre la détention de Georges Abdallah, en refusant de l’expulser vers le Liban, alors même qu’il avait purgé sa peine et devait être tout à fait légalement libéré suite à une décision d’une cour de justice.

Cela a incité le Comité international pour la Libération de Georges Abdallah, à déposer une plainte aux Nations Unies devant un comité d’experts concernés par les détentions arbitraires, lequel devrait prochainement rendre son rapport public après l’avoir envoyé aux autorités françaises à la mi-octobre.

Le comité des Nations Unies estime qu’une personne se retrouve en détention arbitraire quand il n’est plus possible pour les autorités de présenter la moindre justification légale pour son maintien en détention. Ironie du sort, l’équipe des Nations Unies concernés par la détention arbitraire a été créé en 1991 à l’ instigation de la France, qui a dirigé le comité pendant les sept premières années.

La finalisation du rapport de l’ONU a coïncidé avec la date à laquelle Abdallah a franchi la barre des 30 ans dans les prisons françaises, conduisant ceux qui sont solidaires du prisonnier politique, en France et dans le reste du monde, à marquer la date par des protestations contre la politique de Paris à l’égard de Georges Abdallah.

La semaine dernière, plusieurs centaines de militants du mouvement français de solidarité ont organisé une manifestation devant la prison de Lannemezan où Abdallah est détenu, portant des panneaux appelant à la liberté du prisonnier libanais. Un autre groupe de militants a tenté d’occuper les bureaux locaux du parti socialiste, en signe de solidarité avec Abdallah.

A Beyrouth , le Comité international pour la Libération de Georges Abdallah a tenu une manifestation devant l’ambassade française, qui a été bouclée pour l’occasion malgré le fait qu’il n’y avait aucun diplomate à l’intérieur du bâtiment à ce moment-là.

Les manifestants ont déclaré que depuis que Abdallah a été libéré par une cour d’appel française le 4 avril dernier, il n’est devenu rien de plus qu’un otage, détenu illégalement par le gouvernement socialiste qui a fait tout son possible pour venir à bout d’une ordonnance incontestée d’un tribunal de le libérer après après que sa peine ait été purgée.

Un certain nombre de parlementaires français ont également rejoint le chœur de protestations en envoyant au président Hollande une lettre [ci-dessous] appelant à la libération d’Abdallah, disant « peu importe les pressions étrangères » en faisant référence aux efforts américains pour empêcher sa libération.

Lettre ouverte au président de la République

Paris, le 23 octobre 2013,

Il a passé plus de temps en prison que Nelson Mandela. Il est le plus vieux prisonnier politique du continent européen et sans doute un des plus vieux du monde. Le 24 octobre 2013, il entamera sa trentième année de détention. Georges Ibrahim Abdallah a été condamné le 24 octobre 1987 à la prison à vie. Il peut bénéficier d’une libération conditionnelle depuis 1999. Et, pourtant, alors même que le Liban s’est dit prêt à l’accueillir, il s’est vu refuser huit fois cette demande.

Ce refus est d’autant plus scandaleux que, en 1985, dans le cadre de négociations menées pour la libération d’un otage français, les plus hautes autorités de la France avaient accepté qu’il soit libéré. Elles n’ont pas tenu parole. Ce qui indignait l’ancien directeur de la direction de la surveillance du territoire (DST), le préfet Yves Bonnet : « Cette injustice a assez duré ; elle a même dépassé les limites du raisonnable. Qu’on le mette dans un avion et qu’on le renvoie chez lui, au Liban, où les autorités sont disposées à l’accueillir. » (Déclaration à France 24, 28 décembre 2011).

C’est pour cela, Monsieur le Président, que nous, élus de la République, nous vous demandons de mettre un terme à cette injustice et de prendre les mesures, quelles que soient les pressions étrangères, pour qu’il puisse être libéré et rejoindre le Liban.

Signataires

Noël Mamère, député-maire de Bègles
Serge Janquin, député-maire de Labuissière
Danielle Bidard-Reydet, sénatrice honoraire
Sergio Coronado, député des Français établis hors de France
Patrick Braouezec, membre honoraire du parlement
Nathalie Goulet, sénatrice
Bally Bagayoko, vice-président du Conseil général de Seine-Saint-Denis
François Asensi, député-maire de Tremblay-en-France
Stéphane Gatignon, maire de Sevran
Jean-Claude Lefort, député honoraire
André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme
Nicole Borvo, sénatrice honoraire
Jacques Perreux, conseiller régional
Rose-Marie Saint-Germes-Akar, conseillère régionale

http://www.info-palestine.net/spip.php?article14131