Grenoble Bref récit du rassemblement contre la venue de Marine Le Pen

Mot-clefs: Racisme
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Samedi 11/12 2010

Le rendez-vous avait été fixé à 17h par les affiches collées en ville et sur le campus et lues sur Indymedia.

A 17h donc, devant la mairie d’Echirolles, entre le commissariat et la "liberté guidant le peuple" sur la façade de la mairie. A l’heure pile, 50 personnes environ, des jeunes, des moyens, des vieux. Quelques drapeaux de syndicats (CNT, FSE) ainsi que des drapeaux noirs tenus par un gros bambou et une poussette. Une banderole bien visible de la route menant au cinéma muliplex est tendue : "Contre le FN, résistances, Grenoble Antifa". D’autres personnes arrivent par petits groupes, des gars balèzes, des gars "tout sec". Il y a plus de garçons que de filles.


Vers 18h, un cortège se forme derrière la banderole "antifa", quelques flics municipaux nous suivent, quelques BACeux en civils aussi. Des slogans surgissent : "Alerta ! alerta ! antifascista !" "Grenoble, grenoble, antifasciste !" "siamo tutti antifascisti !" Deux fumis rouges sont allumés en même temps, donnant une petite ambiance et un élan de motivation par ce froid d’automne. Le cortège suit les rails du tram jusqu’au abords de la salle "LOC VE" située à 100m du terminus du tram A Denis Papin. Là un autre groupe est déjà en place, nous sommes au total 150 personnes (autant que dans la salle du meeting parait-il). Mais bien sur, la route d’accès est bloquée par deux camions de gendarmerie mobiles, une vingtaine de flics environs en tenue de combat. Ils nous filment, quelques autres BACeux sont postés dans un coin, on commence a bien connaitre la tronche de quelques un. Il y a un chauve à casquette avec une mini caméra fixée sur ses lunettes en mode "observation secrète pas rodée du tout".

Les slogans fusent, avec des classiques : "F comme fascistes et N comme Nazis, à mort (à bas) le Front National" "La jeunesse (vieillesse) emmerde le Front National" Des militants frontistes tentent de rentrer discrètement en essayant de négocier avec les flics qui jouent le rôle de "videurs-portiers". Très vite on se masse à l’entrée de la route devant le cordons des gendarmes mais certains nouveaux arrivants essayent quand même de rentrer à 2 contre 150 ! ils sont rapidement dégager par "pression" sans violences physiques, au son de "Cassez-vous ! cassez-vous !" scandé par pratiquement tout le monde. Une chaine humaine se forment alors devant les camions des flics, mais aucun(e) autres Frontistes chevronné(e)s n’a essayé de passer car il y a une autre route d’accès "plus sure" de l’autre coté.

Le triste sire Gabriac (président de FNJ Rhône-Alpes) fait le fier avec son costume noir, son brassard orange "sécurité" ainsi que son fameux parapluie à pointe métallique de type "le Pingouin dans Batman" alors que le ciel était plutôt dégagé. Il discutaille avec la flicaille, surement de sécurité. Il est à quelques mètres de nous, un sincère "pine d’huitre" ou encore "connard" lui est adressé par certaines personnes quelque peu remontée. C’est pourtant un homme respectable élu au Conseil Régional voyons ! Une personne prend la parole pour dire d’arrêter de lui accorder autant d’importance et de lui donner ainsi de la fierté.

Quelques "bon gros fachos en bombers" ont été aperçus autour de nous, mais aucun incidents, ni affrontement physiques notables à ma connaissance. La tension est montée entre les personnes rassemblées quand quelqu’un a décidé de mettre le feu à un vieux fauteuil et une cagette, car cet incendie risquait de donner une excuse aux flics pour nous dégager rapidement. Mais on aurait pu l’allumer en partant cela-dit.

Vers 19h, le rassemblement repart en cortège par le même itinéraire qu’à l’aller jusqu’à la mairie, un autre fumi est allumé et les slogans ne s’arrêtent pas "pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos". Les BACeux nous suivent de près mais pas d’interpellations il me semble(?) Devant la mairie c’est la dissolution du cortège, il reste seulement des gars du "service d’ordre" avec un brassard jaune fluo et des bambous. Je m’en vais.

Dans l’ensemble, ce rassemblement est à mon avis encourageant pour la suite des événements face au retour en force des idées extrêmes et à tendance fascistes. Sarko le dit, Le Pen le fait.

Un individu présent lors du rassemblement.

PS : si vous avez des précisions, c’est le moment !

Commentaire(s)

> Suivant que vous serez La Pen ou Finkielkraut...

La Pen « a comparé les “prières de rue” des musulmans à l’Occupation », et ça, vraiment ?

La presse, qui a quand même des valeurs, trouve ça répugnant - merde alors, non mais tu te rends compte, Raymond ?

Le Nouvel Obs, par exemple, trouve terriblement choquants les mots de la Pen, et Le Monde, ce soir, juge qu’en « évoquant certaines prières musulmanes dans la rue » pour établir « un parallèle avec l’Occupation », elle s’est carrément « laissée aller à quelques outrances qui rappellent celles de Jean-Marie Le Pen ».

Et alors, ce qui serait bien, quand même : ça serait que ces gens du Nouvel Obs et du Monde arrêtent un peu de se foutre de notre gueule.

Siouplaît.

Non parce que là, quand elle compare implicitement les musulman(e)s de France à des nazis : elle n’invente strictement rien, la Pen - et ce n’est pas seulement chez son reup qu’elle prend son inspiration, oooooh non, Raymond, pas seulement.

Car en effet, ça fait maintenant vingt ans que d’ovationnés clercs de médias vont répétant que les musulman(e)s, c’est grosso merdo comme les nazis [1] : vingt ans que des « philosophes » pour chez FOG nous saturent d’une logorrhée, discrètement stalinienne, où jamais l’« islamo » ne va sans le « fascisme ».

En 1989, par exemple, Finkielkraut (flanqué d’une poignée de ses pair(e)s) fit une lettre ouverte, pour narrer, sans rigoler, que trois collégiennes de Creil fomentaient sous leur foulard un « Munich de l’école républicaine » : fallait vite les virer, de peur qu’elles ne déferlent sur les Sudètes.

Les trois petites musulmanes étaient donc représentées en nouvelles nazies, mais Le Nouvel Obs, loin de s’offusquer de la production d’une si haineuse dissertation, avait plutôt fait le choix d’en assurer la publication - et Le Monde, qu’on sache, n’avait nullement déploré que ses auteur(e)s se soient laissé(e)s aller à des « outrances » rappelant celles du Pen.

(Confondez pas, surtout : quand Finkie fait un amalgame bien dégueulasse, on dit que c’est un signe de vie de la démocratie - mais quand la Pen fait le même, on crie que c’est pas joli.)

Aujourd’hui, Le Nouvel Obs et Le Monde font comme s’ils ne voyaient pas que la Pen, dégueulant sur les musulman(e)s, dit exactement ce que disent depuis vingt ans les gros penseurs qui ont chez eux des ronds de serviettes : je crois décidément que ces gens nous prennent pour des con(ne)s.

Sébastien Fontenelle

[1] Et que si t’es d’un autre avis, c’est que, toi même : t’as probablement quelque chose en toi d’Hitler.

http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_arti...=1166

> CQFD

Et encore un copié-collé des Indigènes visant à présenter l'anti-fascisme comme quelque chose qui est au service de la pensée unique et uniquement ça.

http://nantes.indymedia.org/article/22604