Nous quittons la CFDT pour rejoindre SUD Rail

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Nous sommes plusieurs milliers de militants et d'adhérents CFDT de différentes régions (Lille, Nantes, Amiens, Paris Nord, Lyon, Reims, Paris Rive Gauche, Marseille, Chambéry, Tours, Metz/Nancy, Clermont-Ferrand, …) à quitter la CFDT pour SUD Rail.

Le 17 juin 2003, après le mouvement social pour la défense des retraites, les cheminots CFDT adoptaient majoritairement une motion exigeant de la Confédération qu'elle ouvre « le débat afin de tirer le bilan et les enseignements de ce qui vient de se passer … ». La motion concluait qu'en l'absence de « … signe démocratique majeur … la confédération prendrait le risque de voir encore partir des centaines de militants, d'adhérents, … »
Aucun signe démocratique même mineur n'est venu ... Au contraire, depuis des mois, la confédération et F. Chérèque n'ont cessé de multiplier les provocations envers les cheminots : Dénonciation en août dans «Capital » des régimes spéciaux (RATP, SNCF), soutien au rapport Douste-Blazy prônant l'ouverture au capital des entreprises publiques et la concession au privé de missions de service public, déclarations ambiguës sur le « service minimum », re-dénonciation du régime spécial des cheminots financé selon Chérèque par les chômeurs (France 2, le 15 septembre).

Notre avenir est ailleurs

8 ans après 1995, la CFDT cheminots subit une nouvelle vague de départs de militants et d'adhérents…
Mais le malaise et la crise sont bien plus profonds et importants….. Pour beaucoup d'équipes et de militants, dans tous les secteurs professionnels, le ressort est cassé !
Pour nous qui quittons la CFDT, la page est tournée … Nous ne croyons plus que la ligne confédérale est « redressable ». Notre sentiment est que cette dérive et cet accompagnement du libéralisme ne connaîtra pas de limites … ceux qui resteront seront encore moins nombreux pour réussir là où nous avons échoué : Donner corps et vie à une orientation alternative à la ligne confédérale.

La CFDT cheminots ne sera plus la même

Une fois les « partants » partis, comment seront perçus par les cheminots ceux qui ont choisi de rester à la CFDT ? Certainement comme en accord avec la ligne confédérale et il leur sera encore plus difficile de faire entendre leur différence face à la CFDT Chérèque.
Comment continuer à exister et résister sous l'étiquette CFDT avec les prises de positions confédérales à venir sur la protection sociale, les entreprises publiques, le service minimum…?
Après le départ de la totalité du Bureau National, d'équipes syndicales, de militants et d'adhérents en région … croyez vous que la CFDT aura la volonté et les capacités de continuer au même niveau le travail entrepris sur RFF, Cap Clients, la libéralisation ferroviaire… ?
Oui il restera une CFDT à la SNCF ….. mais avec quelle représentativité électorale ? combien de militants et d'adhérents ? Quelle influence dans l'entreprise ? Et surtout avec quel dynamisme et quelles perspectives ?

Nous faisons le choix de rejoindre SUD Rail

Quitter la CFDT et « attendre pour voir » peut être tentant. Le risque est que beaucoup d'adhérents et de militants en quittant la CFDT, abandonnent le syndicalisme à défaut de trouver ailleurs ce qu'ils ont apprécié dans la CFDT cheminots et la FGTE.
Ce n'est pas le moment de déserter le combat syndical, trop de menaces pèsent sur les salariés et les cheminots : Privatisation des services publics, emploi, protection sociale, retraites, libéralisation ferroviaire,….
Très majoritairement, nous ne souhaitons pas créer une autre organisation syndicale, nous préférons rejoindre et renforcer une organisation syndicale existante.

Pourquoi SUD Rail ?

Si au début certains ont pensé que l'option CGT était la seule solution possible, très rapidement, nous nous sommes rendus compte que les militants CFDT étaient très réticents à rejoindre la CGT.
Pour éviter l'éclatement, nous avons réfléchi à une autre alternative permettant de préserver nos équipes et surtout offrant un cadre favorable pour continuer notre activité syndicale à la SNCF….
Le choix s'est porté sur SUD Rail quand nous avons constaté que nos équipes se retrouvaient très majoritairement en accord avec cette option. Sans chercher à masquer les divergences ni renier le passé, nous avons constaté avec SUD Rail :
- Un accord global sur le cahier revendicatif (augmentations en sommes uniformes, défense du personnel CE/CCE, refus de RFF dés le début,…) et des capacités communes pour négocier et signer des accords (accord formation, accord handicapés).
- Très souvent, nos militants sont ensemble dans l'action pour défendre les revendications des cheminots.
- Un fonctionnement et une organisation proches des nôtres.
- Une volonté commune de participer à une recomposition du paysage syndical dépassant les cadres actuels.

Ces convergences ont permis de discuter et de valider avec SUD Rail un accord national d'intégration.
Dans ces conditions, l'arrivée de milliers d'ex-CFDT dans SUD Rail peut peser et entraîner une dynamique au delà de ce que nous représentons.