Compte - rendu de l’après manifestation du 19 mars …. Par interpellé n° xxx

Mot-clefs: Répression
Lieux:

Résumé de l'aprés 19 mars ... Interpellation, Garde à Vue,...
Je mets ici mes conclusions pour les gens pressés, le récit suit :

Points importants / conseils et commentaires :
- Les arrestations arbitraires en fin de manif ne servent pas qu’à faire du chiffre, elles servent surtout à remplir le fichier adn. Toutes les personnes qui sont sortis en même temps que moi, et à qui on a reproché des faits similaires ou moins graves et toujours aussi inventés ont craché.
- Une fois arrêté et tant qu’on n’a pas encore le serflex, évité de s’agiter, les flics se font un malin plaisir à le serrer et fait mal au bout de trois heures
- l’organisation des flics fait que les interpellés sont refiler de gars en gars et du coup les flics ne savent pas du tout ce que vous avez fait ni qui vous êtes. Ce qui a l’avantage de nous faire voir plusieurs spécimens de flicaille (du gars correcte au pur sadique au crâne rasé), mais l’inconvénient que les flics qui nous ont interpellés disparaissent dans la nature.
- En ce qui concerne la carte d’identité, je conseillerai de l’avoir sur soi mais plutôt cacher. Parce que dans mon cas j’aurais pu me barrer du panier à salade vu que le serflex n’était pas très séré, je pouvais l’enlever, mais comme ils avaient ma carte, je ne pouvais rien faire. Si je l’avais eu dans le froc, ca aurait changé la donne… Mais je conseille de l’avoir quand même sur soi, sinon un de vos proches devra faire un détour par le comico pour l’apporter à la bleusaille.
- Si jamais ca vous arrive de faire un tour en gav, pensez à prendre les noms des personnes qui restent au comico quand vous sortez, y’a souvent un comité de soutien à la sortie (que je remercie grandement) qui peuvent prévenir un avocat. Dans mon cas, deux personnes risque gros puisqu’elles ont reconnu les faits (ce qu’il faut jamais faire, tant que ce n’est pas prouvé…)

Récit :
Je ne reviendrais pas sur les descriptions du bordel qui régnait à Nation, çà a déjà était fait à d’autres endroits. Je préfère porter ma contribution sur les conditions de mon interpellation puis garde à vue.
Aux alentours de 20 h je me trouve donc au milieu de Nation a observé le cirque : projectiles d’un côté contre matraque de l’autre. Poser au milieu de la pelouse avec cheiche et bonnet, pantalon gris et veste bleu marine, j’observe le ballet des schtroumpfs. Quand tout à coup un détachement s’avance, moi sûr d’avoir rien à me reprocher, je ne bouge pas. Erreur, le gros de devant crie ‘on l’embarque’ et vu les kilomètres de manifs, les jambes sont un peu molles à réagir et je me fais cueillir.
Je me fais donc ramener entre trois CRS dans les rangs arrière et j’entends alors que la raison de mon inculpation est d’avoir lancé des cannettes en direction des flics. Chose que je n’ai pas faite.
Je reste, la gueule dans la pelouse, un genou dans le dos, le bras dans une position inhabituelle à me faire fouiller, tourner et retourner par des types qu’on pas compris qu’on ne peut être à la fois sur le dos et le ventre en même temps et qu’on ne peut pas enlever son sac à dos quand on a le bras tordu… Je me fais alors passer un ‘serflex’, menotte en plastique pas cher et pratique : ca sert et c’est flexible… Comme je m’étais pas débattu lorsque je me suis fait chopper, ils ont eu la délicatesse de ne pas me sectionner les poignets avec, contrairement au gars qui vient de se faire jeter à côté de moi et qui remue un peu trop au goût des bleus : ces mains ressembleront à celles du tableau de Picasso après quelques heures… un troisième gars nous rejoint puis on est emmené sur une autre partie de la place, un peu plus loin des affrontements. On nous fait asseoir, puis on nous promène à un autre endroit, puis vers un autre camion, et puis dans un bus.
Il doit être maintenant autour de 9-10 heure, le bus contient une douzaine d’interpellés, des baqueux, et des nationaux. On attend encore. Des gars ont la gueule en sang, un autre git par terre au fond du camion, menotte au poing. Les flics sont plutôt odieux, nous fumes presque à la gueule et nous parle comme des merdes, ce qu’on leur rend bien, entre nous on s’entraide, on sort les boulettes de shit des poches et les gobes, on se remonte les baggys que les flics ont plaisir à voir tomber sur les genoux, on parle. La plupart des gens sont là sans raison véritable. Certains se sont fait embarquer lorsqu’il voulait quitter la place, d’autres parce qu’ils étaient un peu trop rond, d’autres parce qu’ils n’avaient pas leur pièce d’identité, etc… Le temps passe, des personnes interpellées nous rejoignent encore, on à bien l’impression qu’il faut un quota et qu’on partira pas tant qu’il sera pas atteint. Vers 11h, on est ‘complet’, la caravane part, sirène devant, sirène derrière, direction le comico central du 18°. La bas on attend encore, on nous fait signer un papelard pour nous informer de notre mise en gav (garde à vue), on nous fouille jusqu’à nous faire baisser notre calbut’. On se retrouve finalement à 8 dans une cellule. Deux spots de lumières et deux caméras dans la gueule. Au bout d’une demi heure / une heure, ceux qui vont passer la nuit en gav, sont emmenés au commissariat de la goutte d’or parce qu’apparement on peu pas gardé les personnes en gav… Vers minuit on est donc débarqué la bas, des quinze qui était avec moi dans le bus, y en a encore à peu près la moitié. Certains sont auditionnés tous de suite, ce sera pas mon cas, j’attendrais 10h30 le lendemain. Dans ma cellule deux autres gars qui sont la pour autre chose, on discute de tout, notamment philo : ‘faire des choix c’est renoncer’.
Nuit passée à même le sol, sans couverture, heureusement il fait pas trop froid et les flics qui nous surveillent ne sont pas des batards, ils nous laissent aller pisser quand on le demande.
Au matin, audition par un opj (officier de la police judiciaire), il me dit que les faits retenus contre moi ne sont pas grave, que je devrais bientôt sortir, j’ai du mal à la croire puisque des potes à moi ont pris 4 mois avec sursis en 2006, mais bon.
Je passe alors en salle d’empreintes, pas de souci pour les digitales, mais je refuse pour l’ADN, ils me sortent le speech habituel des 2 ans de prison et 15000 euros d’amende, je maintiens ; on me renvoie dans ma cellule. Quelques minutes après l’opj vient me chercher et me dit qu’il ne comprend pas mon choix, que je pourrais être libre mais que je m’obstine en refusant cette procédure et que du coup, de fait je me mets en délit. Je lui réponds que si j’étais à la manif c’est parce que j’ai des engagements politiques et que je compte pas cracher ma salive, mes cellules, mon corps, ma vie. Il me ramène alors en cellule, puis au bout d’une petite demi-heure revient me chercher. Il me ramène dans son bureau, me lit le code pénal qu’il vient de photocopier et continue sa pression et son chantage. Je ne cède pas. Mais de son ‘les faits qui vous sont reprochés ne sont pas graves, il manque des données dans la procédure (il manquait notamment de la personne qui m’avait interpellé), vous devriez sortir cette après midi’, à son ‘je peux chercher, et faire la lumière dans cette affaire, ca va prendre du temps, vous me dites que vous êtes innocents, mais ce n’est pas ce qui est écrit’ ; la pression est montée. Et finalement au bout qu’un quart d’heure de dialogue plus ou moins de sourds, je synthétise ces propos :
Soit je bave sur leur sucette à ADN et je suis libre dans une heure, soit ils vont faire la ‘lumière sur cette affaire et dans ce cas là il me garde en gav pour 48 heures, puis en détention provisoire et je suis déféré devant le procureur lundi matin et poursuivi pour violences aggravées (= violences sur personne dépositaire de l’autorité publique par arme à destination, puni de 5 ans de prison et je sais plus combien d’euros)’ et refus d’adn. Du coup connaissant le véreux des flics et la facilité avec laquelle l’opj aurait trouvé un pourri qui aurait dit m’avoir vu lancer n’importe quoi, je capitule, et vais sucer leur éponge… une heure après je suis libre et rien n’est retenu contre moi.

Points importants / conseils et commentaires :
- Les arrestations arbitraires en fin de manif ne servent pas qu’à faire du chiffre, elles servent surtout à remplir le fichier adn. Toutes les personnes qui sont sortis en même temps que moi, et à qui ont reproché des faits similaires ou moins graves et toujours aussi inventés ont craché.
- Une fois arrêté et tant qu’on n’a pas encore le serflex, évité de s’agiter, les flics se font un malin plaisir à le serrer et fait mal au bout de trois heures
- l’organisation des flics fait que les interpellés sont refiler de gars en gars et du coup les flics ne savent pas du tout ce que vous avez fait ni qui vous êtes. Ce qui a l’avantage de nous faire voir plusieurs spécimens de flicaille (du gars correcte au pur sadique au crâne rasé), mais l’inconvénient que les flics qui nous ont interpellés disparaissent dans la nature.
- En ce qui concerne la carte d’identité, je conseillerai de l’avoir sur soi mais plutôt cacher. Parce que dans mon cas j’aurais pu me barrer du panier à salade vu que le serflex n’était pas très séré, je pouvais l’enlever, mais comme ils avaient ma carte, je ne pouvais rien faire. Si je l’avais eu dans le froc, ca aurait changé la donne… Mais je conseille de l’avoir quand même sur soi, sinon un de vos proches devra faire un détour par le comico pour l’apporter à la bleusaille.

- Si jamais ca vous arrive de faire un tour en gav, pensez à prendre les noms des personnes qui restent au comico quand vous sortez, y’a souvent un comité de soutien à la sortie (que je remercie grandement) qui peuvent prévenir un avocat. Dans mon cas, deux personnes risque gros puisqu’elles ont reconnu les faits (ce qu’il faut jamais faire, tant que ce n’est pas prouvé…)

Un enragé fiché…

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