action/manifestation radicale à NDDL le 27/11/2010

Mot-clefs: Aéroport Notre-Dame-des-Landes
Lieux: Nantes Notre-Dame-des-Landes ZAD

Récit subjectif de la manifestation/action du Samedi 27 Novembre 2010 à Notre Dame des Landes, contre le projet de nouvel aéroport de Nantes.
De plus en plus de militant(e)s radicaux(les) se mobilisent contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Nous avons pu le remarquer ce samedi 27, puisqu’ils composaient une bonne partie des opposant(e)s au projet, rassemblés devant la mairie de NDDL.

Ce rassemblement avait pour but de montrer notre opposition à l’enquête publique pour l’aménagement foncier (remembrement) des alentours du projet d’aéroport, mais aussi de s’opposer à l’enquête parcellaire qui concerne les propriétaires de la zone du projet (on leur propose ainsi le double du prix du marché pour leur maison ou leur terre, et ce afin d’éviter les expulsions. On achète leur silence, en fait).

L’ACIPA et la coordination des opposants appelait pour ce samedi à un simple rassemblement, et non au blocage de l’enquête publique. Ainsi, quand l’idée fut émise de bloquer la venue des propriétaires à la mairie, elle fût écartée par l’ACIPA, sous prétexte qu’elle serait contre-productive (n’essayait-on pas d’aider la négociation des copains-copines propriétaires, avec les collectivités ?)

Cependant, les militant(e)s activistes, ont suivi en majorité l’idée de l’ACIPA, afin de ne pas se mettre à dos les militant(e)s locaux et historiques, ce qui est compréhensible.

Mais cela n' a pas empêché les militant(e)s activistes, de suivre leur volonté de s’opposer réellement à l’enquête publique, et de titiller quelque peu la force militaire présente ; ce qui était plus que légitime au vu des moyens déployés (plusieurs cars de CRS et des jeeps de l’armée ! ) et de la volonté des militaires de cadrer tout « déplacement suspect » grâce à la « légitimité » de la violence d’état.

Les militants radicaux(les) ont ainsi perturbé quelque peu la bonne tenue de cette enquête publique, et démontrés qu’ils pouvaient occuper le terrain, et mener la lutte, sans les organisations historiques et compromises !
Deux stratégies d’opposition se sont donc dégagées durant le rassemblement (et même bien avant, pour ceux qui militent sur la ZAD) :

Une ligne consensuelle et timorée, menée par l’ACIPA, l’ADECA et une partie de la coordination des opposant(e)s. Leur stratégie consistant à militer « pacifiquement », comme de gentils bœufs bien dressés, et à ne pas s’opposer au processus du projet de l’aéroport, lorsque cela égratigne leur image ou met à mal les intérêts de leurs copains-copines. Il est vrai que la simple expression du mécontentement a toujours suffi à faire capoter les projets d’état (sic).

Mais une ligne non-violente et bien plus activiste, ne supportant pas les compromis/compromissions, et qui fait de l’accès à l’autonomie et à la terre une de leurs priorités (comme les nouveaux habitant(e)s de la zone du projet), se fortifie et commence à gagner du terrain. Des comités locaux de résistance au projet, et le collectif 44 de lutte contre l’aéroport ont ainsi été créés depuis peu, avec le souhait de mener une lutte plus horizontale, et ont appelés à une manifestation/blocage de l'enquête publique le samedi 27.

Pour ces derniers(ères), la lutte contre le projet doit se mener de la même manière qu’elle a été menée à Plogoff, au Larzac et au Carnet. C'est-à-dire effectuer une résistance jusqu’au bout des ongles, d'occuper sans cesse le terrain et d'internationaliser la lutte.

Après cette introduction, nécessaire selon les auteurs du texte, revenons-en au récit de l’action du 27 :
Ainsi, l’ACIPA, l’ADECA et la coordination des opposant(e)s décident-elles d’effectuer une manifestation dans les rues de Notre Dame des Landes, profitant ainsi du nombre des personnes présentes (plus de 500 militant(e)s ! , du jamais vu à NDDL).

La suite du programme étant d’organiser un sit-in tout gentillet devant la mairie de NDDL, afin, soi-disant, de bloquer la sortie des comissaires-enquêteurs(trices).

Durant la manifestation, des œufs ont été généreusement offerts aux gendarmes , ce qui a, il faut le reconnaître, éveillé leur appétit :). Mais ce déploiement de force, illégitime, n’appelait-il pas à une petite taquinerie :)

De plus, au deuxième tour de la mairie, l’accès à certaines rues a été bloqué par les gendarmes, ce qui n’avait aucun sens, et qui n’a pas manqué de réclamer notre droit à la liberté de circulation :) Ce pour quoi, on nous a répondu délicatement, à coup de bombe lacrymo, que ce n’était pas permis dans cette nouvelle zone de non-droit !
Un homme qui souhaitait réclamer le droit de rester dans la zone de non-droit sera d’ailleurs interpellé violemment (voir vidéo par ce lien : http://www.youtube.com/watch?v=pjl7zCQvIHc

Les esprits calmés par la violence démontrée, nous nous cantonnons à la mairie, et préparons notre propre sit-in qui se déroulera dans deux rues assez éloignés de la mairie (les comissaires-enquêteurs(trices) pouvant passer par derrière la mairie et s’éloigner par les deux rues concernées. )

Peu après 11h, nous passons à l’action et nous dispersons en deux groupes. Un groupe se postant assez près de l’arrière de la mairie, un autre dans une grande rue à 100m environ de la mairie.

En souhaitant s’avancer un peu sur cette grande rue (nous avons pris un chemin détourné pour y arriver), nous apercevons des gravats amassés sur le terrain d’un particulier (qu’un des auteurs du texte tient d’ailleurs à remercier :). Spontanément, nous décidons d’ériger une barricade de gravats qui donnera par la suite du fil à retordre aux gendarmes :).

Un blocage total, puis filtrant d’une rue adjacente s’organise peu de temps après. Les habitant(e)s nous soutenant, tout en souhaitant ne pas être perturbée dans leur quotidien, coup classique :)
L’autre groupe sera plus mobile et érigera plusieurs petites barricades au fur et à mesure de l’avancée des gendarmes.

Pendant ce temps, le sit-in légaliste et pépère, devant la mairie, s’effectue. Ils ne sont pas au courant de nos agissements, puisque les cars de CRS amassés sur la grande rue leur cache la vue de la barricade de gravats, et que les portables sont, en toute apparence, brouillés. D’ailleurs, accompagné d’un dispositif impressionnant de CRS et de gendarmes mobiles, les comissaires-enqueteurs(trices) sortent par la grande rue en la direction de la barricade.

Nous décidons que nous sommes plus efficaces, libres que pris, et que nous aurons tout le temps de les taquiner par la suite, mais de manière moins visible ( d’ailleurs je tiens à rappeler à certain(e)s qu’être non-violent(e) n’empêche pas l’illégalité, et donc l’esprit de résistance). Nous lâchons les barricades et nous nous replions en sécurité ; cependant, les CRS parviennent à interpeller 4 personnes pour un contrôle d’identité, mais elles seront vite libérés sous la pression des militant(e)s.

Nous nous replions tous et toutes à la mairie, acclamant ironiquement le départ remarquable :) des forces militaires et les chatouillant quelque peu.

Satisfait(e)s de notre journée à tout point de vue, nous nous replions vers un pique-nique organisée par les « squatteurs-euses » ou plutôt nouveaux(elles) habitant(e)s de la ZAD, et par un collectif qui se nomme « les habitants qui résistent » (collectif apparemment plus radical que l’ACIPA).

Mais le maire de NDDL vient gâcher notre repos bien mérité :). En effet, il interpelle un des porte-parole de l’ACIPA en lui demandant : « il faut qu’on parle » et ce à quoi le porte-parole répond délicatement : « des squatteurs ? ». Or, il y avait justement présence d’un « squatteur-euse » à 2m des deux conspirateurs, qui en profite pour interpeller le maire à ce sujet.

Car depuis 2 mois, les nouveaux habitant(e)s de la ZAD souhaitent discuter avec le maire de sa position à leur sujet et le maire leur a, à chaque fois, apporté un silence proche du mépris. De plus, une phrase du maire, sur une lettre municipale assez récente, pouvait interpeller. Elle disait a peu près ceci : « j’ai demandé au préfet de s’occuper de la question des occupations illégales de la ZAD » (désolé pour l’approximation, la phrase étant moins explicite, mais pouvant pas mal interroger).

Ainsi, le « squatteur » profite de la présence du maire, au sein des militant(e)s, pour l’interpeller. Ce à quoi le maire répond qu’il s’en fout, et en l’exprimant plus clairement par la suite. Puisque quelques secondes après, ne souhaitant pas dialoguer et se sentant « agressé » (pauvre petit maire aux pleins pouvoirs), il s’en va et nous adresse un magnifique « fuck » par un de ses doigts délicat :)

Pour conclure, nous pourrons dire que l’action était plutôt satisfaisante puisqu’il y a eu forte mobilisation, clarification des stratégies de lutte et surtout prémisse à la « division » bénéfique de l’opposition au projet ( le maire ayant par la suite demandé à l’ACIPA de se désolidariser des « squatteurs-euses agresseurs», ce à quoi l’ACIPA a répondu favorablement en organisant le défilé rapide de bœufs du vendredi 03, tandis que les militant(e)s plus radicaux(les) étaient arrivés plus tôt et se font fait interpellés.

Nous pouvons d’ailleurs nous demander comment se fait-il que les « légalistes » aient pu promener leurs bœufs sur 7km, sur la route, sans être dérangés par les gendarmes ; tandis que les militant(e)s plus radicaux(les), se sont fait interpeller sans aucune autre raison que d’être présent(e)s devant la mairie ?! )

Non au bétonnage des terres agricoles !
Vive le retour à la terre et la réappropriation de nos moyens d’existences et d’autonomie!

Par des loups qui n’aiment pas suivre les boeufs :)

Liens étayant le récit :

http://www.dailymotion.com/video/xfwg5u_ndl-non-a-l-ayr..._news

http://news.google.fr/news/story?pz=1&cf=all&ned=fr&hl=...ing=d

Pour information, les mairies et les paysans concernés par l’aménagement foncier ont lancé ce même processus.
En effet, un décret de 2006 modifie le processus de remembrement, en donnant le pouvoir au conseil général d’avaliser et de conduire le processus de remembrement à la place de la préfecture.

Cependant, la procédure de remembrement est à l’initiative des paysans et des mairies, de même qu’ils composent en partie la commission intercommunale d’aménagement foncier qui décide du champ d’intervention du processus et favorise son application.

Ce qui signifie que les mairies qui s’opposent à l’aéroport, de même que les paysans, ont lancé le processus d’aménagement foncier contre lesquels ils se battent, soi-disant, aujourd’hui :) (sic)
Lien vers un site internet qui explique le processus :

http://www.cabinetpegaz.com/actualites/id-45-du-remembr...stier