BOLIVIE : LA TREVE TOUCHE A SA FIN

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Les syndicats et les organisations sociales et populaires de Bolivie perdent patience envers le président Carlos Mesa.
Editorial d'Indymédia Argentine (http://argentina.indymedia.org)

Le message présidentiel du 4 janvier dans lequel il annonce de nouveaux sacrifices et plus de charges économiques pour le peuple, a généré de la gêne et du mal être dans les secteurs populaire, qui finissent par se convaincre que la trêve qu'ils lui ont concédée il y a deux mois et demi pour qu'il abandonne le néolibéralisme et impulse la re-nationalisation du gaz et du pétrole n'a pas été utile.
"Mesa n'a rien apprit pendant cette période. Il n'a rien apprit de ce qui s'est passé en octobre (quand une révolte populaire a renversé le président d'alors, Gonzalo Sánchez de Lozada). Mesa continue à maintenir le modèle économique qui a appauvri la Bolivie et a créé de grands niveaux de corruption", a lancé le dirigeant de la Centrale Ouvrière Boliviène (COB), le mineur Jaime Solares, un des principaux leaders de la révolte sociale d'octobre.
"Le peuple a lutté pour l'abrogation de la Loi sur les Hydrocarbures, du décret 21060 (qui libère le marché) et de la Loi de retraite, mais Mesa insiste pour les maintenir", a-t-il ajouté en convoquant les secteurs des travailleurs pour qu'ils s'organisent pour les futures luttes pour leurs revendications.
"Les travailleurs devons être en alerte et organiser une protestation sociale contre un gouvernement qui ne fait pas autre chose que de regretter ce qui se passe dans le pays", dit-il en commentant le message présidentiel dans lequel il est question de nouveaux sacrifices pour le peuple, la validité de la lutte frontale contre la coca et d'un accord de libre commerce avec les Etats-Unis, politiques considérées comme contraires aux demandes populaires.
Sur le même ton critique, un autre des leaders de l'insurrection populaire d'octobre, le dirigeant de la Centrale Ouvrière de El Alto, Roberto de la Cruz, a affirmé que "Les mobilisations d'octobre ont eu lieu pour changer le modèle économique et pour l'abrogation de la Loi des Hydrocarbures et non pour la modifier, mais lamentablement Carlos Mesa est la continuation de Sánchez de Lozada". Il a informé que dans les prochaines heures il convoquerait une ample réunion de dirigeants pour évaluer la situation politique et sociale du pays et adopter des mesures contre le gouvernement.
Des réactions similaires se sont produit dans le reste des organisations sociales et syndicales. A Potosi, le dirigeant paysan Teodoro Mamani a interrogé par exemple la proposition de Mesa de convoquer en mars un référendum pour décider si on exporte ou non le gaz. "Il n'est pas nécessaire maintenant de réaliser un référendum parce que le peuple a déjà donné son opinion en octobre en demandant que le gaz redevienne la propriété des boliviens et non des transnationales ".
"Il y a de l'orgueil de la part du président", a ajouté le dirigeant paysan, en accord avec le représentant de la COB de cette région. "Le message présidentiel a démasqué Carlos Mesa, qui n'obéit qu'aux consignes du Fonds Monétaire International (FMI)", a signalé Freddy Gutiérrez, dirigeant de la Centrale Ouvrière de Potosí.
A Cochabamba, dans le centre du pays, le dirigeant de la Coordination de Défense du Gaz, le manufacturier Oscar Olivera a dit que Mesa ne voulait pas changer la politique économique. "Ce message ne va pas dans le sens d'une solution aux problèmes politiques et économiques".
A La Paz, le dirigeant du magisterio urbano José Luis Alvarez a qualifié de démagogique le message présidentiel parce que on continue à demander des sacrifices au peuple pour avantager les transnationales. "En Bolivie, celui qui gouverne est l'Ambassadeur Nord-américain, nous n'avons pas de gouvernement souverain qui puisse résoudre nos problèmes. Mesa continue avec la politique et les messages des présidents antérieurs en exigeant des sacrifices aux travailleurs pour que les transnationales continuent à s'enrichir en contre partie de notre misère. Carlos Mesa a raison quand il dit que l'Etat capitaliste s'est cassé, si on ne modifie pas la politique néo-libérale nous allons continuer à avoir faim", a-t-il dit pour soutenir que la solution à la crise fiscale dont souffre la Bolivie ne passe pas par plus de sacrifices du peuple mais par l'expropriation des entreprises transnationales qui opèrent dans le pays.
Depuis la campagne, le dirigeant de la Confédération Syndicale Unique des Travailleurs Paysans de Bolivie (CSUTCB), le "Mallku" Felipe Quispe a annoncé des mobilisations à partir du 20 janvier si Mesa ne répond pas aux demandes sectorielles. "Le Président demande des sacrifices aux travailleurs et non aux grands chefs d'entreprises qui gagnent parfois plus que le propre président (...) Il doit régler les 72 points qu'a établi la CSUTCB ou dans le cas contraire il y aura plusieurs mobilisations".
Parmi les cocaleros, la réaction n'a pas non plus tardé. A La Paz, le député cocalero et chef du Mouvement au Socialisme (MAS), Evo Morales, a assuré que le président Mesa avait une pensée similaire à celle de Sánchez de Lozada. "Sur le thème de la coca il continue à affirmer ce que disait Sánchez de Lozada et il se trompe complètement (...) nous avons vu que le gouvernement n'avait pas de personnalité ni de dignité pour agir contre ce que dit l'Ambassade des Etats-Unis", a-t-il affirmé en remarquant que Mesa n'avait pas d'intérêt à changer le modèle économique.
La distance entre les cocaleros et le gouvernement se fait chaque fois plus évidente, même si il ne se passe pas la même chose avec le MAS. Au Parlement on a assuré qu'au sujet de Mesa, le MAS "n'était ni dans l'opposition, ni dans la majorité présidentielle. Nous sommes opposés au modèle néolibéral, mais pas en opposition au gouvernement de Mesa. Nous ne sommes pas des ennemis de Mesa".
Econoticias Bolivia - Spécial pour Indymedia Argentina

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