Yves Bonnet raconte les dessous de l'affaire Abdallah

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Détenu depuis 28 ans, Georges Abdallah, mimitant communiste révolutionnaire libanais, le plus ancien prisonnier politique incarcéré en France vient de bénéficier d’un soutien tardif, et inattendu, celui d’Yves Bonnet , ancien directeur de la DST (Direction de la Surveillance du Territoire), et fondateur du CIRET (Centre International de Recherches et d’Etudes sur le Terrorisme).

Dans un interview daté du 28/12 publié sur le site France 24, ce haut responsable de l’Etat français, qui contribua au montage du dossier judiciaire contre Georges Abdallah, se « confesse » en termes qui ne font plus aucun doute sur ce que dit le comité de soutien et l’avocat de Georges Abdallah. depuis déjà longtemps : « Cette injustice a assez durée, elle a même dépassé les limites du raisonnable, plus rien ne justifie son incarcération, qu’on le mette dans un avion et qu’on le renvoie chez lui au Liban où les autorités sont disposées à l’accueillir...On s’est conduit comme des voyous, la France n’a pas tenu parole... ».

A l’aune des éléments nouveaux apportés par l’ancien directeur de la DST, c’est l’ensemble de la manipulation étatique dont a été la victime Georges Ibrahim Abdallah qui devrait faire l’objet d’une commission d’enquête…

http://www.npa2009.org/content/communiqué-du-npa-george...enfin

Ancien patron de la DST et ancien député UDF, le préfet Yves Bonnet réclame la libération de Georges Ibrahim Abdallah, le plus vieux prisonnier politique de France, détenu à Lannemezan. Il dénonce une « vengeance d'état ». Interview.

Vous étiez le patron de la DST au moment de l'arrestation de Georges Ibrahim Abdallah, en 1984. Que lui reproche-t-on, à l'époque ?

En fait, lorsque nous l'arrêtons, nous ne savons pas qui il est. Mais en garde à vue, il profère des menaces et met en avant son appartenance au service de sécurité de l'OLP. Manque de chance, j'entretiens des relations amicales avec Abou Iyad, n° 2 de l'OLP et je sollicite les Israéliens de l'autre côté. C'est alors que nous l'identifions comme chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises, un groupe marxiste pro-palestinien, responsable d'attentats et ayant tué trois personnes en France. Mais nous n'avons rien de sérieux contre lui, juste une histoire de faux papiers, de détention d'armes et d'explosifs…

Que se passe-t-il alors ?

Au Liban, les FARL sont un groupe résolu, impossible à infiltrer, reposant sur une vingtaine de personnes issues de trois familles de Koubeyat, un village près de Tripoli. Georges Ibrahim Abdallah arrêté, en mars 1985, elles s'emparent de Gilles Sidney Peyroles, directeur du centre culturel français de Tripoli et le fils de l'écrivain Gilles Perrault. On se retrouve donc avec une sale histoire d'enlèvement sur les bras. J'étais au siège de la CIA, à Langley et Paris me demande de rentrer d'urgence. Il faut négocier un échange. Jusque-là, Georges Ibrahim Abdallah est accusé de délits, il n'a pas de crime sur le dos. Les Algériens s'engagent et servent d'intermédiaires, je donne mon accord pour l'échange sans que Pierre Joxe, ministre de l'Intérieur ne s'y oppose. Gilles Peyroles est libéré. Mais malheureusement pour Georges Ibrahim Abdallah, dans le même temps, on trouve dans une planque des FARL l'arme qui a servi à tuer MM. Charles Ray et Yacov Barsimentov et là, le dossier change de dimension, la justice ignorant les tractations et l'accord que j'avais passé avec l'Algérie. Pour Georges Ibrahim Abdallah, on me dit « son compte est bon. » Je me sens très mal parce que j'ai donné ma parole à mes amis algériens qui se sont énormément mouillés dans le dossier et je suis lâché par les politiques.

Condamné dans un premier temps à 4 ans de prison pour la détention d'armes et de faux papiers, Georges Ibrahim Abdallah est ensuite condamné à perpétuité. Cela fait 28 ans qu'il est prisonnier et à plusieurs reprises, vous avez réclamé sa libération. Officieusement, d'abord, officiellement désormais. Pourquoi ?

J'ai un problème de conscience avec cette affaire. La France a trahi la parole donnée et on a voulu faire croire qu'à l'époque, Bonnet avait négocié tout seul. Je trouve cela ignoble car cela revenait à me mettre directement dans le collimateur des FARL. Aujourd'hui, presque 30 ans après les faits, je trouve anormal et scandaleux de maintenir encore Georges Ibrahim Abdallah en prison. Je considère qu'il avait le droit de revendiquer les actes commis par les FARL comme des actes de résistance. Après on peut ne pas être d'accord, c'est un autre débat. Mais il faut se souvenir du contexte, aussi, des massacres de Sabra et Chatilah dont les coupables n'ont jamais été punis. Et aujourd'hui, la France garde cet homme derrière les barreaux alors qu'elle a libéré Maurice Papon ? J'aimerais rappeler aussi qu'on a remis en liberté l'assassin de Chapour Baktiar, qui lui, sur ordre de l'Iran, avait décapité l'ancien Premier ministre au couteau et lui avait coupé les mains. Ce type-là, qui a commis un crime atroce, a été libéré moins de 20 après les faits. Georges Ibrahim Abdallah, lui, est plus mal traité qu'un serial killer alors qu'il a commis des actes politiques.

S'agit-il alors d'une vengeance d'état, contre Georges Ibrahim Abdallah ?

Je pense que oui et c'est absolument lamentable, d'autant plus qu'il a déjà eu un avis favorable de libération localement. C'est Paris qui refuse par rapport à ses alliés. Je demande à ce que la justice m'entende dans ce dossier.

Prison à perpétuité

1982, la guerre du Liban fait rage. Le 18 janvier, l'attaché militaire adjoint des Etats-Unis en France, le lieutenant-colonel Ray, est tué à Paris par les Fractions armées révolutionnaires libanaises. Le 3 avril, Yacov Barsimentov, diplomate israélien en poste à Paris, est aussi victime d'un attentat des FARL. Puis le consul américain, à Strasbourg.

Pour les FARL, qui se revendiquent comme une organisation de résistance, Ray et Barsimentov sont deux officiers de renseignement d'armées d'occupation au Liban. Logique de guerre inacceptable pour la France pour qui il s'agit d'actes terroristes commis sur son territoire.

Le 26 janvier 1987, considéré comme le chef présumé des FARL, Georges Ibrahim Abdallah est condamné à perpétuité, mais sans peine de sûreté, pour « complicité d'assassinats ». En 2004, la Cour d'appel de Pau avait accepté la demande de libération conditionnelle de ce « prisonnier modèle ».

Source : La Dépêche du Midi

Le blog du Collectif pour la libération de Georges ABDALLAH :

liberonsgeorges.over-blog.com

Voir aussi :

http://www.ism-france.org/temoignages/Yves-Bonnet-racon...16481

http://www.lepost.fr/article/2012/01/07/2675285_yves-bo....html

Commentaire(s)

> J'ai hésité à le valider

Sur Indymedia, on accepte que les contributions publiées sous copyleft et parfois en copyright si y'a l'autorisation de l'auteur.

On est pas le relais de médias mainstream comme La Dépêche du Midi.

Je laisse parce qu'ici y'a aussi le communiqué du NPA et le lien vers le blog de soutien à Georges Abdallah mais le mieux si on veut reprendre une partie d'un article mainstream c'est de le citer en complétant l'information, la commentant,....

Si un autre modérateur passe, possible qu'il soit pas du même avis et que l'article soit refusé.

> Les raisons

C'est La Dépêche qui a réalisé cette interview, qui a été reprise par tous les sites militants. Difficile d'en faire abstraction.

Voir sur le site de l'inter :

http://linter.over-blog.com/article-georges-ibrahim-abd....html

ou de "libérons georges"

http://liberonsgeorges.over-blog.com/article-georges-ib....html

L’affaire du plus ancien détenu libanais de France vient d’être remise sur le tapis par Simon Abiramia.

PARIS, d’Élie MASBOUNGI

La toute récente déclaration télévisée du député Simon Abiramia sur l’affaire Georges Ibrahim Abdallah, le Libanais détenu en France depuis 28 ans pour actes de terrorisme, pourrait s’avérer comme étant un croche-pied au président Nagib Mikati attendu à Paris en visite officielle fin janvier.

En évoquant cette affaire – dont il ne s’était probablement jamais entretenu avec des responsables français lors de ses nombreuses visites dans l’Hexagone –, le député de Jbeil pose au chef du gouvernement un cas qui n’avait jamais figuré à l’ordre du jour d’aucun contact officiel franco-libanais et M. Mikati devra, avant son départ pour Paris, définir la position de son gouvernement à l’égard de l’incarcération de Georges Ibrahim Abdallah qui a déjà purgé sa peine et qui subit depuis 1999 des refus répétés de remise en liberté présentée par le célébrissime avocat Jacques Vergès qui vient de faire une déclaration publique dénonçant « l’ingérence des États-Unis dans cette affaire » et affirmant qu’« en tant que partie civile au procès en 1986, le gouvernement américain oppose à la justice française un “veto intolérable” à la libération de son client ».

Malgré la mobilisation permanente, depuis des années de plusieurs comités de soutien français et franco-libanais réclamant son retour au Liban les autorités françaises sont restées muettes sur cette affaire.

L’ancien patron de la DST et ancien député Yves Bonnet vient de réclamer la libération d’Abdallah qu’il qualifie de « plus vieux prisonnier politique de France » en dénonçant une « vengeance d’État », sous la pression des USA et d’Israël.

Dans une interview accordée au site La dépêche.fr, M. Bonnet déclare : « J’ai un problème de conscience avec cette affaire. La France a trahi la parole donnée et on a voulu faire croire qu’à l’époque, j’avais négocié seul sa remise en liberté après avoir terminé sa période de sûreté en 1999. »

Si l’affaire n’était pas évoquée lors des entretiens de Nagib Mikati à Paris, elle risque de faire l’objet de plus d’une question de la presse française à la demande des comités de soutien à Georges Ibrahim Abdallah.

Ces comités, pour la plupart dans la mouvance ultragauchiste, rappellent que les actes qui avaient été commis par Abdallah avaient un caractère politique puisque celui-ci militait au moment des faits au sein des FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises).

Toujours est-il que le chef du gouvernement devrait, selon des milieux franco-libanais proches du Parti communiste et d’autres formations de l’extrême gauche française, se munir d’un solide dossier sur Georges Ibrahim Abdallah pour en répondre le cas échéant. Soit lors de ses entretiens officiels soit au cours de rencontres avec la presse.

Le Premier ministre pourrait toujours, comme l’avaient fait ses prédécesseurs, faire la sourde oreille et rester muet face aux interrogations des associations de soutien à Abdallah qui ne manquent aucune occasion de se manifester lors de visites de personnalités libanaises en France.

Il n’en reste pas moins que cette affaire est actuellement dans une phase ascendante si l’on en juge par l’activité croissante des associations concernées et aussi par le fait que dans une réponse vendredi à la question d’un journaliste lors de son point de presse bihebdomadaire, le porte-parole du Quai d’Orsay a renvoyé la balle... au parquet et au ministère de la Justice.

La communauté libanaise dans son ensemble ne s’est jamais émue du cas de Georges Ibrahim Abdallah, si l’on excepte quelques militants affiliés à des mouvements de gauche. De plus, comme tout prend une connotation communautaire au Liban, certains Libanais de l’Hexagone pensent qu’il faudrait alors évoquer d’autres cas de Libanais détenus dans le monde, notamment pour des motifs politiques et intervenir auprès des instances qui les retiennent.

Né le 2 avril 1951 à Kobeyate (Akkar), Abdallah avait tout d’abord milité dans les rangs du PSNS avant de rejoindre le FPLP palestinien et fonder quelques années plus tard les FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises). Il a été arrêté en 1984 à Lyon et accusé d’avoir participé à l’assassinat le 18 janvier 1982 de Charles Robert Ray, attaché militaire à Paris puis, le 3 avril de la même année des assassinats du diplomate israélien Yacov Barsimentov et du consul américain à Strasbourg Robert Onan Homme.

Des journalistes qui avaient couvert à l’époque le procès de Georges Ibrahim Abdallah affirment qu’il n’a jamais fait le moindre aveu même lors des interrogatoires les plus musclés. Au point de faire dire à Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand : « Il n’est inculpé que de faux et usage de faux pour utilisation d’un vrai-faux passeport algérien... ».

La mobilisation continue. Il est de la responsabilité de tous les militants anti-impérialistes, anti-capitalistes et anti-sionistes de poursuivre activement cette mobilisation, jusqu'à la libération de notre camarade Georges Abdallah.

> Puisqu'on en cause

C'est vrai, ce serait plutôt le choix d'ISM qu'il conviendrait d'interroger. Si l'info de La Dépêche à été reprise par « tous les sites militants ». Pourquoi choisir celui-là particulièrement ? pourquoi ne pas se contenter de mentionner le blog de soutien ? A votre avis ?

> C’est tout bête

ISM EST un site de soutien à Georges Abdallah parmi d’autres, et c’est le premier à avoir diffusé l’information, qui a d’abord circulé entre militants.

On ne peut donc que les remercier de leur soutien, même si certains ne pensent qu’à les censurer. Grosse différence entre tous ceux qui soutiennent un militant révolutionnaire, quelle que soit leur tendance, et ceux qui aimeraient prolonger la conspiration du silence sur cette vengeance d’Etat.

On attend des commentaires un peu plus courageux pour dire ce qu’ils pensent de Georges et de son combat au lieu de le dénigrer sournoisement à travers les sites qui le soutiennent.

> demande de décodage svp...

Pourquoi faut-il s'interroger sur le choix d'ISM ? C'est quoi ISM ?

> qui le premier ?

le premier est bien sans doute le NPA à en avoir parlé. Mais ensuite, ça a été "La Dépêche" , qui publie un entretien avec Bonnet.

http://www.ladepeche.fr/article/2012/01/07/1255561-yves....html

L'article a été repris par ISM et Le Post qui citent d'ailleurs La Dépêche comme source.

Des fois, il faut rétablir les sources.

> Lambda zéro

Les PREMIERS, c’est FORCÉMENT ceux qui ont FAIT l’interview, c-a-d La Dépêche, et pas ceux qui la commentent ! :-)))

Et de toute façon on n’en a rien à cirer. L’important, c’est le soutien à Georges, et c’est là qu’on distingue les militants des trolls.

Pour ne pas mourir idiots :

Qui est Georges Ibrahim Abdallah ?

http://www.archive-host.com/files/1156942/29b72e7b8387d...h.pdf