Communiqué des expulsés du "48"

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récit + communiqué

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Comme vous pouvez le constater, nous n'avons pas le temps de nous ennuyer;
Hier après-midi, nous étions à la mairie pour récupérer les affaires du
"48"; nous n'étions pas dix que c'était déjà trop pour le responsable sécu
et une quinzaine de flics municipaux ont filtré l'entrée et la grand'porte
principale a été fermée à 15h30; à l'extérieur trois voitures du
commissariat et un fourgon sont venus se garer quant aux élus, c'était pas
leur jour, sans doute malades pour cause de parano aigüe!
les Rroms, malgré la promesse de leur maintien à l'hôtel jusqu'au 6 mai
ont été jetés; plusieurs camarades en voitures ont été les chercher. Nous
avons été rejoints aussi par nos camarades africains.
Jusqu'à 17h30, nous sommes ainsi restés devant la mairie avec les Rroms,
SDF et DA; pour les effets personnels, ils ont été récupérés et, sur
proposition de syndiqués "SUD", nous avons été ensemble les stocker à la
BdT; la question s'est posée de passer la nuit à la BdT; les responsables
syndicaux sans s'y opposer ont quand même souligner le manque de confort
mais vu l'heure...
Finalement, devant le refus des Rroms d'être séparés et de laisser les SDF
à la rue et malgré la bonne volonté des responsables syndicaux de discuter
avec la mairie, les "soutiens" ont décidé de loger tout le monde:
Le démocratisme débile et l'indécision, les palabres et les "ego" ont fait
leur oeuvre.
Il aura fallu plus de quatre heures pour, au final, en venir à ce que la
mairie voulait dès le départ!
Espérons que les conséquences de ce recul ne seront pas néfastes pour
l'avenir du mouvement; déjà, la manif de cet après-midi nous permettra de
voir l'évolution du rapport de force et son impact sur la population car
ce soir la question va se reposer pour les Rroms et SDF et il ne s'agira
pas de se perdre en discussions stèriles qui reforcent peut-être les egos
de certains mais affaiblissent le mouvement; -pj49-

COMMUNIQUE:
En nous expulsant du 48, rue Lionnaise, les autorités ont montré qu'ils
n'avaient pas retenu la leçon de la réquisition de l'ex-gendarmerie des
Ponts de Cé; dommage pour elle car elles n'ont que renforcé notre
détermination!Après une courte halte devant la mairie vers 17h les
habitants du "48" se sont rendus en groupe au lieu de rendez-vous fixé le
midi même dans les locaux de la DASS pour connaître les dernières
propositions des autorités pour leur logement comme la loi française et
les accords internationaux les y oblige; ils se sont vite rendus compte
que les propositions n'avaient pas changé: hébergements provisoires avec
en prime une trentaine de places au "Cesame", annexe de l'hôpital
psychiatrique.
Ils demandent l'asile politique, on leur propose l'asile de fous.
Quant aux SDF, pas de solutions sinon l'hôtel pour les gens, la SPA pour
leurs chiens.
La venue du représentant de la préfecture n'a rien changé à ces discours
fumeux; ce représentant a même eu le front de leur dire qu'ils pouvaient
composer le "115" (appel d'urgence) alors que le SAMU social amenait des
gens de la rue au "48" avant qu'il ne soit évacué par les forces de
police.
Les pouvoirs établis en nous expulsant ont provoqué SCIEMMENT un véritable
trouble à l'ordre public et devraient être sanctionnés en conséquence:
- Les autorités ont perturbé des gens qui récupéraient du cauchemar vécu
dans la corne de l'Afrique.
- Les demandeurs d'asile se reconstruisaient collectivement et s'ouvraient
à leur nouvel environnement social et culturel; l'intervention policière a
stoppé brutalement ce processus.
- Les Rroms de Roumanie nous ont dit avoir été touchés que nous leur
parlions et les considérions comme des êtres humains.
- Les SDF commençaient à envisager un avenir moins sombre....
- Les cours de français fonctionnaient et complétaient ceux dispensés déjà
pour une maîtrise plus rapide de la langue.
- Chacun dans les trois communautés présentes (SDF, Rroms et demandeurs
d'asile) s'adaptait sans contrainte à la vie collective du lieu.
C'est tout cet ensemble que les autorités ont attaqué en agressant le
"48"; pire qu'elles ont tenté de détruire... mais elles en sont pour leur
frais!
La meilleure preuve en a été donnée par les demandeurs d'asile; aux
propositions fumeuses de la préfecture, ils ont répondu par un non
définitif et catégorique; mieux, ils se sont déclarés solidaires des SDF!

Nous sommes repartis, ensemble et avons bifurqué vers le Nouveau Théâtre.
Nous avons décidé d'y passer la nuit avec l'accord du responsable du
"Quai", accord spécifié verbalement au responsable des forces de police.
Celles-ci ont quitté les lieux peu après, laissant les occupants se
préparer à une nuit paisible en compagnie du responsable du quai.
Pas si paisible que çà!
Vers 1 heure du matin, retour en force des forces de police qui ont séparé
les français des demandeurs d'asile; c'est donc délibérément qu'ils ont
sortis les français avant de les gazer et frapper à coups de matraque.
Nous ferons, ce matin, le bilan des dégats humains et des suites
éventuelles à leur donner.
Ce qui est incompréhensible, c'est ce retour en force que rien ne justifie.
Incompréhensible, cette violence préméditée, gratuite, qui visait les
personnes.
Encore plus incompréhensible; les demandeurs d'asile ont été embarqués de
force dans un bus de la COTRA réquisitionné pour l'occasion et ce qui
dépasse l'entendement, c'est qu'ils auraient été emmenés à l'hôtel du Lac
de Maine; sous la pression policière, nous n'avons pu vérifier mais si
l'information s'avère exact on côtoie l'absurde:
Le relogement en hôtel de tous les demandeurs d'asile impossible par le
dialogue quelques heures plus tôt devenait une réalité par la brutalité
policière.
Trop c'est trop! nous demandons l'ouverture immédiate d'une enquête afin
que toute la lumière soit faite sur ces agissements qui relèvent plus de
la violence organisée que du maintien de l'ordre.
Nous demandons que les responsabilités soient clairement définies:
- Soit la mairie, propriétaire du "Quai", en l'occurrence Mr Antonini, a
demandé cette intervention et dans ce cas nous attendons qu'il s'en
explique devant la population angevine et .qu'il démontre dans le cas
contraire sa bonne foi en portant plainte contre les exactions
préfectorales
- Soit le préfet, en dehors de tout cadre légal, a diligenté cette
opération et nous attendons qu'il assume pleinement ses responsabilités, y
compris, si nécessaire, devant la justice.
- Soit l'intervention s'est faite d'un commun accord mairie-préfecture.
Dans tous les cas, cette opération ne peut qu'évoquer la rafle monstrueuse
de 200 afghans dans le Calaisis.
et pose une question qui dépasse le cadre angevin et concerne chacun et
chacune d'entre nous:
Les godillots policiers piétineraient-ils en toute impunité les articles
de la Loi ?
En attendant les réponses des intéressés, nous maintenons d'autant plus
vigoureusement notre appel à rassemblement de la population angevine:
Le samedi 25 avril à 14 heures devant la mairie pour exiger des
hébergements corrects et durables tant pour les demandeurs d'asile que
pour les Sans Domicile Fixe ou le retour au "48" de tous les habitants
dans les lieux tels qu'ils étaient avant cette opération de police; A la
lumière des récents évènements, nous demandons des explications des
parties concernées par une enquête des responsabilités engagées par ces
évènements

Pour tout contact: 06 83 87 32 28

Communiqué à diffuser le plus largement!