Non à l’instrumentalisation islamophobe des crimes de Toulouse et Montauban

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Netanyahu vient à Toulouse pour parler au monde. C’est dans la presse locale, par la voix de Nicole Yardeni, présidente régionale du CRIF[1], qu’est annoncée la venue du Premier ministre israélien. Précisons que le leader de la droite nationaliste israélienne est actuellement en campagne pour les législatives en alliance avec l’ultranationaliste Liebermann. «Le Premier ministre d'Israël vient aussi à Toulouse pour parler à toutes les démocraties du monde, leur adressant probablement le message de mise en garde suivant : «Cette idéologie meurtrière ne frappe plus qu'au Moyen-Orient». Interrogée par la Dépêche du Midi sur « l’inquiétude de la communauté juive », Nicole Yardeni évoque le «cauchemar de l'école Ozar Hatorah » et pointe les indigènes de la république qui, dit-elle, « voient dans le malaise des banlieues françaises un avatar du conflit israélo-palestinien ». Rien que ça. En plus des engagements antiracistes, anticolonialistes et anti-impérialistes de ce parti, on sent bien que la vindicte de Yardeni est liée aux mots prononcés par Houria Bouteldja, la veille, sur le plateau de Ça vous regarde (LCP)[2] :

"Il faut distinguer le racisme d’Etat des hostilités et des tensions intercommunautaires. Il faut les moyens de l’Etat pour commettre des crimes de masse et des discriminations massives. (…) Le contexte est à la fois historique et politique. On a raison de dire que c’est une erreur historique que d’affilier et d’inscrire la haine anti-juive actuelle, la judéo phobie, dans la filiation de l’antisémitisme européen qui est un phénomène parfaitement circonscris dans l’histoire de ce pays et qui est européen. (…) Les tensions et haines intercommunautaires qui aujourd’hui opposent -et effectivement je ne le nie absolument pas, juifs et arabes- sont à lier à la fois à l’histoire coloniale française, et notamment algérienne, ainsi qu’à la création de l’Etat d’Israël. (…) La question est : que faut-il faire ? Quels sont les moyens efficaces de luttes contre cette haine anti-juifs ? Si l’on comprend qu’il y a une nouvelle filiation de l’hostilité envers les juifs qui est celle de la colonisation et qui est celle du sionisme, (…) il faut lutter contre le sionisme qui est une idéologie politique qui lie le sort de tous les juifs à Israël qui est un état colonial, raciste, et qui commet des crimes de guerre. La conséquence de tout cela, c’est effectivement qu’aujourd’hui les juifs malheureusement sont essentialisés par cette idéologie et il s’agit aujourd’hui d’abord dans un premier en France de comprendre que tous les juifs ne sont pas sionistes. Mais, malheureusement, qui sont invités sur les plateaux de télévision ? Les juifs sionistes, jamais les juifs antisionistes."

Ces mots ne font pas réagir que Yardeni. Deux jours après de cette émission, la Ligue de Défense Juive a agressé la militante[3].

Vu de Toulouse, la venue de Netanyahu au Capitole est provoquée par la conjonction de plusieurs choses : les relations au beau fixe entre Israël et Toulouse, en ce 50ème anniversaire du jumelage Toulouse-Tel-Aviv et la campagne islamophobe qui tente de faire de Toulouse, lieu d’une partie des crimes de Mohamed Merah, un symbole de la lutte du monde éclairé contre l’obscurantisme.

A Toulouse, depuis les crimes de Toulouse et Montauban, on voit défiler du beau monde. Ca a démarré par Guéant qui, suite aux premiers crimes du tueur au scooter, est venu assurer une présence réconfortante dans la ville, jusqu’à ce que le criminel soit identifié et mis hors d'état de nuire. Guéant qui venait nous protéger : cela n’augurait rien de bon. La dernière visite prestigieuse en date est celle de Manuel Valls. Pierre Cohen espérait le convaincre de mettre Toulouse en ZSP, pour poursuivre la surenchère sécuritaire engagée dans les quartiers suite aux crimes de mars dernier. Pendant sa visite, Valls a assisté à une démonstration de la compagnie de sécurisation en situation de violences urbaines. Comme ses prédécesseurs UMP, Valls prépare l’avenir en formant ses policiers aux interventions émeutes urbaines. Il a également honoré de sa présence une cérémonie de naturalisation, puis a rencontré des représentants de la communauté juive à l’Espace du Judaïsme, en présence du maire Pierre Cohen, d’Arié Bensehmoun – le « président de la communauté juive »- et de Nicole Yardeni[4]. Valls y a affirmé que «L’antisionisme c’est de l’antisémitisme ». Ce n’est en rien surprenant : Valls a déjà publiquement déclaré être « lié de manière éternelle à Israël ».

Les relations au beau fixe entre Israël et Toulouse, en ce 50ème anniversaire du jumelage Toulouse-Tel-Aviv

Toulouse ne devient pas israélienne seulement quand vient Netanyahu. Après 37 ans de droite au pouvoir à la Mairie, les socialistes emportent la mairie en 2008. Dès le mois de juillet, Pierre Cohen se rend en délégation en Israël pour renouer les liens avec Tel Aviv. L’accompagnent sa directrice de Cabinet, plusieurs élus[5], le maire de Tournefeuille et vice-président du Grand Toulouse, celui qu’on nomme « président de la communauté juive »[6], les représentants du CRIF et du FSJU, et un représentant de la chambre de commerce France-Israël.

En 2009, Cohen participe en personne au centenaire de la ville de Tel-Aviv. Pour honorer le « partenariat fort » qui unit les deux villes, il s’engage à ce que la participation toulousaine soit d’ampleur, avec un plateau culturel présentant toutes les facettes de la vie artistique de la ville. La même année, le maire de Tel-Aviv Ron Huldai est reçu à la Mairie pour une célébration du centenaire de la ville jumelle. La visite la plus récente de Huldaï date du 12 octobre 2012, pour fêter cette fois les 50 ans du jumelage Toulouse-Tel Aviv. Cohen devrait rendre l’invitation dans les semaines à venir. [7]

Et puis il y a la routine. La Mairie continue de commémorer salle des Illustres la naissance de l'Etat d'Israël moderne chaque mois de mai : le maire invite, et le CRIF assure les réservations. Depuis 2008, plusieurs délégations, par la Chambre de Commerce France Israël, et jusque récemment avec un financement du Conseil régional, ont conduit en Israël des professionnels toulousains des secteurs de l'agro technologie, des biotechnologies, de la sécurité, de l'équipement médical nanotechnologique, des nouveaux médias, etc. Les entreprises israéliennes d’armement et de défense participent régulièrement à la Convention Aéromart : ce mois de décembre c’est par exemple Elbit Systems qui sera à Toulouse. Au dernier dîner du CRIF, les socialistes locaux étaient en nombre[8]. Le président du Conseil Régional a même, pour l’occasion, été récompensé pour son implication dans des échanges innovants et créatifs avec Israël. La routine, en somme.

Cela est en partie le fruit du travail politique effectué par le CRIF Midi-Pyrénées. Pour le CRIF, le mélange des genres est la règle. Quand on lit que l’engagement de la présidente du CRIF Midi-Pyrénées est né d’un voyage en Egypte où l’antisémitisme l’a glacée et où elle a été frappée par la confusion entre religion et politique », on est presqu’amusé. Elle représente une organisation qui joue l’intermédiaire entre institutions et français juifs à l’occasion de fêtes religieuses, de commémorations officielles pour la mémoire, de délégations économiques en Israël, d’information et de défense des intérêts de l’Etat d’Israël- quel que soit le gouvernement-, de communiqués et manifestations sur les évènements en Israël, de dénonciation d’actes haineux, d’organisation de voyages d’élus en Israël. Un exemple suffit à illustrer cette confusion : le CRIF Midi-Pyrénées dénonçait pendant les manifestations contre Plomb durci que le conflit du Proche Orient soit importé ici. Et concluait sa manifestation du 25 janvier 2009, « contre la haine des juifs, contre l'extrémisme, le fanatisme et le terrorisme, pour préserver la paix civile menacée, pour exprimer le soutien à Israël » par le chant de la Tikva – hymne nationale de l’Etat d’Israël- et de la Marseillaise.

Nous, c'est la modernité face aux barbares de Musulmanie d'Algérie, de Palestine et de Reynerie

La venue de Netanyahu, nous dit Yardeni, est l’occasion de faire savoir au monde que «cette idéologie meurtrière ne frappe plus qu'au Moyen-Orient». Qui viendra dénoncer cela ? Le représentant d’un Etat dangereux et belliciste qui pratique l’apartheid, l’occupation et l’expansion coloniale au grand dam de l’ONU et qui utilise la théorie du choc des civilisations en justification. En écho à cela, l’obsession du CRIF Midi-Pyrénées pour l’islamisme radical n’a pas commencé le 19 mars 2012. Cette organisation a l’habitude d’importer le jargon de la colonisation pour décrire les actes judéophobes en France : une manière d’ethniciser la question et d’assimiler tout « arabo-musulman » moins inféodé que Chalghoumi à un radical extrémiste terroriste en puissance. Cette ethnicisation réduit une question politique à un affrontement d’arabes et de juifs. Et tout acte de révolte ou de soutien à la Palestine en France est assimilé à de la haine envers les juifs. D’où la nécessité d’homogénéiser les arabo-musulmans : le procédé renvoie les français issus de la colonisation à une extériorité et intègre le CRIF au camp du bien et de la Civilisation.

La psychose n’a pas commencé d’être entretenue en mars 2012. En 2004 le CRIF MP invitait Sarkozy à son dîner annuel : dans un discours apocalyptique[9], Arié Bensehmoun lui transmettait « l’immense inquiétude de la communauté juive ». Les « concitoyens musulmans » représentés ce soir-là par le CRCM étaient alors interpellés : Merah n’était qu’un têtard et déjà le CRIF demandait au « président de la communauté musulmane » de rendre des comptes pour ses ouailles. N’évoquons même pas le meeting de soutien à Redeker. En 2006, le CRIF MP organisait le forum Israël-Diaspora[10], en présence de Pierre Lellouche, de Julien Dray, du Consul général d’Israël avec 3 tables rondes : « Les racines de l’islam radical » ; « Comment le fascisme vert menace la paix mondiale ? » ; « Impact de l’islamisme en Israël, en France et en Europe. Toujours dans sa conception communautariste de la société, fin mars 2012, le CRIF interrogeait le responsable local du Conseil Français du Culte Musulman pour lui faire dire que les crimes de Toulouse et Montauban étaient de la responsabilité de la « communauté musulmane ». Dans le même temps, dans les prises de parole publiques, le CRIF MP assimilait les crimes de Merah à un crime contre la république, manœuvre pour que la République se sente menacée par ses jeunes arabes. Comme si la république avait besoin de Merah pour voir en les arabes une menace... Merah sert à justifier rétrospectivement le racisme structurel dont les arabes et les musulmans font l’objet : « on vous l’avait bien dit » disent-ils en substance. Et en prime, le 1er novembre 2012, avec la venue de Netanyahu, Toulouse devient un instrument dans la campagne de l’extrême-droite israélienne. Le Maire peut bien le recevoir, pour continuer dans sa logique d’enthousiasme honteux. Mais ce ne sera pas en notre nom : notre ville compte de nombreux antiracistes anticolonialistes anti-impérialistes farouchement opposés aux hiérarchies racistes institutionnalisées et revendiquées, que ce soit dans l’Algérie colonisée, dans l’apartheid sud-africain ou en Palestine.

Déchoukaj

Toulouse, le 29 octobre 2012.

[1] La Dépêche du Midi du 24 octobre 2012

[2] Ca vous regarde : Antisémitisme, le retour des vœux démons ?

[3] Houria Bouteldja raconte son agression par la LDJ

[4] Le Ministre de l’intérieur à Toulouse

[5] Sonia Ruiz (adjointe chargée du Tourisme), Jean-Paul Makengo (adjoint chargé de la Diversité-Egalité) Daniel Benyahia (adjoint au maire chargé de l’Urbanisme), Joël Carreiras (adjoint aux Finances), Kader Arif (conseiller municipal chargé des Relations internationales) Françoise Henry (directrice de Cabinet), Claude Raynal, Arié Bensehmoun, Nicole Yardeni, et Ephraïm Teitelbaum. Pour la petite histoire, premier élu noir de Toulouse, socialiste et ancien militant pour la mémoire de l’esclavage et de la traite négrière, accompagnait cette première délégation pour un échange de bonnes pratiques en matière de discriminations (sic).

[6] Et qui présidait le CRIF pendant les mandats de Douste-Blazy et Moudenc.

[7] Les autres villes jumelles sont Kiev, Chongqing, Elche, Bologne, Atlanta. Des accords de coopération existent avec N’Djamena, Saint-Louis du Sénégal et Hanoï et, depuis 2009, avec Ramallah en matière de développement durable et de gestion municipale.

[8] Lien - Monique Iborra, Nadia Pellefigue, Kader Arif, Gérard Bapt, Nicolas Tissot, Joël Carreiras, Martine Martinel, Pierre Cohen, Martin Malvy

[9] Discours d’Arié Bensemhoun, Président du CRIF Midi-Pyrénées Au dîner du CRIF, le lundi 2 février 2004

[10] 7ème Forum Israël-Diaspora – Toulouse, 17 septembre

http://dechoukaj.org/index.php?option=com_content&view=...d=103

Commentaire(s)

> Hollande à la botte de l'Etat raciste

HOLLANDE EN BONNE COMPAGNIE : "UNE FRAPPE CONTRE L’IRAN SOULAGERAIT LA RÉGION", ASSURE NETANYAHOU !

Dans une interview à Paris-Match publiée mardi, Netanyahou, à qui Hollande n’est pas gêné de dérouler le tapis rouge, déclare tranquillement qu’un bombardement israélien contre l’Iran, générerait un « sentiment de soulagement dans la région ».

Ce fasciste reçu avec les honneurs en France n’est pas peu fier de pouvoir dire aux Israéliens, avant les prochaines élections de janvier dans son pays, qu’il est tout à fait fréquentable, puisque même des "socialistes" l’accueillent à bras ouverts.

On était restés sur un petit froid après les déclarations "off" de Sarkozy le traitant de "menteur, mais maintenant tout va bien : Hollande se charge de procurer une nouvelle virginité à ce malade, à ce fou furieux qui veut déclencher le chaos partout. Et ce dernier a commencé à se servir de cette visite pour faire savoir qu’Israël ne serait pas isolé en cas d’attaque de l’Iran.

“Cinq minutes après une telle attaque, déclare Netanyahou au magazine français, contrairement à ce que croient les sceptiques, je pense qu’un sentiment de soulagement se répandrait dans toute la région".

Ajoutant "l’Iran n’est pas populaire dans les pays arabes". Une autre affirmation totalement aberrante, dans la mesure où les peuples arabes ne se tairaient certainement pas face à une telle agression de l’Iran. Ne pas confondre en effet quelques régimes à la solde des Etats-Unis avec les populations arabes !

Tout le monde sait parfaitement qu’Israël est la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, et le plus grand danger pour la paix dans le monde.

Et notre président "normal", "comme tout le monde", qui a abusé son électorat en se présentant comme un homme de paix et de justice, devrait le savoir aussi, non ?

> Effrontés musulmans !

L’arrogance des mahométans, mis à l'index par Le Point, devient véritablement problématique : les voilà même qui osent lutter contre l’islamophobie.

Quotidiennement : des penseurs souchés de gros niveau, type Michel Onfray, font aux musulmans de France la grâce de leur montrer, avec beaucoup de patiente pédagogie, que l’islam est une religion d’impénitents égorgeurs - et que ça serait donc bien qu’ils cessent de la ramener, et qu’ils se fassent plutôt touuut petits. (Le mieux serait que tu te convertisses au laïcardisme, Mohammed, et que tu mordes à pleines dents dans une épaisse tranche de jambon de Bayonne en récitant que rien n’est si beau qu’un lever de valeurs sur l’Occident : là, oui, là, on pourrait commencer à envisager de te considérer comme l’un des nôtres - à condition, naturellement, que ta petite sœur ôte son irritant fichu.)

Mais rien n’y fait - et force est de constater que les musulmans continuent de se comporter comme s’ils avaient les mêmes droits que les citoyens normaux, et de réclamer qu’on leur foute un peu la paix.

Ainsi, les animateurs du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), dont l’effronterie stupéfie, s’emparent ce matin, comme si la République française était aussi la leur, de l’un de ses plus glorieux symboles, pour déclamer, par voie d’affiches et de spots publicitaires, dans une campagne qui durera, assurent-ils, plusieurs semaines: « Nous sommes la nation. »

Pis, ces odieux provocateurs soutiennent, exactement comme s’ils n’avaient rien retenu des magistrales leçons de vivre ensemble de Caroline Bruckner et Pascal Fourest (1) – on croit rêver –, que « l’islamophobie n’est pas une opinion » mais un « délit »(2) http://www.bakchich.info/france/2012/10/01/aux-origines...61733 : bientôt, si on ne les arrête pas : ils en seront à considérer que les racistes sont de méchantes gens.

Pire encore : ils se sont carrément dotés d’un site dédié à la documentation de ces affolants slogans, visible ici : http://www.noussommeslanation.fr/ . Leur effronterie n’a donc pas de limites ?

Liste non exhaustive.

Et bien sûr : il se trouvera des bien-pensants (pétris de bons sentiments) pour considérer que cette dernière assertion n’est pas fausse, et qu’il y a quelque chose d’un peu répugnant dans l’application que mettent les forgerons de l’opinion à l’entretien quotidien d’une pulsion anti-musulmane

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=...FZZiM

http://www.bakchich.info/societe/2012/10/30/effrontes-m...61891

> Netanyahou "très satisfait de Hollande"

Hollande aurait-il décidé de développer l’antisémitisme en France ?

Selon son entourage, Benyamin Nétanyahou a trouvé François Hollande « exceptionnellement ouvert et réceptif ». Crédits photo : MARTIN BUREAU/AFP

" La « continuité » entre Nicolas Sarkozy et François Hollande sur la lutte contre l’antisémitisme et le nucléaire iranien a été particulièrement appréciée par le chef du gouvernement israélien, note Le Figaro qui rapporte que "Benyamin Netanyahou est très satisfait de son premier contact avec François Hollande".

« Je veux saluer la France pour la fermeté de sa politique à l’égard de l’Iran », a déclaré publiquement le chef du gouvernement israélien à l’issue de son entretien à l’Élysée, mercredi

Sur la question palestinienne, Nétanyahou s’est également déclaré très satisfait. François Hollande s’est borné à déclarer : « Nous avons parfois des divergences, notamment sur la colonisation, que nous souhaitons voir arrêtée, mais nous sommes conscients qu’il n’y aura de paix que par la négociation » Nétanyahou aurait répondu qu’il était prêt à négocier sans condition préalable, mais que c’étaient les Palestiniens qui refusaient de le faire. !

Et à Toulouse ce jeudi, Hollande a cautionné l’amalgame entre juifs et politique israélienne à plusieurs reprises, tandis que Netanyahou, en campagne électorale, n’a pas manqué de rappeler qu’Israël était le seul hâvre de paix possible pour les juifs (!!) et les a appelés à venir s’installer en Israël.

"Cette visite conjointe est un message très fort d’unité contre cette menace qui pèse sur toute l’humanité", a déclaré la présidente en Midi-Pyrénées du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Nicole Yardeni.

Eh oui, on le sait, qui est persécuté actuellement dans le monde entier ?

Hollande, tu nous donnes la nausée. Et ceux qui se demandaient ce qu’était un président "normal" sont aujourd’hui renseignés !

http://www.europalestine.com/spip.php?article7760

> Affaire Merah : tapis rouge pour Netanyahu, défilé de la LDJ et lapsus pour Hollande

Bibi et Flamby, ensemble pour Halloween. La « visite de travail » du Premier ministre israélien en France a révélé plusieurs détails édifiants sur l’état de l’amitié franco-israélienne. Morceaux choisis.

Il y aurait quantité d’analyses à produire sur le chaleureux accueil réservé, mercredi et jeudi, par les autorités françaises à Benyamin Netanyahu. Diabolisation commune de l’Iran, stigmatisation conjointe des « causes-prétextes » derrières lesquelles se cacherait de « l’antisémitisme », silence sur la poursuite de la colonisation israélienne en terre palestinienne ou sur les déclarations officielles relatives à « Jérusalem, capitale unifiée et éternelle d’Israël », traitement de faveur accordé aux victimes juives du tueur de Toulouse-Montauban, transformation outrancière d’un hommage aux morts en meeting pro-Likoud, anesthésie de l’esprit critique chez la plupart des commentateurs audiovisuels, etc, etc : les angles d’approche ne manqueraient pas.

Oumma a préféré vous faire revivre ces deux journées historiques pour la relation franco-israélienne en vous dévoilant plutôt trois séquences-clés en images.

*** La parade de Netanyahu : le leader ultra-nationaliste est salué dès son arrivée par Gilles-William Goldnadel, l’homme censé avoir été visé par la cellule terroriste de Cannes, avant de retrouver François Hollande, un grand ami d’Israël descendu spécialement des marches du perron de l’Elysée. Ensuite, ce seront au tour de Pierre Moscovici, ministre de l’Economie, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, et du Premier ministre Jean-Marc Ayrault de le recevoir, sourire aux lèvres.

*** La Ligue de Défense Juive sans gêne : mercredi soir, au moment où se déroulent des rassemblements anti-Netanyahu à Paris et Toulouse, la LDJ se réunit en toute impunité sur les Champs-Elysées pour témoigner de son soutien au dirigeant israélien.

Le meneur de ce groupe -responsable de plusieurs agressions- entonna d’ailleurs le même slogan religieux que celui déclamé par leur héros, le lendemain, devant François Hollande : « Am Israël Haï ! » (« le peuple d’Israël vivra »).

*** Le lapsus embarrassant de François Hollande : prenant la parole pour rendre hommage aux victimes de Toulouse et Montauban, le chef de l’Etat évoqua un « moment exceptionnel » pour commémorer une « stragédie exceptionnelle ».

La confusion entre les termes « tragédie » et « stratégie » n’est pas insignifiante : la polémique sur les agissements de la DCRI prend actuellement de l’ampleur en raison de la récente découverte, rapportée par Libération, de l’étrange attentisme de la direction centrale du Renseignement pour gérer localement le cas singulier de Mohamed Merah. François Hollande a-t-il eu connaissance, depuis son accession au pouvoir, d’informations contredisant la thèse en vogue, promue par Manuel Valls et Claude Guéant, des « défaillances » policières? Curieusement, son lapsus rappelle celui formulé en mars par François Molins, procureur de Paris, à propos des déclarations de Mohamed Merah qui devaient faire l’objet de « révocations », affirma-t-il dans un premier temps, avant de rectifier aussitôt en précisant qu’il s’agissait en réalité de « vérifications ».

Les bienfaits de la terreur

Une « stratégie » laisse entendre l’existence d’un choix politique et délibéré. Qu’il s’agisse d’un lapsus révélateur ou d’une innocente confusion sémantique, les zones d’ombre de l’affaire Merah persistent. N’en déplaise à Netanyahu, qui n’a eu de cesse, dès l’assaut du RAID, d’exploiter cet évènement dans le cadre de son concept-phare : la « guerre mondiale contre le terrorisme ».

Curieux, cependant, de constater qu’aucun éditorialiste ou élu français n’ait eu la délicatesse de rappeler aux citoyens un élément accablant pour l’image du propagandiste va-t-en-guerre : l’homme accueilli par la France pour déplorer les méfaits terroristes imputés à Merah est le même individu qui avait, à deux reprises, jugé « bénéfiques pour Israël » les attentats du 11 septembre 2001.

http://oumma.com/14646/affaire-merah-tapis-rouge-netany...email

> Lettre à Monsieur le Président de la République Française

Monsieur le Président

Vous avez reçu récemment le Premier Ministre de l’Etat d’Israël, Benjamin Netanyahou. Cela fait partie des échanges internationaux et je ne vous le reprocherai pas.

Mais, si Monsieur Benjamin Netanyahou est le représentant de l’Etat d’Israël, il n’est en rien le représentant des Juifs du monde à supposer qu’il existe un représentant des Juifs du monde, et il me semble important de le rappeler.

Monsieur Benjamin Netanyahou se permet d’appeler les Juifs de France à rejoindre leur "vrai" pays, l’Etat d’Israël. C’est indécent, et pour vous qui êtes le Président de la République Française, et pour les Juifs de France à qui il dénie le droit de vivre dans leur pays.

Mais ce qui est encore le plus indécent, c’est cette visite dans une école juive, Ozar Hatorah, de Toulouse sous prétexte de commémorer un attentant sanglant dont elle a été victime. Que le crime de Merah soit odieux et condamnable, cela ne justifie pas que le représentant d’un Etat étranger vienne, sous prétexte de commémoration, marquer son territoire et rappeler que tout ce qui est juif lui appartient.

Encore plus indécent le fait que vous l’accompagniez pour participer avec lui à ce qui n’est qu’une opération de marquage de territoire. Si Monsieur Netanyahou veut rencontrer les parents et les proches des victimes de l’assassinat de Toulouse, cela ne peut être qu’une visite privée. En l’accompagnant, vous acceptez le sens que Monsieur Netanyahou veut donner à cette visite : "cette école juive, parce qu’elle est juive, est une partie de l’Etat d’Israël" ; comme si c’était Monsieur Netanyahou qui vous recevait chez lui.

Et vous ajoutez à l’indécence en vous engageant, au nom de la France, à protéger la communauté juive de France, oubliant que le rôle de la France est de protéger ses ressortissants, tous ses ressortissants.

Votre philosémitisme, aussi sincère soit-il, a des relents délétères.

Et en reconnaissant le droit, pour le représentant de l’Etat d’Israël, de se présenter comme le représentant des Juifs du monde, vous confortez l’amalgame qui veut faire des Juifs des complices des crimes commis par l’Etat d’Israël contre les Palestiniens.

Je vous prie de recevoir Monsieur le Président de la République Français l’expression de ma colère et de mon amertume.

Rudolf Bkouche

membre de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix) et de IJAN (International Jewish AntiZionist Nerwork).

http://www.ujfp.org/spip.php?article2416

> Le CRIF va-t-il faire la loi en France ?

Une chanson pour Gaza : le Crif pour la censure ?

par Alain Gresh

La liberté d’expression a des limites, tout le monde vous le dira. Il est bien sûr légitime de publier des caricatures du Prophète de l’islam, de conspuer l’islam à longueur de colonnes, de considérer les musulmans comme des « ennemis de l’intérieur » qu’il nous faut dénoncer, en revanche, critiquer Israël devient de plus en plus risqué.

Dans un article publié le 15 octobre sur le site du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) intitulé « Une chanson qui risque de promouvoir la haine d’Israël chez les jeunes », l’auteur prend à partie la chanson « Une vie en moins », du groupe Zebda, dont les paroles ont été écrites par Jean-Pierre Filiu. Il écrit :

« Le premier symbole auquel s’attaque la chanson est la valeur supérieure de la vie dans le judaïsme avec le titre, “Une vie de moins”, qui suggère le peu de cas que les Israéliens feraient de la vie des Palestiniens (comme si une vie de plus ou de moins ne changeait pas véritablement la donne). Ce titre désacralise ainsi l’un des principes fondamentaux du judaïsme en vertu duquel “Celui qui tue un homme tue toute l’humanité”. »

Ainsi donc, les auteurs de la chanson ne sont pas seulement des anti-israéliens, mais des antijuifs, soit des antisémites. Accusation qui devient habituelle contre tous ceux qui critiquent la politique de l’Etat d’Israël. L’auteur de ce texte ne réalise pas (ou peut-être, au contraire, le fait-il délibérément) le danger qu’il y a à assimiler Israël aux principes du judaïsme. L’armée israélienne, qui envahit le Liban en juin 1982, qui réprime par la force les Intifadas, qui attaque encore le Liban en 2006, défend-elle les valeurs du judaïsme ? L’Etat qui a utilisé la torture à grande échelle défend-il la valeur supérieure de la vie humaine ? En le prétendant, l’auteur favorise tous les amalgames entre Israël, le judaïsme et les juifs du monde, pris en otage par une politique dont ils ne portent pas la responsabilité.

Dans l’introduction de l’article, il est précisé que « Richard Prasquier a adressé une lettre à Rémy Pfimlin, président de France Télévisions, à propos de la nouvelle chanson du groupe Zelda “Une vie de moins”. Nous publierons cette lettre dans une prochaine newsletter. » Et le site du CRIF a publié « Incitations à la haine » de son inénarrable président. Ce n’est pas une lettre à France Télévisions ; en revanche dans cet éditorial, l’auteur reproche à la chaîne d’avoir diffusé la chanson. « On pourrait penser, dans le contexte actuel, que chacun dans son domaine prendrait garde à ne pas ajouter de l’huile sur le feu qui flambe de l’antisémitisme. Que non ! Au contraire peut-être. Il convient avant tout de montrer que cet antisémitisme — pardon cet antisionisme, vous demanderez la différence à ceux qui hurlent contre les “yahoud” — est au fond justifié. Et France Télévisions se prête au jeu. Vous avez dit “irresponsable ?”… » Donc, il faut interdire la chanson...

Cette campagne contre Zebda et Jean-Pierre Filiu s’est intensifiée sur toute une série de sites pro-israéliens. Le comble de l’ignominie allant à Sylvie Bensaid de Tribune juive (24 octobre) qui résume la chanson : « Traduisons : Israël, l’occupant qui prend plaisir à piétiner le peuple arabe de Gaza, est un tueur d’enfants. L’accusation des Juifs d’assassiner les enfants trouve ses racines pluriséculaires dans le vieux discours antisémite chrétien, avant de faire les beaux jours du nazisme et d’imprégner aujourd’hui l’islamisme radical. Le martyr Merah, saisissant par les cheveux la petite Myriam Monsonégo, 8 ans, et lui collant le canon de son arme sur le front, rétablit enfin l’injustice faite aux enfants palestiniens. »

Elle ne déshonore que ses auteurs.

Une seule réponse, écouter cette chanson et la diffuser.

http://blog.mondediplo.net/2012-11-02-Une-chanson-pour-...nsure