Violente intervention policière au Centre Culturel Libertaire de Lille

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Violente intervention policière au Centre Culturel Libertaire de Lille
Le Centre Culturel Libertaire (CCL) de Lille est le point de ralliement incontournable des anarchistes lillois, qu'ils soient organisés ou autonomes. Le groupe le plus important rattaché à ce lieu est le Groupe Des Anarchistes de Lille et Environs (GDALE), autrefois affilié à la FA et aujourd'hui à la CGA.
Mais depuis quelques années, deux petits groupes autonomes se sont formés en dehors des organisations "traditionnelles" : l'un sous la forme d'une "organisation ouverte à tous" nommée Turbulences Sociales (TS), l'autre sous la forme d'un collectif publiant le journal La Brique. Ces groupes rassemblent des éléments prolétariens à l'esprit très ouvert, dans une dynamique de prise de distance avec les organisations gauchistes, notamment sur la question nationale. Lors du mouvement social de cet automne, certains d'entre eux ont été des éléments moteurs de « l'AG de lutte de Lille », qui continue aujourd'hui de rassembler chaque semaine des éléments de tous horizons pour tirer le bilan de la lutte, des actions menées et tracer des perspectives.
C'est lors d'une soirée de soutien au journal La Brique qu'une violente intervention policière a eu lieu au CCL où se déroulait l'évènement. Vers 4h du matin, un « tagueur » poursuivi par la police s'est réfugié dans l'entrée du CCL. Les policiers ont alors pénétré brutalement dans les lieux, provoquant la réaction évidente des personnes présentes qui n'avaient aucun lien avec la course-poursuite extérieure. Les renforts du commissariat voisin n'ont pas tardé et c'est alors à une incroyable démonstration de force que les flics se sont livrés : 53 personnes interpellées et placées en garde à vue jusqu'au lendemain ; certains risquent peut-être des poursuites pour « bourre-pif » à agent. L'intervention s'est accompagnée de dégradations et de perquisition au CCL avec saisie de matériel politique.
Nous publions ci-dessous les deux communiqués de La Brique et de Turbulences Sociales publiés quelques jours après les événements, et nous nous associons à leur indignation face à cette violence démesurée qui sonne avant tout comme un avertissement à tous les prolétaires qui refusent aujourd'hui de subir les attaques incessantes de la bourgeoisie et s'engagent dans une réflexion collective pour mieux comprendre la dynamique du système et mieux s'y opposer.
Nous exprimons notre totale solidarité aux militants victimes de ces violences et saluons leur réaction responsable.

Le CCI.

Communiqué de La Brique à propos de la soirée du 14 janvier au CCL

Vendredi 14 janvier, au cours de la soirée de La Brique qui se déroulait au Centre Culturel Libertaire (CCL), une altercation a servi de prétexte à un exercice de harcèlement grandeur nature : 53 personnes arrêtées, plus de 15h de garde à vue, jamais on n’a autant « embarqué » d’un coup. Rétablissons la vérité face aux versions policière, journaliste et fasciste qui circulent à propos de cette soirée.
On organise une fête hip-hop. Le début de soirée se passe bien. Les DJ et les rappeurs assurent, l’ambiance est bonne. Au delà des habitué-e-s du lieu, plein de personnes viennent pour la première fois. À l’extérieur, une banale embrouille comme on en voit tous les week-ends dans n’importe quel bar ou discothèque débouche sur l’arrivée de deux flics qui, comme à leur habitude, font dégénérer la situation en voulant embarquer des gens au hasard. La lacrymo est utilisée une première fois. Tout le monde se retranche dans le CCL. En bas, la fête continue. Certains ne sont toujours pas au courant de ce qui se passe en haut.
Avec une étonnante rapidité, les flics se jettent comme des enragés sur les lieux et assiègent le local fébrilement barricadé. Pour nous faire sortir, ils envoient du gaz lacrymogène par les extrémités de la porte d’entrée et par une fenêtre qu’ils ont cassée. L’atmosphère devient irrespirable. Asphyxiées, les premières personnes tentent de sortir mais sont directement frappées à coups de tonfa, jetées à terre, insultées, menottées. Les flics regazent un coup alors que l’on continue de sortir. L’intervention est d’une brutalité hallucinante. Nous sommes ensuite embarqués dans les fourgons, et on se retrouve toutes et tous dans les geôles du commissariat central de Lille-Sud. À ce moment, l’incompréhension est totale. Les flics se défoulent. La violence atteint des sommets tristement ordinaires dans les geôles de France : injures racistes, sexistes, homophobes, humiliations, coups, mauvais traitements, pas d’eau ni d’alimentation pendant des dizaines d’heures, non assistance aux personnes évanouies ou suffocantes…
Au départ, le « pronostic vital » d’un flic serait engagé. Comme à leur habitude, les larbins de la presse régionale s’empressent de relayer la version policière, trop contents de semer le doute sur un graffiti « à caractère raciste et injurieux », et de taper sur notre journal et le CCL. Aucun policier n’« a été entraîné de force dans les locaux et molesté ». Au final, un flic serait en état de choc, sans même un ongle retourné. Conclusion : 53 arrestations, deux procès pour « jets de projectiles » et « violences sur agent »… pour rien.
Tous ces faits ne sont pas si exceptionnels. Surtout ici, à Wazemmes, dans ce quartier populaire et vivant, attaqué depuis quelques années par une entreprise de « nettoyage social » menée conjointement par les flics, les urbanistes, la mairie et ses supplétifs sociaux. Le Centre Culturel Libertaire (CCL) fait partie des indésirables qu’il convient de faire déguerpir. Tout comme le raid policier organisé rue Jules-Guesde il y a quelques mois, ce qui nous est arrivé vendredi soir est malheureusement récurrent à Wazemmes et dans les autres quartiers populaires lillois. Il s’ajoute à une présence policière continue dans le quartier et aux contrôles d’identité intempestifs…
Moins banal en revanche, c’est la rafle, le fichage, la rétention de plus de 50 personnes d’un seul coup, la réquisition d’affiches, brochures et littérature au sein d’un lieu politique. C’est dans un but politique, de contrôle et d’intimidation que cette opération a été menée. Bien évidemment, nous apportons tout notre soutien aux inculpés. Mais nous témoignons également notre soutien total aux personnes du quartier qui pourraient s’estimer blessées par des tags idiots1, pour lesquels le CCL et La Brique déclinent toute implication.
Pour finir, le collectif de La Brique aurait un conseil à donner à celles et ceux que ça ne dérange pas de colporter l’image d’un collectif qui ne prendrait pas la mesure, voire qui en rajouterait, dans le racisme ordinaire et la guerre entre les pauvres : apprenez à lire et demandez-vous à qui servent ces amalgames trop faciles. Bien sûr, et comme tout le monde, on n’est pas sauvé-e-s de certains déterminismes sociaux. Et on est prêt-e-s à en discuter. Mais surtout, vous observerez dans nos pages qu’on a toujours défendu les enfants de colonisés stigmatisés par l’État et une presse aux ordres, qu’on s’est toujours positionné du côté des femmes – voilées ou non, des quartiers populaires, des victimes de bavures, des émeutiers, des engeôlé-e-s, des vandales, des crève-la-dalle…
Encore une fois : plus de hip-hop et moins de flics – dans la rue des Postes comme dans toutes les autres.

Allez, salut.

Communiqué de Turbulences Sociales suite à la répression policière de vendredi soir au CCL

Turbulences Sociales affirme sa complète solidarité avec toutes et tous les interpellé-e-s dans la nuit de vendredi à samedi au Centre Culturel Libertaire lors de la soirée de soutien au journal La Brique. Profitant d’incidents ayant eu lieu aux alentours du CCL, la police a comme à son habitude tabassé, gazé, insulté et humilié nos camarades détenu-e-s dans des conditions dégradantes sans possibilité d’uriner, de boire ou de manger pendant de trop longues heures. Nous dénonçons les violences et les humiliations sexistes, racistes, antisémites et homophobes dont ont été victimes nos camarades. Nous voulons pointer du doigt le comportement de la police : dans les cellules lilloises, les inculpé-e-s ont subi une véritable torture physique et psychologique. Violences multiples, coups, insultes, la rage aveugle de la police s’est abattue sur les gardé-e-s à vue pendant 17h.
Turbulences Sociales dénonce la tentative de manipulation impulsée par la police et reprise sans retenue par la presse régionale visant à faire passer les libertaires lillois-es pour les auteurs de tags présentés comme islamophobes. Depuis sa création, le CCL accueille des organisations engagées dans les luttes antiracistes et agissant contre la stigmatisation des musulmans. La Voix du Nord et autre Nord Eclair, bien loin de la déontologie journalistique, préfèrent colporter, sans la vérifier, la parole des représentants policiers. Nous condamnons sans réserve leur volonté de faire de l’événementiel plutôt que de l’information.
Liberté pour tous et toutes les inculpé-e-s, ACAB !

1[Note de La Brique] Pour que les choses soient claires, un individu pose depuis plusieurs années « cochon » sur tous les murs de la métropole, y compris ceux de magasins tels que les kebabs ou autres épicerie arabes. Une signature salement inopportune dans une société raciste qui stigmatise sans relâche les musulman-e-s

www.internationalism.org

Commentaire(s)

> récupération à tous les étages

presque un mois après les évènements, le CCI se fend de quelque "solidarité"

Sauf que c'est bien tardif, pour une organisation qui fait ses réunions à quelques centaines de mètres du CCL

Cela va bien faire rire certains des camarades du CCL et de La Brique

D'ailleurs, il est remarquable que ce "soutien" ne soit même pas publié sur Indymédia Lille

Mais, bon, que le CCI se réveille n'est pas un mal en soi

Peut-être en feront-ils le thème d'un "débat" à la MRES, rue Gosselet ?

"Ces évènements posent question. Quel lien y a-t-il entre eux et les nombreux mouvements sociaux de par le monde en réaction à l’aggravation de la crise économique et aux plans d’austérité ? Quel avenir pour ces révoltes ? Quelle solidarité apporter ?

C’est de tout cela dont nous vous invitons à venir débattre !"

> copie à refaire

en fait, le communiqué du CCI a bien été mis hier sur Indymédia Lille

Je ne l'avais pas vu, et pour cause : il a été refusé par le collectif pour "fausses informations"

http://lille.indymedia.org/spip.php?page=refus

"Violente intervention policière au centre culturel libertaire de lille 6 février 2011 Fausses informations "Vers 4h du matin, un « tagueur » poursuivi par la police s’est réfugié dans l’entrée du CCL. " (et y a pas que celle là qui est fausse...)"

Ce serait donc mieux de revoir la copie : tous les détails pour produire une information honnête sur sur Indymédia Lillle

La situation est bien assez problématique, la moindre des choses est de respecter les faits et circonstances

Le moindre des problèmes n'est pas la prétendue "révélation" des groupes composant le CCL : cette information n'est pas publique, elle est fausse, c'est du travail de basse police qui peut mettre en danger des camarades

Pour info, La Brique n'est pas au CCL

Comme son nom l'indique, le CCL, c'est Centre Culturel Libertaire

> Sur les deux commentaires précédents :

On va bien mettre les choses au point avec les deux commentaires ci-dessus, qui ne sont comme d'habitude lorsque c'est le citoyen Bardet qui les écrit qu'un tissu de déformations et de calomnies.

Seul le chapeau de l'article est du CCI, qui ici n'a fait que REPRENDRE les communiqués des deux organisations anarchistes dont il est question. Chacun pourra se reporter au site de la Brique

http://labrique.net/numeros/numero-25-janv-fev-2011/art...ropos

pour vérifier que ce n'est pas le CCI qui a inventé l'épisode du tagueur. Lui attribuer de « fausses informations » est donc pour le moins faux !

Quant à accuser le CCI de « faire un travail de basse police », je cite, je ne vois pas bien ce qui peut accréditer cette accusation PUANTE : M. Bardet prend visiblement les flics pour des andouilles, et nous avec ! Comme si, après l'intervention de l'autre soir, la police ne savait pas exactement qui est quoi au CCL !

D'autre part, et pour répondre sur le même ton, il faudrait demander à M. Bardet de bien vérifier quel est le travail des syndicats et de la CGT à laquelle il appartient dans les mouvements sociaux. Il y a d'ailleurs assez de textes sur les Indymedia dénonçant le travail de police sociale des syndicats pour démontrer que la « basse police » n'est pas là où M. Bardet la met !

Qu'un texte de solidarité du CCI fasse rire certains individus, c'est probable ; mais il est certain que beaucoup des ricaneurs rient jaune de voir des marxistes se reconnaître des points communs avec certains éléments du milieu libertaire. Ce n'est de la « récupération » que pour des gens qui n'ont pas d'autre façon de fonctionner et de réfléchir : chez les politiciens bourgeois ou les syndicalistes officiels, l'important n'est pas le débat d'idées, mais combien ils ont réussi à attirer d'adhérents ou d'électeurs, du moment qu'ils font nombre. Ça n'a rien à voir avec la façon dont le CCI présente sa solidarité, pas plus d'ailleurs qu'avec la façon dont elle est comprise par ceux à qui elle s'adresse !

La « récupération » n'a rien à voir avec les révolutionnaires ; ce sont les principes politiques qui les intéressent. En quoi les deux précédents commentaires font-ils avancer la réflexion et les luttes sociales ? On aimerait le savoir...

> qui est aux manettes ?

je ne suis pas intervenu sur Indymédia Lille, et n'en suis pas modérateur

Dans le premier commentaire, j'ai fait une erreur, reconnue dans le second

Ce n'est pas moi qui accuse le CCI de mensonges, mais bien ceux qui ont vécu les évènements

J'en tire les conclusions qui s'imposent

Que le CCI se fasse le relai des accusations policières lues dans la Voix de Patrons et dans un article censuré sur Indymédia Lille, issu de la police, , voila qui va surement les rapprocher des libertaires mais pas seulement qui fréquentent de temps à autre le CCL

Personne ou guère n'en est dupe

Mieux encore, qu'il se fasse l'écho de bruits de chiottes, moi, ça me faire doucement rire

Qu'il tente de se couvrir en publiant en appui les communiqués de La Brique en fera rire plus d'un

Que le VSGCI, qui n'a vraisemblablement vécu aucun des évènements et ses suites, ni de près ni de loin, fasse sa diatribe personnelle habituelle pour détourner le problème

Enfin, comme ce "communiqué" du CCI n'est plus visible sur Indymédia Lille, et que peu certainement ont eu le loisir de le lire, je me ferai un plaisir de le rediffuser à quelques militants libertaires et autres, notamment aux concernés

Comme ce n'est pas mon genre de censurer, je donnerai le propos intégral, sans aucun commentaire : le texte suffit

> verité

C'est le CCL qui ment.

Il y a bien eu un tagger ("cochon") qui poursuivit par les flics s'est réfugié dans le centre.

Donc la vraie question est pourquoi le CCL n'assume pas

> la vérité si je mens

ben ils n'ont jamais dis qu'il n'y avait pas de tag. et ce n'est pas le ccl qui a taguer donc pourquoi ce lieu devrait assumer un act d'un individu ?