25 Novembre 2011 Iran nouvelle lettre du collectif des mères du parc Laleh au rapporteur de l’Onu.

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25 Novembre 2011 Iran nouvelle lettre du collectif des mères du parc Laleh au rapporteur de l’Onu.

Les Mères du parc Laleh sont un collectif de mères Iraniennes qui s’inspirent du collectif des mères de prisonniers politiques d’Argentine qui luttaient contre la dictature de Videla dans les années 70-80 et qu’on appelaient « les folles de la place de mai ». Ce sont des mères dont les enfants ont perdu la vie pour avoir participé à des marches de protestations ou des millions de gens s’étaient simplement mis à protester contre les résultats des dernières élections présidentielles Iraniennes du 12 Juin 2009. A leurs protestations pacifiques le régime de Khamenei et Ahmadinejad à répondu en ouvrant le feu en tirant directement sur les manifestants, des protestations à la suite desquelles de centaines de personnes ont été torturés, tabassées, et tuées et ou des milliers d’autres de ces personnes sont encore emprisonnées pour des dizaines d’années et pire pour certaines d’entre elles ont étés condamnés à la peine capitale comme « Moharebeh » ou « ennemis de dieux » .

Les Mères du parc Laleh sont les mères de tous les prisonniers politiques et tous ceux qui ont été emprisonnés pour leurs convictions et leurs activités civiles, ce sont les mères de tous les prisonniers inconnus qui ont été tués, torturés, violés et qui sont victimes de longue peines de prison. Les Mères du parc Laleh sont les mères de ceux qui ont perdu leurs vies dans ces 33 dernières années de dictature en Iran. Ces mères n’abandonneront jamais la lutte pour obtenir justice pour leurs enfants et leurs proches qui ont péri. Les Mères du parc Laleh demandent que les hauts responsables gouvernementaux Iraniens, qui ont commis des exécutions individuelles et de masse, des massacres politiques ethniques et religieux, des emprisonnements, des raids de police accompagnés de brutalités, des tortures, viols et assassinats, depuis les années 1980 à nos jours, soient jugés pour être traduits en justice.

Les Mères du parc Laleh sont les mères de tous les jeunes de la terre qui ont été arrêtés par les forces répressives de sécurité, ce sont les mères de tous ceux qui ont disparus et dont il n’existe aucune trace à ce jour. Les Mères du parc Laleh sont les mères de tous ces blessés dans les événements des années écoulées. Et qui par conséquent sont aux prises avec une vie atroce marquée par l’invalidité.

Les Mères du parc Laleh considèrent les exécutions en Iran comme une forme d’assassinat d’état organisé, elles sous contre toutes ses formes de tortures y compris la lapidation et la loi du Qessas( la loi du un œil pour un œil en version Iranienne Ndr). Le collectif des Mères du parc Laleh demandent l’abolition immédiate et sans conditions de la peine de mort en Iran comme dans tous les pays qui la pratiquent encore dans le monde.

Les Mères du parc Laleh, qui elles-mêmes ont étés et continuent d’être victimes de violences et des discriminations commise contre les femmes Iraniennes, demandent à toutes les mères du monde entier de soutenir toutes les activités non-violente et égalitaires pour vivre enfin dans un monde de valeurs humanistes universelles.

- Ceci est la déclaration du collectif des mères Iraniennes du parc Laleh de leurs sympathisantes à l’étranger, écrite ce 25 Novembre 2011 pour la Journée internationale pour l’élimination des violences faites contre les femmes a Ahmed Shaheed le rapporteur des Nations Unies sur les questions des droits de l’homme en Iran.

- Faisons de la Journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes une occasion de défendre toutes les femmes prisonnières politiques et de consciences en Iran. Ce jour du 25 Novembre 2011 a été marqué comme une nouvelle journée internationale de lutte contre la violence contre les femmes sous toutes ses formes. Cette journée a été choisie pour nous rappeler de toutes les catastrophes qui se passent encore en Iran et dans le monde et qui devraient être évitées.

Cher Ahmed Shaheed.

La date est venue de se rappeler de l’enlèvement, des viols et des assassinats brutaux des sœurs Mirabal en 1960 en République dominicaine, par les soldats du dictateur militaire du pays, Rafael Trujillo. Les trois sœurs, Patricia Mercedes Mirabal, Bélgica Adela « Dédé » Mirabal-Reyes et Maria Argentina Minerva Mirabal, furent assassinées aux côtés de leurs maris dans le cadre du « mouvement du 14 Juillet », elles luttaient contre la dictature de Rafael Trujillo dans une zone près de Santiago.

Aujourd’hui, les sœurs Mirabal, sont connues comme ayant étés « Les Sœurs Papillons » (The Butterfly Sisters), elles sont considérées à travers le monde comme des symboles de la résistance contre les dictatures . Cette journée mondiale d’actions du 25 Novembre a d’abord été appelée par nos amies les féministes d’Amérique latine comme le jour pour combattre les violences faites contre les femmes et dix ans plus tard, l’Assemblée générale des Nations Unies avec une résolution votée le 17 Décembre 1999 a désigné cette journée du 25 Novembre, comme La Journée internationale pour l’élimination des violences contre les femmes,

La violence contre les femmes, en plus de la violence coloniale, est de plus en plus répandue a travers notre monde, chaque jour qui passe nous montre des formes de viols collectifs, le trafic, de l’immigration forcée, la terreur d’Etat, le harcèlement politique contre des activiste religieux, politiques ou de conscience, des arrestations et des assassinats de femmes activistes en Afghanistan, en Irak, au Congo, en Somalie, en Bosnie et dans d’autres parties du monde.

En Iran, dans un pays où la moitié de sa population ne sont pas reconnues comme des êtres humains a part entières par la loi et la tradition, la principale forme de violences faites contre les femmes est et reste la discrimination sexuelle et la ségrégation.

La lapidation, dont la majorité de ses victimes sont des femmes, les viols , le harcèlement sexuel et l’intimidation dans les prisons, les meurtres d’honneur, l’excision, la vente et l’achat de jeunes filles et des femmes, la polygamie encouragée pour et par les hommes, la promotion dans notre pays de cette forme légale de prostitution déguisée et hypocrite que nous nommons la prostitution Sigheh (une forme de contrat de mariage temporaire de la « république islamique » ou un homme et une femme peuvent se marier quelques heures, jours ou mois Ndr) , ou la femme ne vaut qu’un demi-homme selon le « droit pénal » de la « république islamique », les lois injustes sur les héritages, le témoignage juridique d’une femme qui vaut moins que celui des hommes, les droits de divorce et de gardes des enfants systématiquement avantagés pour les hommes , le salaire inégal pour un travail égal, le port forcé du voile sous peine d’amende et de prison… sont autant d’indications des conditions brutales que vivent quotidiennement les femmes en Iran.

En Iran, les femmes ont souffert de nombreuses tortures, de harcèlements, de viols et meurtres. Les femmes détenues ne doivent pas seulement supporter les difficultés de la prison, mais elles doivent faire face à des humiliations supplémentaires commises par leurs interrogateurs et bourreaux, la société et leurs familles aussi. Les prisons Iraniennes c’est tuer des femmes enceintes, c’est violer les jeunes filles vierges avant leur exécutions, c’est aussi l’emprisonnement des femmes avec leurs enfants mineurs, c’est les contraintes de porter le voile islamique y compris a l’intérieur d’une cellule quand on est détenue, c’est pour les femmes Iraniennes la torture barbare qui mène souvent au cercueil, c’est la torture psychologique afin que les prisonnières se sentent coupables et soient obligées de se repentir publiquement, c’est le lavage de cerveau en essayant de faire que les prisonnières se sentent coupables des raisons de leur séparations d’avec leur familles , c’est forcer les femmes de vivre et a supporter l’intimité sexuelle avec leurs interrogateurs et bourreaux , c’est des prisonnières qui se suicident à cause du fait d’être maintenues dans l’isolement, c’est la torture des épouses et des mères pour obtenir des informations sur d’autres membres de leurs familles .C’est tout ces assassinats de prisonniers et prisonnières politiques qui sont inscrits dans le passe de la « République islamique » d’Iran depuis sa création. Avec les cas de nos amies et sœurs assassinées comme , Zahra Kazemi, Zahra Bani Yaghoub, Shirin Alamholi, Parvaneh Forouhar, Neda Agha Soltan, Shabnam Sohrabi et Haleh Sahabi qui sont parmi les femmes harcelées, torturées et tuées de la manière la sanguinaire et plus brutale qui soit par ce régime.

Les femmes d’Iran non seulement n’ont pas accès à l’égalité des droits humains, culturels, sociaux, politiques et civiques, mais elles sont arrêtées, brutalisées et mises en prison quand elles se battent pour la défense de ces droits naturels. Ce sont des Mères de familles, des avocates, des écrivains, des militantes féministes des journalistes et des artistes qui sont actives dans la défense du droit des femmes et des droits de l’homme ; qui sont harcelées par ce régime anti-femme chaque jour des dizaines d’entre elles sont maintenant détenues dans les prisons dans les pires conditions humaines. Ce groupe comprend des militantes telles-que Nasrin Sotudeh, Bahareh Hedayat, Behriyeh Golroo, Zeynab Jalalian, Fariba Kamalabadi, Mahvash Sabet, Fereshteh Shirazi, Alieh Eghdam, Doost et Mahboobeh Karamé.

Aussi les mères du parc Laleh et les Mères du cimetière de Khavaran qui regroupent les familles des personnes tuées dans les terribles massacre des prisonniers politique de années 1980 et leurs partisanes sont constamment, harcelées, humiliées ou attaquées puis mises en prison uniquement pour le fait d’avoir demandé justice, depuis certaines d’entre elles ont pu obtenir d’être libérées sous caution pendant une courte période, mais elles sont toujours sous la menace d’êtres à nouveau renvoyées en prison avec de lourdes peines.

- En ce moment, deux des partisanes des mères en deuil, Leila Karam Seifalahi et Jila Zadeh Makondi, sont en danger de subir des peines injustes . Elles ont été arrêtées à plusieurs reprises en 2009 et ont passé 34 jours en prison. Après leurs dernières arrestations elles ont chacune étés libérées avec une caution de 5000 0000 de Tomans. Le tribunal en audience préliminaire les a ensuite condamnées successivement toutes les deux à 4 ans de prison sans possibilité le mise en liberté conditionnelle ,et la cour d’appel les a condamnés ensuite chacune à 2 ans de prison sans possibilité le mise en liberté sur parole assortie de 2 ans avec mise en liberté sur parole ,il leur reste une possibilité de révision de leur procès dans les 5 années. Mais pour cela elles doivent cependant faire parvenir une demande officielle à la prison d’Evin dans les 20 jours, selon les lettres envoyées à leurs garants début Novembre 2011.

Mansoureh Behkish l’une des partisanes du mouvement des mères de deuil, dont la sœur et le beau-frère et quatre de ses frères ont été exécutés dans les années 80 pour leurs activités politiques, a été interrogée, intimidée et emprisonnée à plusieurs reprises pour le simple fait de demander a obtenir justice. En 2009, elle a été forcée à quitter son emploi et le 17 Mars de cette année, son passeport lui a été confisqué à l’aéroport et on lui a interdit de quitter le pays. Elle a passé un mois en prison après son arrestation puis libérée sous caution. Sa date d’audience est fixée pour le 4 Janvier, 2012.

Akram Neghabi, un autre partisane du mouvement des mères de deuil a été arrêtée plusieurs fois, elle a passé deux mois en prison lors de sa dernière arrestation et a obtenue une libération sous caution. La cour l’a convoquée le 31 Octobre 2011 et elle est toujours en attente de son jugement. Son fils Saied Zeinali avait été arrêté à son domicile le 14 Juillet 1999 et envoyé dans un lieu de détention inconnu, sa famille n’a toujours pas reçu de nouvelles de lui depuis ces longues années. Il existe d’autres partisanes du mouvement des mères en deuil dans des situations semblables qui sont en attente de leur dates d’audiences.

Nous, les partisanes des mères du parc Laleh, en solidarité avec toutes les femmes courageuses , qui défendent les droit des femmes partout dans le monde ,nous condamnons fermement les violences faites contre les femmes comme les violences commises contre les droits humains. Nous les partisanes des mères du parc Laleh, faisons la demande de la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers et en particulier de toutes les femmes qui sont des prisonnières politiques. Nous exigeons l’annulation de toutes les condamnations émises par les cours judiciaires de notre pays et l’élimination de toutes les violences commises contre les femmes en Iran.

Les Mères du Laleh Park sont la voix de toutes les victimes de la « République islamique » d’Iran de ces 33 dernières années de dictature, elles demandent la liberté de tous les prisonniers politiques- et de consciences l’abolition de la peine capitale et ne se reposerons pas jusqu’à ce que tous ceux qui ont ordonnés et exécuté ces crimes dans ce pays soient jugés et traduits en justice par un tribunal international ouvert et transparent. Avec la solidarité et de l’organisation, laissez-nous faire de la lutte des femmes dans le monde un mouvement progressiste contre la violence.

Les Mères du parc Laleh 25 Novembre 2011 avec nos sœurs et amies.
- Les partisanes des mères du parc Laleh – Oslo
- Les partisanes des mères du parc Laleh – Italie
- Les partisanes des mères du Laleh Park – Dortmund
- Les partisanes des mères du parc Laleh – Francfort
- Les partisanes des mères du parc Laleh – Colon
- Les partisanes des mères du Laleh Park – Los Angeles / San Fernando Velly
- Les partisanes des mères du parc Laleh – Vienne
- Les partisanes des mères du parc Laleh – Hambourg
- Les partisanes des mères du parc Laleh – Nuremberg
- Les partisanes des mères du parc Laleh – Genève

Site Internet des Mères du parc Laleh.

http://www.madaraneparklale.org/

D’autres informations sur l’Iran en français

http://www.iranenlutte.wordpress.com/

http://www.soliranparis.wordpress.com/

http://www.iran-echo.com/