Interruption du conseil municipal de Rennes

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Lieux: Rennes

Contres les expulsions à Notre-dame des Landes et ailleurs

Texte lu devant le maire et les élus du Parti Socialiste lors de l'interruption du conseil municipal de Rennes ce 10 décembre par des personnes en lutte contre les expulsions à Notre-Dames-des-Landes, à Pacé et ailleurs.
Quelques dizaines de personnes en lutte contre les expulsions à Notre-Dames-des-Landes, à Pacé et ailleurs ont interrompu le conseil municipal de Rennes ce lundi 10 décembre. Une personne a lu aux élus l'avis de leur expulsion de l'Hôtel de ville :

Monsieur le Maire,

Monsieur le président de Rennes Métropole

Monsieur le président de l'Assemblée des communautés de France,

Messieurs et Mesdames les élus du Parti Socialiste,

Nous savons combien il est important pour vous d’écouter, d’entendre ce qu’ont à dire les citoyens, nous vous savons soucieux de « concertation citoyenne », de « démocratie participative », nous savons que pour vous il est important pour que la démocratie vive que les gens prennent la parole et s’expriment. La parole nous la prenons et nous aimerions qu’elle soit écoutée. Un peu de calme s’il vous plait.

Si nous sommes venus ici ce soir dans cet Hôtel de ville, c'est pour vous ordonner de le quitter, de prendre vos affaires et de sortir dans le calme. Les affaires que vous ne pourrez pas emporter avec vous, vous les récupérerez plus tard ou alors vous les trouverez à la déchetterie aux heures d'ouvertures habituelles.
Le peuple a pris sa décision et si vous avez des remarques à faire, un bureau des plaintes sera ouvert en temps et en heures voulus.

Vous n'avez plus rien à faire ici.

Comment osez-vous d'ailleurs continuer à faire comme si vous représentiez qui que ce soit, comme si vous représentiez le peuple ? Le peuple, c'est nous. Le peuple, il est à Notre-Dames-des-Landes en train de se faire matraquer, en train de se prendre des éclats de métal dans les jambes, des éclats de métal dans la figure, des tirs à bout portant. Votre camarade de L’Internationale socialiste Ben Ali n’avait pas votre savoir-faire en termes de répression des mouvements populaires.

Et combien Vinci vous paye pour commander ce sale boulot ? Combien ? Et le fric que Vinci vous file, vous le mettez où ? Sur des comptes en Suisse ou à Shanghai ?

Nous sommes le peuple et nous vous demandons de quitter ces lieux dans le calme. Les affaires que vous ne pourrez pas emporter avec vous, vous les récupérerez plus tard ou alors vous les trouverez à la déchetterie aux heures d'ouvertures habituelles.

Le peuple, il vit dans ces squats que vous expulsez au petit matin.
Le peuple, ce sont ces étrangers que vous mettez à la rue pendant que vous construisez vos hôtels de luxe à 5 ou 6 étoiles.
Le peuple, il est Place Sainte-Anne et vous le virez de là parce que les hommes d’affaires, les chefs d’entreprise, les cadres supérieurs de votre Centre des congrès, ils ne viendront pas s’il y a trop de pauvres place Sainte-Anne. Il faut d’abord nettoyer la place et c’est que vous êtes en train de faire. Dans la grande compétition des métropoles, le peuple fait mauvais genre sur la photo. Alors on l’expulse de là.

Le peuple, ce sont ces sans-papiers qui tentent de survivre et dont vous signez les arrêts de mort, que vous traquez parce que dans ce domaine un Valls vaut bien un Sarkozy.

Le peuple ce sont ces chômeurs et ces précaires que vos milices de la BAC tabassent devant les Champs Libres un soir de décembre.

Le peuple, il vit dans ces squats que vous dévitalisez, comme vous le dites si bien, parce que mieux vaut détruire une maison plutôt que la laisser être habitée par ceux qui en auraient besoin. Comment osez-vous vous dire encore de gauche ? Combien de temps cette mascarade va-t-elle encore durer ? Ainsi donc, c'est vous la gauche et Sarkozy, c'était la droite ? Avez-vous donc l'esprit confus à ce point pour croire à cette mystification ? Dans quel monde vivez-vous donc ? Dans le monde merveilleux de DSK, l'ex-futur candidat de la Gauche ? Les ors de la République vous ont-ils donc rendus aveugles à ce point ?

Pour nous, il ne fait aucun doute qu'un kyste vaut bien un Karcher et ses racailles. Si nous sommes un kyste, qu'êtes-vous donc sinon des parasites qui n'avez rien à faire dans cet Hôtel de ville ? Rendez-le au peuple. Allez donc vivre dans vos hôtels de luxe !

Veuillez quitter ces lieux dans le calme et emporter vos affaires. Celles que vous ne pourrez pas emporter vous les trouverez à la déchetterie aux heures d'ouverture habituelles.