SORTIE OFFENSIVE 22 : dossier "Nous voulons la terre !"

Mot-clefs: Ecologie
Lieux:

OFFENSIVE 22
Trimestriel d¹Offensive libertaire et sociale (OLS)
Mai 2009, 52 pages, 5 euros
OFFENSIVE 22
Trimestriel d¹Offensive libertaire et sociale (OLS)
Mai 2009, 52 pages, 5 euros

couverture : http://offensive.samizdat.net/IMG/jpg/couv_Off_22.jpg

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disponible par correspondance contre 5.5€ à Offensive c/o Mille Babords 61, rue Consolat 13001 Marseille ou par abonnement à partir de 18€ (chèques à l’ordre de Spipasso à la même adresse).

en achat en ligne (c’est ici).

en kiosque (c’est par là).

dans de bonnes librairies engagées.
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Au sommaire :

Analyses
Désobéissance pédagogique
Femmes : le désir censuré
Noir et rouge

Histoire
Les IWW

En lutte
Luttes sous haute tension

DOSSIER
Nous voulons la terre !

Ruralité : état des lieux, état des luttes
Pour une civilisation du noble geste
Quitter la terre, pourquoi, pour qui, pour où ?
L¹exode rural... vers les bidonvilles
Les origines rurales du socialisme prolétarien
Le retour à la terre, un slogan pétainiste
Mains à plume, mains à charrue
à quoiqu¹v¹s¹ êtes bons ? à vous met¹ en grève
Comment on fait son pain...
Néo-urbains ?
Cévennes : les vallées du capitalisme vert
Un monde agricole vivant et dynamique

Horizons
Grèce générale

Entretien
Nous sommes la mauvaise conscience de la société

Alternatives
Résister dans son quartier

Contre-culture
Livres, Musique ; Arts vivants - cinéma

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Edito
La crise sera longue. Une crise mondiale. Nous sommes en plein dedans. Sauf que pour les personnes nées après les années 1970, on n¹en était jamais sortis. La crise, on était déjà dedans... Et en voilà déjà une nouvelle. Zut alors...
Cette crise, il va falloir la combattre. Idéologique-ment, s¹entend. Comme l¹explique Naomi Klein, le système néoliberal profite de ces moments de crise pour installer un peu plus l¹idéologie du « laisser-faire ». Keynes a quand même dû faire un retour remarqué pour justifier l¹intervention des États. Mais la rupture n¹est qu¹apparente : l¹économiste était, après tout, libéral.
Une fois ces choses éclaircies et les banques sauvées, la bataille idéologique a repris. On nous dit que la crise aurait deux explications : des voyous de type Madoff ou Kerviel qui ont fait dérailler ce si beau système (« les subprimes, c¹était juste des gestionnaires véreux ») ; mais surtout, on n¹est pas allés assez loin dans les réformes (« le système est trop réglementé »). Bref, tout comme l¹URSS n¹était pas vraiment communiste, le capitalisme n¹est pas vraiment libéral et c¹est pour ça que tout va mal. Face à la grogne populaire, les gouvernements sont mal dans leurs « sketbas ». Les entreprises nationales vont en profiter pour quitter le pays, dégraisser et exiger plus. Les élus, quant à eux, ont peur de se retrouver seuls face à leur lot de chômeurs, après des milliards en cadeau aux banques... Alors tout d¹un coup, il est possible de s¹attaquer aux salaires des banquiers et autres patrons (même si c¹est surtout de l¹effet d¹annonce). Ça alors ! Pendant tant d¹années, on nous a dit que l¹État n¹y pouvait rien (« liberté d¹entreprise »). Ou que c¹était mérité (« tout cet argent qu¹ils font gagner à leur boîte »). Maintenant, même le paradis ­-fiscal- ­ est atteignable : on parle de le supprimer. Et le gouvernement étasunien de faire pression sur la banque suisse UBS pour qu¹elle livre les noms d¹administrés pratiquant l¹évasion fiscale (sport très courant chez les riches).
Bref, tout devient possible, des grèves ont commencé ­ espérons que ce n¹est qu¹un début ­ en Grèce, en Guadeloupe, en Islande, en France. Mais là on nous dit que ce n¹est pas le moment. Il aurait été bon de nous dire quand ça l¹était. On est vraiment mal informé dans ce pays...

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Edito dossier
Alors que 90 % de l¹humanité vivaient encore dans les campagnes en 1900, la moitié de la population mondiale habite désormais en ville et il semble que ce phénomène soit appelé à s¹accentuer encore au cours des décennies à venir. Dans cette évolution, dont le développement du capitalisme industriel semble être à la fois la cause et l¹effet, la perte des formes traditionnelles de l¹agriculture paysanne s¹accompagne de la disparition de tout un ensemble de gestes et de savoir-faire propres à la paysannerie et à l¹artisanat, qui étaient les garants d¹une autonomie matérielle et d¹un certain rapport à la communauté reposant sur l¹entraide et le partage, mais également sur une inébranlable volonté d¹indépendance. C¹est encore une conception de l¹économie qui disparaît, basée sur l¹épargne et la sobriété, ainsi que sur l¹autosubsistance du foyer ou du village. C¹est enfin un rapport à la nature et au monde qui reposait sur le souci de maintenir ce qui est, de le transmettre et de le faire fructifier. L¹enjeu actuel est donc de préserver là où ils subsistent ces gestes, ce rapport à la communauté, à l¹économie et au monde, et de les retrouver là où ils ont été laminés. Mais, au préalable, il faut en finir avec l¹idée selon laquelle mettre en avant les vertus de la paysannerie et de l¹enracinement serait une attitude nécessairement rétrograde, voire pétainiste. D¹ailleurs, lorsqu¹il était fortement implanté dans la ruralité, le mouvement ouvrier a donné de nombreux exemples de cet esprit d¹indépendance et des fortes traditions d¹autogestion communautaires dont il s¹était imprégné. Aujourd¹hui, un certain nombre de personnes quittent les mégalopoles et expérimentent un retour à la terre. Elles la travaillent souvent collectivement, occupent et rénovent des maisons abandonnées dans les villages. Inversement, des citadin-e-s créent dans leurs quartiers des Amap ou des jardins partagés. N¹est-ce pas l¹amorce d¹un nouveau rapport à la ruralité, qui prépare la voie à des échappées hors du monde actuel, en attendant une possible transformation sociale qui réinstaurerait un équilibre et des liens durables entre villes et campagnes ?