la révolte contre les éolienes s'étend à Juchitan

Mot-clefs: Ecologie
Lieux: La Montagne

plus bas, quelques traductions au sujet de la révolte contre les éoliennes à Juchitan, Mexique. Aux abords de la ville, capitale culturelle de l'isthme de Tehuantepec, des centaines de pêcheurs maintiennent bloquée la partie sud du périphérique, avec sous leur contrôle plusieurs véhicules et engins de construction des entreprises éoliennes, dont une camionette appartenant à un parc éolien de la société EDF. Tout comme dans le village proche d'Alvaro Obregon, le mouvement rejette toute intromission des partis politiques et une méfiance totale des "leaders" qui les ont tant de fois trahi par le passé. "basta de lideres, no partidos politicos, fuera eolicos!"

sur le contexte général de ce conflit, voir le précédent article:
Oaxaca : pêcheurs contre multinationales de l’éolien
http://nantes.indymedia.org/article/27094

Juchi-medium
Pas de titre pour 12581

El Universal, journal mexicain:

Des pêcheurs s’opposent au parc éolien de Gas Natural

JUCHITÁN, Oaxaca- Près de 200 pêcheurs de cette ville, en compagnie de leurs familles, ont débuté un blocage du chemin conduisant à Playa Vicente afin d’empêcher le passage des ouvriers et des véhicules travaillant pour l’entreprise Gas Natural Fenosa qui prétend construire un parc éolien qui permettra la production de 250 megawats d’électricité grâce au vent.

Le porte-parole des opposants, Raymundo Regalado, a fait savoir que ce dimanche les pêcheurs et paysans, ainsi que leurs épouses et leurs enfants, ont constitué l’Assemblée Populaire du Peuple Juchiteco afin d’empêcher la construction du parc éolien qui nuira à leurs activités de pêche sur la lagune supérieure du Golfe de Tehuantepec.

Il faut mentionner ici que c’est le second projet éolien qui génère de l’énervement chez les pêcheurs. Le premier projet ayant motivé le rejet des hommes de la mer est celui de Mareña Renovables, sur la barre Santa Térésa de San Dionisio del Mar, dont la construction n’a toujours pas commencé.

L’Isthme compte déjà 14 parcs éoliens, produisant près de 2000 mégawats.

Raymundo Regalado a fait savoir qu’ils ne permettraient pas la reprise des travaux de l’entreprise espagnole Gas Natural Fenosa du fait que les terres louées sont de propriété communale, même si elles ont été concédées de manière « frauduleuse » à des particuliers par l’ex-président de Juchitán, Mariano Santana López, actuel dirigeant du Parti du Travail (PT, gauche) à Oaxaca.

Les pêcheurs et paysans ont protesté également du fait qu’avec les travaux réalisés par l’entreprise Gas Natural Fenosa « l’accès à nos lagunes et nos terres est bloqué, et ça on ne va pas le permettre », dirent les hommes et femmes armés de bâtons et de machettes qui bloquent le passage à la plage Vicente, une zone de pêche située au sud de la municipalité juchitèque.

“Au travers de ce blocage nous voulons dire aux propriétaires du parc éolien qu’ils s’en aillent de la lagune supérieure, qu’ils nous laissent vivre en paix et aussi que le gouvernement, au lieu de soutenir les entreprises transnationales, aident plutôt la pêche », expliqua Raymundo Regalado, porte-parole de l’Assemblée Populaire du Peuple Juchitèque.

Spb.
http://www.eluniversal.com.mx/notas/905930.html

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Naissance de l'assemblée populaire du peuple juchitèque

Aux médias
Aux trois niveaux de gouvernement
Au peuple de la grande nation du Mexique
Aux nations indigènes du monde

Quartier des pêcheurs, Juchitán de Zaragoza, Oaxaca, México.
Dimanche 24 février 2013

Le quartier des pêcheurs est situé dans la septième section de la ville de Juchitán de Zaragoza, Isthme de Tehuantepec, Oaxaca, México. Nos ancêtres étaient les binnigula’sa’, ceux qui ont demandé au père et à la mère divine que leur soit prêté ce territoire pour l’habiter. Aujourd’hui, nous les binnizá (qu’on nous dénomme
aussi zapotèques), héritiers d’une culture millénaire, nous sommes toujours sur ces terres, cette mer et ces lagunes pour veiller sur elle, l’aimer et la défendre, parce qu’elle notre mère, qui nous alimente et nous donne l’opportunité d’exister dans l’univers.

Nous les binnizá, nous sommes préoccupés face à l’invasion de notre territoire qui comprend un espace de 68 000 hectares de terres comunales, par les dirigeants politiques, les caciques et principalement les entreprises éoliennes étrangères, avec la complicité de l’Etat mexicain. Les entreprises transnationales ont fait des protocoles sur les terrres pour que les titres de propriété soient accordés aux envahisseurs malgré le fait qu’officiellement la propriété de la terre à Juchitan est de régime communal.

L’éxécution du projet des couloirs éoliens dans la région de l’isthme va contaminer la lagune supérieure et inférieure, les lagunes et les estuaires ; elle va endommager les terres de culture, la flore et la faune de notre territoire, mettant en danger la vie de tous les êtres vivants qui habitons dans la plaine et la montagne de l’isthme de Tehuantepec, Oaxaca, México.

Pour tout cela, nous souhaitons faire connaître :

PREMIEREMENT : face à l’invasion des pays européens et gringos représentés par les entreprises étrangères éoliennes et minières sur nos terres de l’isthme de Tehuantepec, avec la complicité des trois niveaux de
gouvernement, en violation des lois de la Constitution Politique des Etats-Unis Mexicains gagnés par le sang et la mort de nos grands-parents. Et des traités internationaux en plus de nos lois concrétisées dans les accords de San Andrés Larrainzar qui fut aussi obtenue par le sang et la mort de nos peuples originaires du Mexique en 1994 au Chiapas. Face aux traîtres à la patrie, nous, la société civile, devons défendre et faire valoir nos droits comme peuples millénaires et originaires que nous sommes, et ce jour 24 février 2013, nous constituons une ASSEMBLEE POPULAIRE DU PEUPLE JUCHITEQUE, composée d’étudiants, de paysans, de mères
au foyer, de pêcheurs libres, d’ouvriers, d’enfants, de jeunes et d’anciens.

DEUXIEMEMENT: Nous ne permettrons pas que sur nos terres comunales, aux rives de la gagune supérieure, des systèmes lagunaires et des estuaires, soient construits des parcs éoliens vu que c’est notre espace vital où nous cherchons la subsistance de nos familles, et nous défoendrons la vie et la communalité de notre nation zapotèque pour nos enfants pour qu’ils continuent à pêcher dans notre père la mer et qu’ils cultivent dans le cœur de notre terre-mère.

TROISIEMEMENT : que soit définitivement suspendu la construction des parcs éoliens sur nos terres communales du peuple de Juchitán et sur la lagune supérieure qui est l’espace que nous partageons avec nos frères Ikoots.

QUATRIEMENT : Nous rendons responsables le gouvernement de la République mexicaine, le gouvernement de l’Etat de Oaxaca, le gouvernement municipal, les leaders des partis politiques de toutes les fractions et les
représentants des syndicats de travailleurs qui prétendent travailler à la construction des parcs éoliens de toute agression ou intimidation envers les citoyens juchitèques conscients en défense de la terre, du territoire et de la culture zapotèque.

CINQUIEMEMENT : Nous ratifions les accords pris par les villages Binnizá d’Álvaro Obregón et de Santa Rosa de Lima, et des villages ikoots de San Dionisio del Mar et San Mateo del mar qui se trouvent en lutte pour la défense de la terre et du territoire, contre l’invasion des parcs éoliens étrangers.

vive Juchitán!
vive les peuples de l’Isthme!
vive l’autodétermination des peuples originaires!

FRATERNELLEMENT
L’ASSEMBLEE POPULAIRE DU PEUPLE JUCHITEQUE

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Ce lundi 25 février des centaines de pêcheurs, de paysans, femmes au foyer et gens du peuple en général, organisés au sein de l’Assemblée Populaire du Peuple Juchitèque (créée le jour précédent), suivant l’accord pris par l’Assemblée réunie ce dimanche dans la chapelle des pêcheurs, connue aussi comme la chapelle Guze Benda, se sont mis en marche dès 6h du matin pour bloquer le croisement entre la rocade de la ville et la route d’accès à Playa Vicente, face à la colonie San Isidro, où fut installé un campement et une barricade avec pierres et bâtons afin d’empêcher l’accès sur les terres communales de Juchitan des camions et des
camionettes des entreprises éoliennes telles que GAMESA et EDF.

La demande de l’Assemblée Populaire Juchièque est l’annulation définitive des travaux de construction des entreprises éoliennes et le retrait définitifs et immédiat des transnationales des terres communales de Juchitán; le campement fut renforcé par les compagnons solidaires de l’Assemblée Communautaire de Gui´xhi´ Ro´ – Álvaro Obregón.

Actuellement quatre camionettes des entreprises éoliennes sont détenues, et l’assemblée demanande à ce que les représentants des transnationales et le gouvernement de l’Etat viennent au campement pour qu’ils écoutent la voix de l’Assemblée Populaire du Peuple Juchiteco, qui est :

NON AU PROJET EOLIEN SUR LES TERRES COMMUNALES JUCHITEQUES, QUE S’EN AILLENT LES
ENTREPRISES ETRANGERES DU TERRITOIRE JUCHITECO

Quelques photos :

https://tierrayterritorio.wordpress.com/2013/02/26/imag...teco/