Si Châteaubriant était en Palestine, nous ne pourrions pas aller directement à Pouancé car il y aurait un mur et il faudrait faire un long détour.

Si Châteaubriant était en Palestine, pour aller travailler à Nantes, l’accès à la 4 voies nous serait interdit car réservé aux colons. Au check-point à hauteur de Nozay, il faudrait descendre du car ou de voiture, attendre, se ranger en file indienne, sortir sa carte d’identité et la présenter poliment sans s’énerver aux jeunes soldats qui nous la demandent avant de remonter dans le car et ceci tous les jours, matin et soir. De temps en temps le soldat en prendrait un qu’il ferait asseoir ou se déshabiller, comme bon lui semble…

Si Châteaubriant était en Palestine, il y aurait un occupant qui prendrait notre eau, nos meilleures terres, et construirait des routes au milieu : sûres et rapides pour lui, nous laissant les anciennes routes qui ne seraient plus entretenues, voire barrées d’obstacles.

Si Châteaubriant était en Palestine, les soldats raseraient nos petits bois car on pourrait s’y cacher pour faire des choses…

Si Châteaubriant était en Palestine, nos jeunes n’auraient jamais vu la mer : trop loin pour y aller, trop d’autorisations à obtenir. Quant à nous-mêmes, elle ne serait pour nous qu’un souvenir lointain.

Si Châteaubriant était en Palestine, nos enfants seraient les plus instruits de France, mais ils ne pourraient pas trouver de travail, à moins de s’expatrier

Si Châteaubriant était en Palestine, et que nous étions Hébron, la rue principale serait déserte, réservé aux colons, et un grillage serait tendu au dessus de nos têtes pour arrêter les ordures que jettent les colons depuis les étages des immeubles qu’ils occupent.

Si Châteaubriant était en Palestine, nous ne pourrions pas aller ensiler ou moissonner dans nos champs sans autorisation. Et si nous ne pouvions y aller au bon moment, les champs pourraient être, au bout de trois ans, récupérés par les colons, car ils seraient considérés comme abandonnés.

Si Châteaubriant était en Palestine, nous ferions des prières pour ne pas tomber malades ou être blessés car il n’y a pas assez de médicaments et les médecins sont débordés.

Si Châteaubriant était en Palestine, chaque nuit nous aurions peur des chars, des avions F16 ou des drones, des jeeps et des soldats qui entrent dans les villes ou les villages, fouillent les maisons, injurient, humilient, et tirent.
Nous aurions peur qu’ils ne viennent arrêter le père de famille ou le fils aîné, qu’on ne reverrait plus de sitôt – ou bien qu’ils nous fassent brutalement sortir pour détruire la maison et tout ce qui est resté à l’intérieur…

Si Châteaubriant était en Palestine, nous aurions peur pour nos enfants quand ils mettent du temps à rentrer de l’école ; pour notre mari qui rentre du travail, pour notre épouse qui est partie faire les courses.

Si Châteaubriant était en Palestine, on demanderait à certains d’entre nous de collaborer avec l’occupant en échange d’une autorisation pour se faire soigner ailleurs, ou de la libération d’un proche emprisonné.

Si Châteaubriant était en Palestine, à Gaza, nous garderions les fenêtres ouvertes, jour et nuit pour éviter qu’elles n’explosent lors des bombardements. On vivrait dans le noir, sans chauffage, et on mangerait froid car il n’y aurait plus de gaz ni d’électricité, ou seulement quelques heures de temps en temps.

Si Châteaubriant était en Palestine, nos amis ne viendraient plus nous voir car les frontières seraient fermées et à la gare d’Angers ou à l’aéroport de Nantes nos amis seraient questionnés et fouillés. Il faudrait qu’ils inventent une ferveur particulière pour l’histoire de la Résistance et qu’ils viennent se recueillir à la Carrière des Fusillés. Sinon ils seraient illico remis dans l’avion.
En bateau ? Ils se feraient tirer dessus en entrant dans les eaux territoriales. Si Saint-Nazaire était Gaza, le port serait détruit.

Si Châteaubriant était en Palestine, les autres régions françaises nous assureraient de leur soutien… et continueraient de commercer avec le reste du monde. Il faut bien vivre !

Si Châteaubriant était en Palestine, les infrastructures de la ville (piscine, médiathèque, ramassage d’ordures etc.) auraient été détruites et le matériel nécessaire aux réparations hors de prix. Il faudrait apprendre à faire sans.

Si Châteaubriant était en Palestine, plusieurs de nos élus municipaux aurait sans doute été emprisonnés pour une durée indéterminée. Certains auraient peut-être eu toutes les dents cassées comme le maire de Beit Ommar…ou encore on les aurait obligés à collaborer pour rester en place.

Si Châteaubriant était en Palestine, peut-être dirions-nous, comme ce maire d’Al-Ma’sara : « Ils nous ont tué un enfant de dix ans cet été, c’est une victoire pour nous, cela prouve qu’ils sont à bout d’arguments ».

Si Châteaubriant était en Palestine, nous ne serions plus libres mais occupés.

AGISSEZ EN INTERPELLANT LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS ET LES ELUS LOCAUX OU
CONTACTEZ :

LE COMITE PALESTINE ISRAEL MEDITERRANNEE DU PAYS DE DE CHATEAUBRIANT
( 02 28 04 08 57)

http://www.ujfp.org/modules/news/article.php?storyid=680