Correspondants de nuit : des agents de proximité de la guerre aux pauvres

Mot-clefs: Quartiers populaires
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Tu les as surement déjà croisé à Belleville ou ailleurs dans les quartiers que la mairie veut « civiliser », leur uniforme est un polo vert avec un logo de la mairie de Paris au niveau du cœur et un brassard vert, ils se déplacent généralement en patrouilles de 3 à 4 agents (voir photo) et interviennent 7 jours sur 7, chaque soir de l’année, de 16h à minuit. Recrutés chez les ratés des écoles de police et de gendarmerie, ils sont environ 120 fonctionnaires municipaux payés (1 300 euros par mois plus les primes) à marauder chaque jour dans ce que cette société nomme « quartiers sensibles », expression rose bonbon pour parler des quartiers où les pauvres ne se laissent pas dominer sans broncher, et rendent les coups.

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Chaque patrouille rédige quotidiennement des fiches de signalement traitées par un bureau central qui se charge de les transmettre aux services concernés (police, services techniques ou sociaux de la mairie, mafia associative, bailleurs sociaux…). Ils sont pilotés par les élus locaux pour effectuer un travail de fichage sur les populations indésirables (sans-abris, sans-papiers, squatters, prostituées, toxicos, repris de justice et autres pauvres). Leur rôle est principalement tourné vers une assistance aux flics et la répression des « incivilités ». Des protocoles d’échange d’information sont établis avec les flics, les GPIS, les proprios et les diverses mafias associatives de grands frères de quartier et de pompiers de la révolte, ils sont en quelque sorte les couteaux-suisses du pouvoir, un nouvel aspect de cette nouvelle philosophie policière appelée « Prévention de la délinquance ».

Pour résumer, ce sont des balances professionnelles, qui rédigent des fiches de signalement pour les élus sur les individus socialement suspects, qui préparent le terrain à des interventions policières, qui participent de fait à l’occupation policière du quartier. Ils sont des agents de proximité de la guerre aux pauvres, cette guerre qui vise à virer les pauvres du quartier pour y installer des populations plus riches, plus solvables avec un meilleur pouvoir d’achat et un goût pour la tranquillité sociale de leurs porte-monnaie.

Sous leur allure « sympathique » (comprendre « des flics sans la gâchette facile »), se cache en fait des flics en mission de fichage et de répression pour la mairie, ils sont des facilitateurs du travail des keufs, des juges et des proprios, dans une mentalité purement démocratique. Ils achètent la paix sociale au prix d’un sourire sur une matraque. Sache qu’ils se désinfectent les mains après te l’avoir serrée.

Démasquons les ! Dégageons-les !
Eux comme tous ceux qui veulent nous éduquer, nous civiliser : nous fliquer

Nous opposons la guerre sociale à cette paix sociale qu’ils essayent d’imposer à coup de fric, de médiateurs et de flics.

Quelques anarchistes incivils du quartier.

Pièces jointes

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Commentaire(s)

> contre le pouvoir de la gachette

Pour le fichage je suis ok.

Pour l'explication du background des acteurs "sociaux" ok.

Pour la lumière sur la médiation juste, il n'y a qu'à lire les propositions des socialistes par ailleurs très implantés.

Pour ta liste de pauvres euh...orientés.La plupart des toxicos ne sont pas pauvres et ne t'inquiète pas pour eux ils ont des protections (politiques, de la haute et des flingues -même chez ceux qui n'en n'avaient pas il y a quelques années-).Il existe bien sûr des toxicos seuls, qui n'évoluent pas en groupe et gardent leurs identités et ceux là n'ont rien à voir avec les sus mentionnés.Beaucoup de riches sont tox.Na!

Pour ta vision de l'autodéfense, tu ne vaux pas mieux que les flics, la droite, l'extrême droite et les militaires.Chez eux le port d'arme c'est le kiff, la souplesse du doigt c'est le top et ce qu'ils préfèrent c'est quand on pisse dans notre froc.

Ouaip!c'est fou ce que les armes peuvent fasciner encore et toujours plus!

Beurk!

> ou ça la gachette?

Je suis pas sur que ce soit chez les riches que l'on trouve les accros du crack et de l'hero principalement. Quand ce texte parle des tox, je crois que l'on sait desquels il veut parler. C'est vrai les riches aussi en prennent certaines drogues, comme tout le monde, c'est toute l'hypocrisie du discours sur les drogues.

Mais par contre nulle part je ne vois dans le texte une promotion du flingue faites par les auteurs...