[paris] Assemblée générale de Résistons Ensemble

Mot-clefs: Répression
Lieux: Tours

SAMEDI 21 NOVEMBRE 2009 de 15h à 20h au CICP, 21ter rue Voltaire (pas l’avenue !), Paris 11ème ; métro : rue des Boulets, (ligne 9)
le 21 novembre

Bonjour à tous,

Vous le savez Résistons ensemble contre les violences policières et sécuritaires est un vrai réseau : sans chefs, ni porte-paroles, sans cotisations, sans encartement… c’est ainsi qu’il fonctionne depuis plus de 7 ans avec son petit journal mensuel (79 numéros déjà, son site et ses deux listes de diffusion, ses guides juridiques ….) Chaque année le réseau tient son Assemblée Générale sa seule instance décisionnaire lors de laquelle les présents débattent des questions politiques posées pendant l’année écoulée, définissent les priorités du réseau pour l'année à venir notamment en validant des propositions de bulletins spéciaux sur des thèmes particuliers, prennent en compte critiques et propositions d'amélioration concernant l’élaboration du petit journal, désignent les modérateurs de liste info et l’équipe de rédaction. Il est donc important que le maximum de monde soit présent. (si problème de transports, on pourrait ramasser un peu de fric parmi les présents pour aider ceux et celles qui viennent de loin).

Les débats,propositions ,critiques par écrans interposés sont, bien sûr, importants, mais rien ne remplacera les discussions « physiques », donc faites un effort. Si possible signaler votre venue par avance.

L’ordre de jour proposé :

1) Bilan du fonctionnement des listes, du site et du bulletin

2) Propositions de thèmes de numéros spéciaux à valider ( pour l'instant nous avons reçu les propositions suivantes : bulletin spécial sur les centre de rétention + actualisation du bulletin spécial sur les lois sécuritaires ...) et constitution de groupes de travail

3) Désignation de modérateurs de la liste infos

4) Débat de fond sur les articles qui ont donné lieu à des discussions sur les listes ou ailleurs ( vous trouverez ci dessous copie de ces articles):

* sauvons quelle recherche ?
* oeil pour oeil -
* burkagoule
* Joachim on n'oublie pas
* Faire comme les Conti partout
* « Oh pinaise, c’est la guerre. Ça pète de partout. »

5/ diffusion de « Résistons ensemble » sur papier.

Les modérateurs, l’équipe de rédaction

Pour ceux et celles qui ne peuvent absolument pas venir, envoyer à l’AG votre opinion, suggestions, critiques….

Nous avons réservé une salle, pour le :

SAMEDI 21 NOVEMBRE 2009 de 15h à 20h au CICP, 21ter rue Voltaire (pas l’avenue !), Paris 11ème ; métro : rue des Boulets, (ligne 9)

Pour rappel les articles qui ont posé débat :

Sauvons quelle recherche ?

Encore une fois la grève partielle dans l’enseignement supérieur ne questionne ni le financement ni la fonction de la recherche publique. Or il n’y a ni science pure ni technologie neutre. Alors, un instant au moins, sortons la tête du flux incessant de l’actualité et de la répression.

Les recherches scientifiques dépendent des industriels et armées qui crachent le fric pour défendre leurs intérêts : faire du fric, sophistiquer l’armement, développer des technologies de surveillance toujours reconverties dans le « civil » (seuls quelques chercheurs désertent malgré la soumission générale).

Par exemple, Israël, pour préserver et accroître sa suprématie régionale, investit lourdement dans des systèmes nourris de bio et nanotechnologies (manipulation et transformation de la matière au niveau de l’atome). Entre autres bijoux : surveillance de Gaza par des caméras couplées à la biométrie pour la reconnaissance faciale, fournies par la société étasunienne Visionics. Et depuis 2006 divers chantiers : drones « mâles » par EADS et l’Israeli Aircraft Industries ; « frelon bionique » : minuscule robot capable de pister, détecter et tuer une cible dans des zones difficiles d’accès ; nano-armes (habits décuplant la force des soldats, revêtements de particules résistant aux armes automatiques et roquettes anti-chars)... Probablement des armes pour contrer et s’adapter aux guérillas urbaines à venir dans les dédales de rues des quartiers pauvres de par le monde.

Pour le collectif grenoblois /Pièces et Main d’Œuvre/, contrôle et asservissement des populations passent par un maillage d’associations entre chercheurs, entreprises et États. À Toulouse par exemple, le Laboratoire d’architecture et d’analyse des systèmes /« transfère ses connaissances vers les industries et l’armée. Il a même créé un “Club des affiliés” pour donner aux “décideurs de la région” un “accès privilégié aux avancées scientifiques réalisées au Laas”. [...] Se croisent entre autres [...] Thalès, EADS, Total, le CNES ou la Chambre de Commerce et d’Industrie du Gers. [Ce club] est partenaire du Gixel, le lobby des industries numériques célèbre pour son Livre Bleu et ses recommandations en faveur de la biométrie “dès le plus jeune âge” ; et du Pôle Traçabilité de Valence, qui travaille à la dissémination des mouchards RFID partout sur la planète. »/

Ainsi, d’une part la politique sécuritaire est bien plus une lame de fond tentaculaire qu’un travers du gouvernement français actuel, d’autre part on ne peut condamner les bombardements sur Gaza sans se retourner contre les créateurs de mort d’ici, et vice versa. Infos et réflexions sur www.piecesetmaindoeuvre.com.

(RE N° 74, avril 2009)

Œil pour œil, dent pour dent

Au risque de choquer les plus pacifistes avec cette expression guerrière. Mais c’est peut-être l’expression la plus adaptée à la situation dans les quartiers populaires. Un cap a été franchi dans la montée de la violence de la police. Un cap qui veut juste dire : auto-défense. Un jour Malcom X a dit au peuple noir en face de lui « organisez-vous par tous les moyens nécessaires ». Aujourd’hui nous devons penser et dire comme lui. Vu que la police ne se prive d’aucun moyen, il faut se défendre : peut-on par exemple accepter de se faire mutiler à vie, comme à Villiers-le-Bel, où deux badauds ont perdu un œil suite à un tir de flash-ball en pleine rue par des policiers ? Certes, ces flics sont des hommes et des femmes comme tout le monde. Mais certains d’entre eux, depuis le passage du gnome au ministère amer et l’arrivée des armes dites « non létales », ont du se dire qu’ils pourraient chasser le gibier entre deux tours de béton, en toute impunité et sans même plus que l’Etat considère cela comme des « bavures ». Ces bandes de « redneck », assis dans leur Renault pourrie à tourner dans les cités à la recherche de banlieusards à qui casser les couilles, du jeune au vieux, de l’ouvrier au chômeur. Comme le dit si bien Ekoué (la Rumeur), « les petits frères ont plus de poils sur la bite que toutes ces unités de CRS qui viennent traîner leur graisse » et il sait ce qu’il dit. Depuis plusieurs mois, dans plusieurs quartiers populaires, des personnes se sont organisées pour accueillir la police et surtout la BAC. Concernant l’affaire de la Courneuve, où un fourgon de police a été mitraillé à la kalache à partir d’une voiture à l’entrée d’une autoroute, sans la moindre enquête la première chose qu’ils ont trouvée à raconter, c’est l’histoire de dealers venus libérer leur pote. À qui et à quoi sert cette version des faits ? Qui va-t-elle convaincre ? Ceux qui croient encore que l’ordre et la justice se cachent derrière l’uniforme bleu ? Ceux qui croient que dans ces quartiers « rongés par la délinquance, le trafic de drogue et d’armes », les rues, les caves et les cages d’escalier sont « abandonnées aux voyous » ? Mais qu’en pense le banlieusard, chez qui germe de plus en plus l’envie de la confrontation pour passer aux flics le sentiment que tout leur est permis dès qu’ils mettent un pied dans les cités ?

( N° 76, juin 2009)

Le dévoilement du « terroriste en burkagoule »

Des manifestants qui portent une cagoule, des femmes musulmanes qui portent une burka. Apparemment tout les oppose. Mais l’Etat leur réserve le même traitement : l’interdiction (déjà décrétée pour la cagoule, en projet pour la burka). Alors il faut s’interroger. En criminalisant une extrême minorité, l’Etat se donne le pouvoir de contrôler et d’anesthésier des pans entiers de population.

Ici en s’attaquant aux cagoulés, il paralyse et divise l’ensemble des militants et en s’attaquant aux femmes en burka, il stigmatise et isole l’ensemble des musulmans ou considérés comme tels (déjà en 1958, l’Etat colonial faisait brûler les voiles des femmes algériennes pour endiguer la lutte des insurgés). Le prétexte : combattre ceux dont l’identité cachée représenterait un facteur d’« insécurité ». La vérité : nous contraindre à être toujours visible aux yeux de tous, refuser l’existence de « communautés » (familiales, amicales, politiques ou religieuses...) échappant au contrôle. La force devant rester le monopole du pouvoir, l’Etat développe, de son côté, des sections d’interventions armées, entraînées et cagoulées. Il s’agit de continuer à dessiner la figure à double tête d’un supposé « ennemi intérieur » islamiste ou « ultragauchiste » afin de s’autoriser à anti-terroriser tout le monde. Alors gardons l’oeil et méfions nous toujours : derrière le masque (qu’il soit burka, cagoule, capuche ou écharpe...) de ceux que l’Etat dévoile comme étant nos ennemis il y a nous-mêmes surtout quand cela ne nous ressemble pas du tout.

(N° 77, juillet 2009)

Joachim on n’oublie pas

Le matin du 8 juillet, à Montreuil (93), le squat la Clinique se fait expulser par le RAID. Ce lieu avait permis depuis janvier à des personnes de se loger, et à bien plus de s’organiser collectivement, face aux problèmes de logement, aux institutions sociales, et aussi de projeter des films, faire des cantines, des radios de rue face au marché… Ce matin-là, quartier bouclé et flics par dizaines toute la journée. Dans la soirée des feux d’artifices sont tirés devant la Clinique. Les flics arrivent très vite, s’équipent et, alors que le petit monde va pour partir, canardent au flashball à tout va. Tirs à hauteur de tête, cinq personnes touchées, épaule, clavicule, tête. La volonté était de blesser, au risque de mutiler ou tuer et ça a marché : Joachim, 35 ans, a perdu un œil. Le 13 juillet une manif montreuilloise contre la police a tenu un temps face aux charges des flics à l’aide d’un peu de matos et de deux banderoles renforcées en tête et en queue de cortège.

Puis ça s’est indigné partout de cette mutilation : réseaux militants, intellectuels, presse, nationalement même.

Pourquoi cette différence de traitement face à la répression contre un jeune d’un milieu sociale plus élevé, reconnu et un jeune des quartiers populaires, de surcroit arabe ou noir ? Parce que pour certaines « bonnes consciences » ceux qui viennent des quartiers populaires sont des criminels nés, parce qu’elles pensent, sans oser le dire, que ces jeunes tués, mutilés « ne l'ont pas volé » ou qu’il « n’y a pas de fumée sans feu » ? En réalité derrière les différences de cible, de situation sociale, de quartier, derrière le tir de flashball, la course-poursuite ou les coups de poing il y a le même constat : la police joue bien son rôle et on n’en veut pas.

(N° 78, septembre 2009)

Faire comme les Conti partout

Des mois de lutte dure contre la fermeture de l’usine. Bataille perdue, ils étaient trop isolés, mais des indemnités favorables ont été gagnées (50.000€ en moyenne). L’Etat ne leur pardonne pas, plusieurs d’entre eux ont pris 3-5 mois de taule avec sursis, accusés du saccage de la sous-préfecture de Compiègne en avril, lâchés par les directions syndicales. « La CGT, on les a pas vus. Les Thibault et Cie, c’est juste bon qu’à frayer avec le gouvernement, à calmer les bases. Ils servent juste qu’à ça, toute cette racaille » comme disait le délégué CGT des Conti Xavier Mathieu à Clairvoix le 18 août.

(N° 79, septembre 2009)

- « Oh pinaise, c’est la guerre. Ça pète de partout. «

La cour d’appel a confirmé le 15 septembre les lourdes condamnations à la prison ferme de Gérard Jodar et six autres militants du syndicat kanak USTKE (voir RE de juillet 2009). Des barricades ont été construites pendant le mois d’aout pour exiger leur libération. Les gendarmes, le GIGN sont intervenus avec des flashballs et des lacrymos tirés dans les maisons. En deux jours 30 gendarmes ont été blessés, dont un officier par tir de chevrotine. Plusieurs centaines de jeunes de la cité populaire de Montravel se sont joints aux syndicalistes. A méditer en métropole : quand les choses sont claires travailleurs en lutte et jeunes des quartiers populaires sont capables de se retrouver ensemble face à l’Etat des patrons. Et ça, ça fait mal.

(RE N° 79, septembre 2009)

Reseau RESISTONS ENSEMBLE

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