“Coucou c’est nous”/”Vol au-dessus d’un nid de casseurs” (de Poitiers) :

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Coucou

“Coucou c’est nous”/”Vol au-dessus d’un nid de casseurs” (de Poitiers) :
un texte remarquable repris aujourd’hui jeudi sur la liste Infozone

Cité tel quel
23/10/2009

un texte remarquable repris aujourd’hui jeudi sur la liste Infozone

Le 22 oct. 09 à 16:50, Aris a écrit :

COUCOU C’EST NOUS
Vol au-dessus d’un nid de casseurs

jeudi 22 octobre 2009.

Le site Internet du journal Le Monde indique, ce 21 octobre, avoir reçu le texte ci-dessous reproduit à propos de la manifestation de Poitiers du 10 octobre 2009. Il est signé « Quelques casseurs ». Les journalistes affirment avoir pris des garanties concernant la participation effective des signataires à la manifestation. Cette précision, assez surprenante quant à ce qu’elle suppose d’échanges épistolaires, n’offre aucune garantie réelle. Disons qu’à la lecture ce texte semble plausible, même s’il est plus que probable qu’il a été rédigé et envoyé, comme l’indique la signature, par un petit groupe d’individus.

Ces casseurs assumés ne sont pas des imbéciles : ils lisent Le Monde et savent même un peu de latin.

Ils présentent toutefois une faiblesse de caractère, d’ailleurs vénielle, mais qui peut influencer fâcheusement l’action : ils sont susceptibles.

Les journalistes de l’Officiel de tous les spectacles ayant avancé qu’ils avaient pratiqué, à Poitiers et ailleurs, la « stratégie du coucou », ils tiennent à répliquer. D’un point de vue politique et stratégique leur réponse n’est pas dénuée d’intérêt, puisque le reproche des journalistes est partagé par une partie du public politisé. En gros, sur le mode « Bien la peine de se dire autonomes s’il vous faut les mouvements d’une foule que vous méprisez pour bouger le petit doigt ».

Le texte rappelle utilement quelques éléments factuels (manifestation convoquée par voie d’affiches) et souligne l’embarras des autorités à appliquer leur énième règlement ( en l’espèce : anti-cagoule).

On notera une jolie formule polysémique : « On a tous quelqu’un à cacher ».

Maintenant, en quoi ce texte me paraît-il critiquable (ce qui n’est pas en soi un « reproche » ; étant critiquable, il contribue au débat critique).

Tout d’abord, dans son optimisme millénariste et incantatoire : « Jamais la situation n’a été aussi mûre » (bis). Jamais. Le mot est fort. Si fort qu’il est absurde, même rapporté au jeune âge supposé des rédacteurs.

Au fait, que peut bien signifier une situation « mûre », du point de vue de l’éruption d’un mouvement révolutionnaire communiste, alors que « tout reste à faire » dans le camp de la révolution ? Je partagerai d’ailleurs volontiers cette dernière appréciation, et même j’accorde que les révolutionnaires (moi itou) ont le plus grand mal à se montrer à la hauteur de leur époque (tandis qu’ils sont tentés de penser que c’est l’époque qui est indigne d’eux).

Mais revenons à cette « maturité » ; on la devine plus proche du baril de poudre qui attend l’étincelle que de l’opulence de la grappe attirant le maraudeur.

Maturité, du latin maturus, qui se produit au bon moment. En quoi la situation présente peut-elle « se produire au bon moment ». Elle a lieu, un point c’est tout. Le présent se produit. C’est le moment présent. On peut se réjouir de tel moment présent (une insurrection) ou se désoler de tel autre (son écrasement). On dira donc que l’insurrection tombe à pic et que son écrasement est regrettable. Mais des deux situations, laquelle est ou était la plus « mûre » ?

Taxi ! suivez cette métaphore !

Parions, sous réserve de démenti à venir, que les coucous casseurs entendent que le baril de poudre sociale déborde. Il n’attend qu’un porteur de mèche enflammée pour exploser révolutionnairement. Le casseur (de vitrines, de préjugés, de coffres…) amène sa mèche (sa plume, dit le cambrioleur) avec lui. Dissimulé partout (coucou), on le croit disparu ou exterminé ; il renaît de ses cendres, se fait oiseau de feu (phénix) et embrase steppes, métropoles et banlieues…

La métaphore est jolie, mais remplit mal son rôle : aider à penser plus loin. Elle offre surtout l’avantage de donner un rôle aux casseurs, aux révolutionnaires. C’est à eux de commettre le geste symbolique qui déclenchera l’explosion.

Quant à la maturité de la situation, le texte ne permet de la penser que de manière métaphorique et mécaniste : poudre, pression de vapeur, goutte d’eau dans un vase… Or, de quoi est-elle faite, cette situation sociale, de quels rapports de force, de quels rapports de classe, de quelle exploitation ? Le texte n’en dit rien, qui évoque uniquement « les logiques de représentation [1] ») et « la répression ».
On objectera que ce texte ne prétend pas tout dire et qu’il est probablement rédigé très vite (c’est aussi, hélas, le cas de la présente chronique). Il n’en est pas moins vrai qu’il se présente, librement, comme une protestation de manifestants devant des journalistes et des lecteurs critiques. Il est donc légitime de le critiquer pour ce qu’il dit (consciemment ou non) et pour ce qu’il tait.

Tel quel, le texte « Coucou c’est nous » suggère, me semble-t-il, une représentation de la société essentiellement idéologique, un théâtre d’idées, de « logiques de représentation ». Il est vrai que, dans les cibles des casseurs, rappelées en début de texte (direction du Travail, banque, etc.) peut se lire entre les coups de masse une analyse anticapitaliste. Elle n’est pourtant pas évoquée, encore moins explicitée, dans le corps du texte.

L’absence d’évocation d’une grille d’analyse sociale et historique, la métaphore de la « maturité », me font penser - peut-être à tort - que les casseurs de Poitiers ont en tête une vision morale de la situation. Dans cette perspective, la phrase « Jamais la situation n’a été aussi mûre » s’entendrait ainsi : « Jamais n’ont existé autant de motifs réunis de dégoût et de révolte ». Appréciation dont le plus aimable qu’on puisse dire est qu’elle est subjective et, faute de perspective, an-historique. Avait-on moins de raisons de se révolter en 1894 ? en 1920 ? en 1968 ?

Il est vrai qu’une phrase est censée introduire une perspective historique. La « génération des années 60 » est excusée de n’avoir pas su inventer « les moyens de tenir ». Considérations générationnelle - hors sujet me semble-t-il - et psychologique. Cette dernière n’est jamais hors sujet, à condition d’être articulée avec une analyse sociale et politique [2].

Mère, mère ! pourquoi m’as-tu abandonné ?

Le choix du style et les contraintes psychologiques de la réplique (oui coucou ! et alors !) amènent les rédacteurs à filer la métaphore ornithologique de manière étrange à mes yeux.

C’est dans le nid utérin de la société que se dissimulent les coucous. C’est donc la mère (faussement) nourricière - la société, la domination, l’époque - qui est choisie pour cible. Au lieu des remerciements qu’elle attend, nous cassons… L’oiseau se révolte et pique du bec la main qui le nourrit.

La domination-mère n’a, pour choyer ses enfants-coucous que « ses flux toxiques », « ses poisons ». Cette empoisonneuse - dont on imagine les seins dégoulinants d’un pus noirâtre, comme dans une pub de la fondation Nicolas Hulot -, sera tuée par les coucous survivants. Elle sera tuée « de la plus noble façon », « comme on commet sans doute un MATRICIDE ».

Voilà donc où nous dépose cette métaphore…

Ainsi les rédacteurs nous proposent-ils une espèce de programme poétique, symbolique et psychanalytique, dont l’issue - capitale dans tous les sens du terme - est le matricide.

Je vois mal en quoi cette « proposition » pourrait faire avancer en quoi que ce soit la compréhension critique de ce monde. Je vois trop bien comment elle peut contribuer à la confusion sur le rapport du révolutionnaire à ce monde, lequel est supposé se retourner contre la société/mauvaise mère [3]. Ou autrement dit contribuer à un recentrage psychologique (et individuel) de la pensée critique ; la dimension collective étant prise en charge par la perspective mystique millénariste.

Y mêler un improbable communisme primitif chrétien autorise, certes, un joli tag (omnia sunt communia, voir note dans le texte). Il intrigue journalistes et blogueurs catholiques, qui découvrent ainsi des pans inconnus de leur propre religion qui les attendaient dans le passé. Et après…

Pour le dire de manière délibérément utilitariste et peu élégante : ça sert à quoi ?

Le bris de vitre attire l’attention sur le slogan qui suggère une réminiscence théologique qui… Qu’est-ce que ces symboles-gigognes sont censés produire ? L’étincelle psychologique, qui va convaincre les dominés de passer au matricide social ?

L’objectif initial de la manifestation - protester contre une prison, et à cette occasion contre toute prison - me paraît fort légitime. Banques, bâtiments administratifs ou religieux : que l’on casse, sabote en douceur, ou « défigure » les symboles, aussi dérisoires soient-ils, de dispositifs aliénants ne me contrarie pas [4].

Mais, d’une part,légitimité ne signifie pas nécessairement opportunité (caractère de ce qui opportun)…

Qui abandonne qui, finalement ?

…D’autre part, ce qui me contrarie, c’est que l’on abandonne sur le terrain, comme autant de dégâts collatéraux, ceux qui courent moins vite que les autres. C’est une image désastreuse de l’égalitarisme communiste.

C’est un problème à la fois politique (sens large) et stratégique (décisions concrètes).

L’histoire des dernières décennies est assez riche en actions collectives « violentes », menées de manière autonome (c’est le cas de le dire, même si les jeunes militants d’aujourd’hui semblent ignorer que de telles actions ont aussi été le fait de gauchistes, LCR, Gauche prolétarienne maoïste, notamment).

La manière dont de telles actions sont organisées (commandos, groupes compact en manif ou au contraire individus disposés à se disperser façon volée de moineaux…), la manière dont la sécurité des militant(e)s est prévue ou non, tout cela influe sur l’impact social des actions, et d’abord dans les milieux militants ou politisés les plus voisins.

De ce point de vue, l’absence dans le texte des casseurs d’une seule phrase, d’un seul mot, sur les personnes arrêtées et lourdement condamnées à Poitiers est une faute politique, et morale ajouterai-je pour me faire bien comprendre d’eux.

Tactiquement, c’est laisser passer une occasion de dénoncer une justice de classe, qui frappe toujours plus lourdement, à l’occasion de ce genre de manifestation, les individus les plus désocialisés (décidemment, Maman ne distribue pas son amour équitablement !).

C’est précisément prêter le flanc au reproche de manipuler, vilains coucous, la méprisable piétaille contestataire. Peu importe ici que ce reproche soit aussi articulé par des journalistes bourgeois ; d’ailleurs vous les jugez d’assez respectables interlocuteurs pour leur prouver votre bonne foi. Et, du coup, ils relèvent immédiatement la contradiction entre votre protestation narcissique et votre silence sur les condamnés.

Peu importe également que les personnes condamnées (et leurs proches) n’aient pas en toute circonstance le discours impeccablement radical que l’on attendrait. S’ils sont critiquables, critiquons-les. Et que ceux qui n’ont jamais péché (ni leur père), leur jettent la première boulle de pétanque !

Paraître les ignorer, dans un texte de revendication politique, tout occupés que l’on est à ciseler des allusions littéraires ou théologiques dont on le parsèmera comme on cache des œufs de Pâques dans le jardin pour que les gamins les trouvent [5], n’est ni noble ni digne, pour reprendre les hautes exigences affichées, pour l’avenir il est vrai, par ces quelques casseurs.

[1] Ce rappel est-il bienvenu ou dérisoire lorsque l’on adresse un texte au journal Le Monde…
[2] Pour donner un exemple écrasant sychologie de masse du fascisme de W. Reich.
[3] Et ton papa, il est au travail ? Et ta sœur ?
[4] Même si l’exercice concret n’est plus ni de mon âge ni de mon agilité.
[5] Il en est une dans l’alinéa précédent. Sauras-tu la découvrir, ami lecteur ?
Source : http://claudeguillon.internetdown.org/article.php3?id_a...e=268
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23/10/2009 Publié Actualité, Jeux, Arts (beaux) Esthétique, Corps Santé Psyché Sexualité, Fascisme économique & nouveau totalitarisme - Rép, Libertaires (pratiques), Résistance (actualité de la), Urbanisme Architecture, Armements (commerce) & militarisme, Indifférence, Inertie, Aquoibonisme, Société civile (& dépréciation-colonisation de, Corruption Secrets d'Etat Profit des drogues, Anti-hiérarchie Anti-Elites (mais sans "populisme"), Estime de soi & Humiliation (économie de), Alexithimie, Acédie, Simonie & corruption "morale" des idéaux et convic, Illisibilité et opacité volontaires, Arkhos & Cratos, Isonomie & Iségorie (isogorie), Panoptique, Fichage, Surveillance, Répression, Actualité policière, Militantisation, Kamikaze (économie du terrorisme), Philia | Pas de commentaire » | Lien permanent | Modifier

Commentaire(s)

> pffff

c'est un texte de revendication pas un manifeste. Il dit on a fait ceci parce que. Si c'est pour écrire un pavé de 100 pages théorique et très souvent indigeste à chaque fois que quelqu'un pète dix vitrines... Après les analyses de styles présentent sur internet, on s'en tamponne.

Et si la défense des gens en taule (pour certains libérer) est de dire qu'ils n'ont rien à voir avec les cagoulés de Poitiers, les mecs vont pas dire que si, ils ont quelque chose à voir. Ne pas les nommer, c'est aussi prendre actes qu'ils sont actuellement entre les mains de la prison et de la justice. Ca veut pas dire que t'es pas solidaire, ca veut juste dire que tu sais qui risque quelque chose pour le moment.

> Ben heu ...

Ben justement, je crois que ce que dit l'auteur de ce texte, et je suis assez d'accord, c'est que comme texte de revendication c'est un peu léger. Pour le coup, tant qu'à faire un texte de revendication qui dit pas grand chose comme celui-là, autant ne pas se donner la peine de revendiquer auprès des médias officiels. D'autant plus que dire "les anarcho-autonomes ça n'existe pas", mais quand même écrire une lettre intitulée "Coucou c'est nous" à ces médias qui ont beuglé "ultra-gauche" en parlant de l'action, ça me semble étrange.

Tout ça pour dire que moi, j'ai pas l'impression que ça soit une "analyse de style sur internet", mais une discussion politique. Après, si les auteur-e-s avaient pas envie de ça, illes avaient qu'à pas envoyer un communiqué au Monde, personne les a forcé-e-s.

Je suis aussi d'accord avec l'article sur le fait que ne pas du tout mentionner les interpellé-e-s, c'est un peu rude. Affirmer la solidarité, je crois pas que ça mette en danger les gens devant la justice, mais ça met du baume au cœur souvent. Ça veut pas forcément dire que les inculpé-e-s ont à voir avec les bandes de casseurs, je dirais.

En fait, de manière plus large, y'a une ambiance un peu étrange autour de quelques actions récentes, je trouve. Des gens font des actions, et rédigent après des textes de revendication. Du coup, assez logiquement, des gens discutent de ces textes de revendications. Et là, souvent, les gens qui discutent se font expliquer que l'important c'est l'action, que y'a rien à dire dessus, alors même qu'il y'a des textes qui ont été rédigés pour expliquer cette action. A ce moment là, je me sens un peu perdu.

> gloups

Je suis en parfait accord avec les critiques ici formulées, et j'aurais tendance à en ajouter une : il me semble que ce texte, par sa propre existence, vient contredire tout le contenu politique et philosophique qui pourrait être celui des "responsables" de l'action (pour parler en termes, j'en conviens, bien policiers...). En quoi est-il opportun, pour des révolutionnaires ayant, supposons-le, une certaine conscience du Spectacle, dont le journal Le Monde est partie intégrante, d'envoyer une lettre de revendications et de justifications, dont on sait qu'elle sera traduite en termes spectaculaires et attribuée à un "groupe" dont l'existence n'a pas lieu d'être, et n'est qu'une chimère policière ? N'aurait-il pas mieux valu, quitte à "répondre" au Monde, présenter, non pas une justification reprenant les articles publiés dans le journal, et se montrant ainsi sous l'apparence d'une objection polie faite dans le cadre d'un débat propret entre gens biens et bons démocrates, mais un véritable manifeste politique, poétique, même, qui, dans sa forme comme dans son fond, aurait été prévu pour ne pas être traduisible dans les termes du Monde, destiné soit à une publication tel-quel, soit à l'oubli...ou à une analyse forcément à côté de la plaque, qu'il aurait été aisé de démonter.

Plus largement, nous touchons là à un enjeu majeur du mouvement révolutionnaire, qui est (et d'autant plus pour les imbéciles qui, comme moi, sont syndiqués...) notre capacité à être autonomes, non pas vis-à-vis du peuple, du prolétariat et de ses aspirations, mais vis-à-vis des modes de pensée et d'expression de la classe dominante, notamment s'agissant des formes parfois policières que peuvent malheureusement prendre la clandestinité, et certaines formes d'actions directes qui en découle. Il ne s'agit pas ici de condamner les actions de Poitiers, mais de savoir ce que nous en faisons. La véritable stratégie du "coucou" eut résidé dans un silence stratégique, avant une prochaine apparition. N'oublions pas néanmoins que les véritables "coucous", ne le sont que par qu'ils se surprennent eux-mêmes, et qu'il n'y a rien de plus beau que de voir une foule "partir", sans qu'on lui ait rien demandé, et commencer à foutre des baffes à maman, alors qu'elle se penchait pour le bisou du soir...

Vivement le grand "COUCOU"...

> quel éfficacité ?

La remarque sur l'absence de solidarité avec les arrêtés est plus que pertinente. Ceci dit le plus choquant dans ce texte est l'absence de toute référence à la critique de l'univers carcéral.

Les Coucous ne parlent que d'eux-même et de leur malaise intérieur, il ne s'adresse qu'à leurs ouailles potentielles (dans le but de recruter quelques fils et filles des classes moyennes ressentant les mêmes symptômes psycho-pathologiques ?)

Ce texte confirme donc ce qui était déjà annoncé par ailleurs : que les néo-blanquistes (ces paléo-léninistes) n'agissent que pour renforcer leur PARTI et n'ont rien à foutre du prétexte évoqué.

Criticable en soi, leur fétichisme du Parti et de la PUISSANCE, tourne ici au ridicule : s'il faut 3 mois de préparation à de super stratèges pour casser 8 vitrines en regroupant 150 super-conscientisés. Ceci dans un contexte très favorable où on profite ( ce n'est pas un jugement moral, juste un constat) de l'initiative d'autres et d'une occasion extérieur , dans une petite ville de province assez tranquille. Ces 3 mois de préparation étant suivit de 3 mois de repos pour se faire oublier. Nous en concluons que notre avant-garde ici présence se targue de provoquer l'insurrection (qui dit qui vient mais en fait elle simule) en cassant une vitrine par personne tout les dix ans environ.

> suite

Enfin tout ça pour dire que n'importe quel bande de potes après une soirée bien arrosé est capable de faire bien mieux (selon ce qui a l'air de tenir lieu de critère) que votre Parti de petits bourges à problèmes.

La puissance est ailleurs...

de toute façon ailleurs que dans son évocation maladive.

> boarf

Les flics auto alimentent avec leur plus mauvaise prose la disparition du contenu politique de la manif vers du grand guignol.

Qu'y a t il à revendiquer sinon quelques vitrines cassées?

Le seul truc qui pose question est comment peut on foirer autant la forme de son intervention publique si elle n'est pas destinée à autre chose qu'au spectacle?

Que ce soient de vrais gens téléguidés par la police ou des flics eux mêmes le résultat est équivalent. Peu (pas?) de dégâts matériels significatifs, plein de militants locaux cassés, les gratte papier ont encore quelques fétus de paille de plus pour bourrer l'éventail de l'anarcho autonomie jusqu'à l'interdiction légale massue finale qui va démanteler tout mouvement autogestionnaire pour quelques années le temps que nombril premier finisse son mandat.

Pitoyable de bout en bout !

> Je ne sais pas, mais qu'est ce que je parle

Je vais me faire l'avocat du DIABLE, de BELZEBUTH, du casseur de vitrine, du maître des enfers lui-même.

Je comprends et je suis plus ou moins d'accord avec pas mal de critiques des actions à Poitiers formulées ici et ailleurs.

Mais il y a certains points positifs à ne pas négliger (vous pouvez me traiter d'irresponsable et d'abruti, je m'en bats, ce ne sont pas là des arguments) :

1) C'était **amusant**. Je veux dire, lire dans la presse des choses comme : "la police a été prise de court" ( Loooooool !!!) , "le centre ville de Poitiers a été dévasté' (des vitrines cassées et quelques dizaines de pauvres tags !), et autres agréments du même type, ce fut fun. Désolé.

2) Il faut bien accorder à ces coucous qu'ils ont bien en quelque sorte **piégé la répression** (comme indiqué dans leur missive), puisque Hortefeux-follets a voulu mettre la pression sur la justice (et quelle justice !), qui s'est empressé de juger en 2/2 et condamner des innocents, se grillant un poil de crédibilité au passage, ce qui n'est pas tout à fait passé inaperçu. Je trouve ça pas mal. En tout cas, ça ressemble pas mal à un piège de la répression.

Maintenant, Mesdames et Messieurs, ouvrez le feu, je n'ai pas d'armes.

> Petites réponses selon mon humble avis

@quelqu'un-e

Il s'agit tout de même de revendiquer une dizaine de vitrines péter et deux dizaines de tags. Il s'agit pas de l'émeute du siècle. L'envoyer au médias est une autre question. Il n'empêche qu'un texte de revendication est rarement un grand moment de théorie. En général, on dit pourquoi on a fait telle action et c'est à peu près tout. En particuliers parce que le message envoyé doit tout de même être clair et non perdu au milieu d'une centaine de page d'un brulot politique.

Après, que les auteurs aient fait le bon choix en envoyant le texte aux médias, honnêtement, on s'en tamponne. Si ils veulent vivre le grand frisson médiatique, grand bien leur fasse. Après, si ça permet à un texte dépasser le cercle des lecteurs d'indy et de sites militants, c'est tant mieux... ça n'engage pas grand chose, ça demande pas trop d'effort et c'est tout. Je crois que c'est tout ce qu'on peut tirer du fait que le texte ait été envoyé au monde.

Concernant la discussion politique qui doit en découler, je suis étonné que l'on passe des dizaines et dizaines d'heures à parler réthorique au lieu de parler de la taule, voir plus simplement de notre capacité manifeste à faire des trucs bien organisés sans organisations (au sens parti) et comment faire pour étendre ça. C'est tout de même vachement plus important que de savoir si ils ont eu raison d'envoyer le texte au monde ou pas.

Vis-à-vis de la question des interpellés, je maintiens ce que j'ai dit. Vu le contexte de la manif, la tactique mise en oeuvre et le propos du communiqué de revendication, on se doute qu'ils sont pas copain-copain avec les flics. De même, je pense que la critique de la taule et de la répression qu'ils ont mis en oeuvre à Poitiers en dit largement assez sur ce qu'ils pensent de la répression et de la taule. Dire qu'ils sont solidaires serait une pure forme de réthorique et met avant tout en avant l'idée que la grande majorité des lecteurs sont des gros cons analphabètes.

Je suis d'accord qu'il y a une ambiance étrange autour des actions récentes. Mais après je ne suis pas d'accord avec toi. Ce type d'actions est susceptible de se reproduire à l'avenir. Passer des heures à critiquer tel ou tel communiqué parce qu'il pas bien écrit, et tel autre parce qu'il a été envoyé à la presse, c'est perdre du temps pour pas grand chose. Ca se trouve, les mecs pensaient même pas que leur texte serait rendu public... Après je trouverai plus normal qu'un tel communiqué introduise le débat sur la prison, sur la répression ou sur le mode d'organisation qui a permis de "surprendre" les flics.

Je te dis pas que l'important c'est l'action, je te dis que l'important ce sont les idées qui ont motivés cette action. Le communiqué ne sert pour toi, moi et d'autres qu'à désigner les motivations principales de l'action.

De plus, je rajouterai que l'action a été réalisée par un groupe de gens qui ne pensent pas forcément la même chose et que seul un texte aussi court pouvait justement rassembler. Et c'est bien là l'essentiel...

@ ta mère s'est fait butée

Vo mieux un tract lycéen bien écrit qu'une vomissure théorique plein de bon sentiments pro-situs ou de connerie prolétarienne.

@oim - oim

juste deux choses :

D'un, je ne comprend pas en quoi une revendication d'une action contre la prison ne parle pas de la prison. L'action parle d'elle-même non ? pas besoin d'en remplir des tartines...

Et deux, on les attend toujours les bandes de potes désoeuvrés qui font des actions de ce style après une soirée bien arrosée. Si ils sont capables de faire bien mieux, qu'ils le fassent, je pense que tout le monde sera content.

@ nan

vu l'état des "militants" locaux, avant l'arrivée des "casseurs", c'était de la bouse... c'est sur qu'après un coup comme ça le NPA et toutes les autres chapelles, elles s'en mordent les doigts, et c'est tant mieux. La lutte contre le système carcéral ne peut s'embarasser de demi-mesure véhiculé par des arrières-pensées électorales ou organisationnelle. Surtout que les "téléguidés" en question, vu leur mode de fonctionnement, ils en rigolent encore des roulements d'épaules de Hortefeux et des autres guignols sur la question de la dissolution...

Gros bisoux

> le jeu du Monde

L'OCL a cru bon de pondre un deuxième communiqué pour se plaindre de la mauvaise reprise de son premier communiqué par le Monde.Voilà maintenant que l'on revendique auprès du Monde une action (20 vitrines et quelques tags) en référence à l'article du journal ("la théorie du coucou")...

C'est la peine de vouloir repenser l'information à longueur de tract, et d'être à la remorque des médias dominants.

> c'est assez drôle quand même

De voire les critiques de cette action se rassembler autour d'un texte d'un type (Aris Papatheodorou) qui fut à son époque dans l'autonomie parisienne (qui n'a pas eu grand chose à voire avec l'autonomie italienne), lui même négriste (ça ne l'a pas quitté, jusqu'au tutti bianchi) et opéraiste (mais travaillant, sic, dans la revue multitude), puis passé au vert puis au NPA... Drôle de parcours. Pour qui connaissait son nom un peu, on sait aussi le rapport que ce type peut entretenir avec son ego (ça se sent même dans ce texte, ce rapport au "moi moi") et l'envie de voire sa tronche dans les médias branchouille. Texte en plus envoyé sur indy par un ancien d'ATTAC, qui après avoir tenté de se faire élire au plus haut poste de cette très hiérarchique organisation, ne semble toujours pas avoir compris que si celle-ci s'est décomposée au fil du temps, c'est grâce à une des personnes qu'il admire (en l'occurence Susan Georges), et tous les discours de dissociation que cette personne a pu faire après Gènes ou le No Border de Strasbourg, qui ont fini de dégouté les "jeunes". Ça et l'organisation encore une fois plus que hiérarchique.

Bref, non que cela enlève au contenu, mais ça le met un peu en lumière. Ça explique peut-être pourquoi ce texte tombe complètement à côté de la plaque, contient en lui-même un certain nombre de contradictions (l'auteur n'en est plus à ça près) comme de dire en matière de critique que les casseurs ont une "vision morale de la situation", mais pense le manque de solidarité envers les arrêtéEs dans ce communiqué comme une faute morale... Faut savoir ce que l'on veut. En plus, j'ai l'impression qu'assez souvent dans ce texte l'auteur pose des critiques, et y répond de lui-même après. Mais je veux bien croire que la "grille d'analyse sociale et historique" de ce type est suffisamment rouillée pour qu'il ne comprenne pas grand chose à tout ce fourbi.

Enfin je ne comprend pas grand chose à tout ce texte, et vraiment encore un fois, j'ai l'impression qu'il est complètement décalé par rapport à la situation... A la limite les questionnements soulevé dans certains commentaire me parraissent beaucoup plus intéressants, on aura qu'à dire que ça aura au moins servi à ça... Et puis ça vole un peu plus haut que ce qu'on avait pu lire avant en réaction à chaud, le ton est moins dans la polémique en tout cas...

> Petit problème

Le texte ne semble pas être le fait du dénommé Aris, dont on nous présente plus haut le curiculum Vitate, mais d'un dénommé Claude:

http://claudeguillon.internetdown.org/article.php3?id_a...e=268

> tout s'explique

Je comprend mieux pourquoi ces critiques paraîssent si décalées. C'est sûr que le texte ne rentre pas dans la case "texte revendicatif" aux formes de tract qu'on peut voire habituellement quand c'est des nanars qui commettent, avec tout le jargon et la grille d'analyse libertaire habituelle. Doit être un peu en manque de repère le claude, c'est tout.

> Sur l'importance à donner à tout ceci

@ Houllala et à ceux qui veulent

Problème de génération sans doute... et alors ? Il n'empêche et tu sembles l'admettre en parlant des précédents commentaires, que ce qui était valable pour le premier communiqué de l'OCL est valable pour nos petits coucous. Cette propension à mettre en avant ses propres thèses en oubliant de marquer le moindre appel à la solidarité envers ceux qui se sont fait pécho est tout de même notable et critiquable.

Pour le reste, on ne peut que te donner raison sur la question du décalage. Ceux qui s'obstinent à ne traiter que de la violence et (ou) de la question organisationnelle feraient bien de ne pas fermer les yeux sur l'ensemble des arguments développés dans ce qui, avant d'être un justificatif de présence, n'est d'abord qu'une réponse à un journal qui s'est longtemps présenté comme le plus proche de tous les pouvoirs.

Guillon reconnaît d'ailleurs un certain nombre de qualités à ce fameux texte. Comment par exemple ne pas retenir pour ce qu'elle est cette volonté de sortir de la seule logique de l'affrontement frontal avec le (les) pouvoirs ? D'articuler son propre combat à celui de l'ensemble de la société et de ce qui couve en elle ? Comment ne pas retenir ce bon conseil qui consiste à refuser de parler la langue de l'ennemi en jouant le jeu des appellations contrôlées ? Commet ne pas retenir toute la justesse de ce bombage sur le baptistère renvoyant à l'éternel retour de la question communiste en tout lieu et surtout où on ne l'attendait pas, etc.... Toutes choses que ne peuvent effectivement ignorer tous ceux qui ont un peu de bouteille et peu importe leur prénom ou leur CV.

> Déterrons du vieux

Un lien à lire avant de considérer ces évènement comme si c'était VRAIMENT des gens libres et conscients qui pilotent tout ça :

http://libertesinternets.wordpress.com/2009/06/01/ces-p...nifs/

Il y a des idiotEs utiles dans tous les mouvements, on voit la qualité et l'intelligence des dits mouvements à leur capacité à les neutraliser, sinon bien évidemment la diabolisation est la méthode la plus efficace et la plus éprouvée pour s'attaquer à des personnes sans ligne politique ni portes paroles.

Au point que même si leur nombre augmente on peut les dresser les unEs contre les autres assez facilement sur des questions de réthorique ou de radicalité.

> Et une citation de Julien Coupat pour conclure

"L’antiterrorisme, contrairement à ce que voudrait insinuer le terme, n’est pas un moyen de lutter contre le terrorisme, c’est la méthode par quoi l’on produit, positivement, l’ennemi politique en tant que terroriste. Il s’agit, par tout un luxe de provocations, d’infiltrations, de surveillance, d’intimidation et de propagande, par toute une science de la manipulation médiatique, de l’”action psychologique”, de la fabrication de preuves et de crimes, par la fusion aussi du policier et du judiciaire, d’anéantir la “menace subversive” en associant, au sein de la population, l’ennemi intérieur, l’ennemi politique à l’affect de la terreur.

L’essentiel, dans la guerre moderne, est cette “bataille des cœurs et des esprits” où tous les coups sont permis. Le procédé élémentaire, ici, est invariable : individuer l’ennemi afin de le couper du peuple et de la raison commune, l’exposer sous les atours du monstre, le diffamer, l’humilier publiquement, inciter les plus vils à l’accabler de leurs crachats, les encourager à la haine. “La loi doit être utilisée comme simplement une autre arme dans l’arsenal du gouvernement et dans ce cas ne représente rien de plus qu’une couverture de propagande pour se débarrasser de membres indésirables du public. Pour la meilleure efficacité, il conviendra que les activités des services judiciaires soient liées à l’effort de guerre de la façon la plus discrète possible”, conseillait déjà, en 1971, le brigadier Frank Kitson [ancien général de l'armée britannique, théoricien de la guerre contre-insurrectionelle], qui en savait quelque chose."

La fabrique à terreurs tourne à plein régime même si à court terme ça fait rigoler certaines personnes qui aiment bien le désordre (par définition état temporaire pourtant) et c'est la FA et la CNT qui mangent pour l'instant, l'OCL a bien senti que son nom était sur la liste aussi pour la suite.

A voir s'il en sort une structuration ou un comportement des poulets effarouchés qui courent dans toutes les directions.

> MATRICIDE

Je crois que MATRCIDE vient de MATRIX, société industrielle écologiquement anéantie et qui maintient une ressource humaine en vie que pour se procurer une énergie; tandis qu'elle "enferme" cette ressource humaine dans un monde de rêve via des branchements divers.

Toute ressemblance avec notre monde ne serait que pure coincidence...

En fait MATRIX est la reproduction inversée de la DEESSE-MERE, Terre nouricière. Là c'est l'humanité qui sert de source de "nourriture" aux machines, cele-ci la gavant de monde virtuel qui n'a rien à envier à l'opium du peuple ...

Avec CETTE interprétation, le MATRICIDE et les casss de poitiers ou autres sont plutot une action contre la société industrielle et son enferment technologique antibio.

> des flics ?

cela dit je pense que c'est une manipulation policière.

Mais quand bien même on ne saurait pas qui sont les auteurs, la bataille suivante est celle des medias et là...c'est perdu d'avance tant qu'on n'aura pas une campagne large , avec manif et tout le tremblement contre les medias qui mentent .

C'est peut-etre apres tout qu'une diversion; soit contre le mouvement anti-carceral qui monte, soit pour couvrir autre chose ( tester l'état d'urgence dans l'affaire H1N1 -Obama vient juste de le signer aux states et la descente nocturne au lieu de réunion 23 avait vraiment l'air d'une répétition).

> Bitchou

@Bitchou

"vu l'état des "militants" locaux, avant l'arrivée des "casseurs", c'était de la bouse... c'est sur qu'après un coup comme ça le NPA et toutes les autres chapelles, elles s'en mordent les doigts, et c'est tant mieux. La lutte contre le système carcéral ne peut s'embarasser de demi-mesure véhiculé par des arrières-pensées électorales ou organisationnelle. Surtout que les "téléguidés" en question, vu leur mode de fonctionnement, ils en rigolent encore des roulements d'épaules de Hortefeux et des autres guignols sur la question de la dissolution..."

Tu sous entends que c'était le NPA qui organisait cette journée?

Je me permets de te dire que si c'est le cas tu te gourres complet!

> manip policière ?

trop de choses clochent dans cette affaire poitevine :

-L'affaire Tarnac qui finit par se retourner contre l'Etat et qui nécessite de relancer l'objectif premier : création d'un ennemi intérieur

-le fait que la police n'ait rien vu venir alors que Poitiers est plutot fliquée en général et que le directeur de la sécurité local Papineau débarque du 93 (pas précisément un novice dans la création d'un ennemi intérieur ni dans la sécurité)

- l'insertion du journal LE MONDE dans le processus de matérialisation de l'ennemi intérieur

-la promptitude de Heurtefeux à rallier POITIERS (autre symbole en lien avec l'immigration : Charles Martel et les arabes) pour annoncer la répression du milieu anar .

- la volonté de jouer la division au sein du milieu libertaire en manipulant le communiqué de l'OCL-POITIERS.

-l'arrestation de nombreux militants CNT, occasionnant une déperdition de forces et d'énergie à l'ensemble de la confédération à un moment opportun ( la vaccination obligatoire démarre et l'état d'urgence estd écrété aux states)

-l'occasion de tester un couvre-feu au local le 23 de nombreuses heures après la casse alors qu'il s'agissait de la suite du programme déposé par les organisateurs : on m'a rapporté que tout le monde a passé des heures à genoux dehors à se faire photographier etc...(plus la casse du matériel loué ou prêté pour l'occasion, l'annulation de la soirée de facto etc...). Là la police n'a pas été prise de court.

Depuis le 911 on devrait pourtant être habitué à cette tactique de faux drapeau. D'autant qu'elle n'est pas neuve en matière de répression des contestataires et que les personnes en place n'ont rien à envier à la loge P2 qui organisa la répression en Italie ( à grands coups d'attentats) dans les années 70.

> Courte réponse à "pas sage"

Je sais pas si c'était "fun", mais je vois pas où est la réussite de l'opération quand celle-ci se solde par la condamnation "d'innocents" (j'y mets des guillemets, c'est pour citer ; pas pour nuancer ...).

Youpi, des martyrs. :-)

(Sauf que tout le monde - ou presque - s'en fout)

Faudra trouver autre chose.

> pas du tout.

@ ragnagna

Pas du tout. Je parle plutôt de ceux qui ce sont gaiement et joyeusement jeté vers les caméras pour exprimer deci-delà ce qu'ils pensaient des cagoulés.... d'où mon allusion au NPA.

Les organisateurs se sont d'ailleurs distingués par plusieurs communiqués qui je pense pour ma part devrait servir d'exemple au ramassis de conneries habituellement sorties par certaines orgas prétenduement révolutionnaire.

> on dramatise beaucoup...

J'ai l'impression que dans ces discussion on dramatise beaucoup, que bien souvent la peur de finir fiché/contrôlé/filé/fliqué joue beaucoup, alors qu'en vrai y'avait pas besoin de poitiers pour que ce soit DÉJÀ le cas.

Pour ma part je ne suis pas sûr que le bilan soit si négatif, quand je vois que la semaine qui a suivie, il y a eu une forte mobilisation dans la ville contre les condamnations arbitraires. Une manif à plus de 1000 au moins contre la répression, c'est pas non plus rien. Des liens se sont resserrés aussi, le 23 maintenant les gens connaissent et j'imagine qu'il y a du soutien. Je vois des soirée de soutien qui s'organisent aussi un peu partout, j'ai l'impression par un tas de tendances/mouvements différents. Certes on peut voire le foin médiatique, mais concrètement y'a pas que ça, y'a aussi ce qui se passe dans la réalité, et ça n'est pas aussi caricatural que ce que les médias veulent bien montrer.

Et puis dans l'histoire, y'a beaucoup de gens qui parlent à la place des personnes qui se sont fait arrêtées, mais j'ai vu qu'au moins une des personnes sorties déclarait que pour elle la violence, c'était pas casser des vitrines, alors je me dis que peut-être on peut les lasser s'exprimer plutôt que de moitié les instrumentaliser parce que c'est pratique des les porter comme symbole pour justifier une dissociation.

Et puis la dissolution de groupes comme la FA, la CNT ou l'OCL j'y crois vraiment pas, je pense pas que ce soit les mouvements vraiment visés, faut arrêter de délirer. Ce ne sont pas les mouvements que l'État trouve réellement dangereux actuellement, sinon il aurait pu le faire depuis bien longtemps. Même, la réaction que ces orga ont par rapport à Poitiers (ou d'autres trucs comme la dissociation forte de No Passaran Nantes par rapport à l'auto-réduction de Vigneux) jouent tellement son jeu en ce moment que plutôt l'État aurait bien intérêt de les laisser tranquille. Pour l'instant c'est pratique, les orgas jouent le jeu de la division, pourquoi les casser?

C'est la peur qui nous tient aujourd'hui, c'est notre principal ennemi que l'on doit dépasser collectivement, en se soutenant mutuellement, sinon c'est mort.

> Personne n'est dangereux pour l'état actuellement

@poipoi

Faut pas se faire d'illusions, à gauche comme à droite comme chez la plupart des gens qui se reconnaissent pas dans la démocratie l'état est en permanence appelé au secours.

Il n'y a aucun groupuscule ou cotterie auto proclamée révolutionnaire qui menace l'état actuellement. Tout simplement parce que l'appareil de formation/propagande anarchiste est largement grippé faute de perspectives politiques claires.

Et c'est pas ce qui s'est passé à Poitiers qui va aider à rendre les projets anarchistes pour la société clairs je suis désolé. Donc oui c'est dramatique, et pour le résultat au moins niveau matériel pour la militance locale, et pour l'envie de lutter de la population dont on peut comprendre que ça ne lui fait pas vraiment envie un défouloir sans perspectives...

> un peu de casse pour retourner à la politique classique

Il s'agit bien de discuter de notre rapport aux médias. Certains voudraient nous faire croire que ce rapport est neutre, qu'il n'engage à rien, qu'il ne définit pas nos contenus, qu'il n'a aucune conséquence sur ces contenus...D'autres parlent de "liberté d'expression"...Le niveau du débat est dramatiquement bas.

Depuis quand ceux qui veulent subvertir les structures sociales ( c'est, dans le Monde, le programme annoncé par les "coucous" ), depuis quand cette volonté de subversion considère la collaboration avec la propagande impériale comme un moyen pour faire connaître ses idées, et ses pratiques ? Quel gain peut-on tirer de l'usage de ce moyen ? La réponse est évidemment négative pour tout ceux qui produisent leur propre presse, leur propre réseau de diffusion des idées et des pratiques. Nul besoin de quémander une place dans le Monde, cela va de soi. Mais pour des gens qui conçoivent le traitement médiatique de la réalité ( une manif qui se barre en couille par exemple ) comme un enjeu qui domine tous les autres, il est important d'intervenir dans la presse de la Domination. C'est ce que les coucous ont fait. C'est une erreur de croire que l'offensive contre les journaflics est une question identitaire : pourquoi devrions-nous publier chez des gens qui participent à la répression des pauvres ? Elle est une question identitaire pour ceux qui séparent abstraitement les effets de la propagande impériale du reste de la Domination. Voilà toute la teneur de cette affaire. A ce titre, les coucous sont des cons, ils s'adressent à des auxiliaires de police, à la gauche bourgeoise qui n'est pas pour rien dans l'acceptation des centres de rétention depuis Jospin, de la vie chère, etc. Mais les coucous sont agités par une toute autre question : comment faire parler de nous dans des termes qui nous conviennent ? Comme si le but de nos pratiques étaient de convaincre les médias du "bien-fondé" de nos pratiques...Ces médias auront bien le temps de s'y adapter et de se faire insurrectionnels quand ils ne pourront plus faire autrement. Ceux qui luttent n'ont rien à prouver à ceux qui profitent de l'exploitation, n'ont rien à leur dire, ne fréquentent pas le "radicalisme contre-culturel", qu'il soit philosophique, médiatique ou artistique. La"liberté d'expression" commence par là, dans le refus des formes imposées de la communication, dans le refus des monopoles médiatiques. Après tout, il était question de désertion pas d'un retour à la politique classique ! Relisez Tiqqun ! Revendiquer l'Autonomie en collaborant à la presse, quelle farce (mais ce n'est pas la dernière ) !