Arrêté à l’hôpital, expulsé vers Kinshasa, renvoyé vers Paris

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Venu voir sa fille aux urgences, ... il est expulsé !
Récit d’une très mauvaise histoire
Venu voir sa fille aux urgences, ... il est expulsé !
Récit d’une très mauvaise histoire

Monsieur Kanda père de Famille de Thorigny en Seine et Marne arrêté le 18 mars aux urgences de l’hôpital alors qu’il était venu voir sa fille a été expulsé ce matin à Kinshasa.

C’est à 9h ce matin alors que j’attendais avec sa compagne et leurs 3 enfants l’ouverture du tribunal de Meaux qu’il nous a appelé : Il était à la PAF de Roissy.

L’avion de Kinshasa décollait à 10h30, plus le temps de ne rien faire à part appeler préfecture et ministère pour essayer de bloquer le départ.

Voilà - je suis en colère, Romano est parti pour Kinshasa sans rien sans pouvoir dire, sans pouvoir dire au revoir à personne laissant son fils de 20 mois sa compagne et les deux enfants de celle-ci desemparés. 9 ans sur le sol francais ne suffisent plus, le droit à vivre en famille n’existe plus.

Maintenant il faut obtenir son retour immédiat ON NE PEUT LAISSER FAIRE ÇA

B.C.

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FÉLICITATIONS AU MINISTRE DE L’EXPULSION MINUTE
ENTRE IGNOMINIE ET INCURIE, BESSON HÉSITE
Complément au communiqué RESF Romano Kanda 21 mars 18h14.

Arrivé à Kinshasa avec son escorte (combien de policiers ?) mais sans passeport et avec un vieux laissez-passer, Romano Kanda, ressortissant angolais n’a pas été admis sur le territoire congolais. Retour à la case départ. Tout le monde a été remis dans l’avion à destination de Paris.

Il atterrit demain dimanche 22 mars à 6h00 au terminal 2C de l’aéroport Charles De Gaulle. Sa famille et une délégation du RESF seront là pour l’accueillir car personne n’envisage qu’après s’être comporté de façon aussi inhumaine et s’être ridiculisé de surcroît le ministère de l’expulsion minute ose continuer à le persécuter.

La presse est invitée à venir l’accueillir avec nous.

Monsieur Besson doit être un ministre heureux : à l’heure où nous écrivons, Romano Kanda, ressortissant angolais vole vers Kinshasa, peut-être encore menotté, scotché à son siège et bâillonné. Son fils, Adonai (20 mois) reste en France. Bon voyage, papa !

Romano vivait en France, en Seine et Marne, depuis neuf ans (2000). Il était établi avec Mimi, congolaise (RDC) en situation régulière et mère de deux enfants, Estelle 5 ans et Maxime 6 ans (enfant atteint d’un handicap mental) nés d’une première union.

Le 18 mars dans la soirée, Mimi, a un geste malheureux : énervée par le bruit des enfants dans le studio où s’entasse la famille, elle donne un violent coup de balai à sa fille…Elle appelle aussitôt les secours qui, eux-mêmes appellent la police. L’enfant est hospitalisé. La gendarmerie place la mère en garde à vue, accompagnée des deux enfants restants. Informé, Romano abandonne son travail pour l’hôpital où se trouve Estelle. Les gendarmes lui demandent de venir chercher les enfants. Mais, coincé à l’hôpital, Romano ne peut s’exécuter immédiatement. Qu’à cela ne tienne, les gendarmes se déplacent à l’hôpital… l’arrêtent et l’expédient au Mesnil-Amelot. La classe !

Une enfant à l’hôpital, les deux autres précairement hébergés chez la grand-mère, la mère en garde à vue, le père en rétention, sous la responsabilité de M. Besson les services de l’Etat agissent au mieux de l’intérêt des enfants !

Romano Kanda devait être présenté au juge de libertés et de la détention ce matin, 21 mars, après 48 h de rétention. Sa femme et ses enfants accompagnés de militants du RESF l’y attendaient quand ils ont été informés par un coup de téléphone de Romano qu’il était à Roissy, en cours d’embarquement pour Kinshasa.

Joint en urgence, le directeur-adjoint du cabinet de Monsieur Besson se renseignait auprès des préfectures responsables (Essonne et Seine-et-Marne) et, finalement, estimait que tout était pour le mieux. Pour un peu il se féliciterait de cette application sans faille des lois. Certes, il allait se renseigner sur les conditions de l’interpellation qui, peut-être, étaient un peu limite mais pour le reste l’Arrêté préfectoral de reconduite à la frontière a été validé par le tribunal administratif et la cour d’appel… tout baigne ! C’est jouer les Ponce-Pilate au petit-pied ! Les lois sont faites pour fabriquer des sans-papiers et pour les expulser, les tribunaux respectent les lois, les hauts-fonctionnaires appliquent les décisions des tribunaux et les saloperies se font en toute légalité pour le plus grand confort des belles âmes.

Chez Besson, on a le plus grand respect du droit… à géométrie variable !

En effet, Romano Kanda n’a pas de passeport, la police a vainement perquisitionné (de quel droit ?) chez la grand-mère des enfants et chez la belle sœur pour le trouver. Romano n’a été présenté à aucun consulat, il a été expulsé vers la RDC avec un ancien laissez-passer… Une expulsion conduite dans des conditions suffisamment hasardeuse pour que, semble-t-il, la mention à expulser en moins de 48 heures (pour éviter le passage devant le juge des libertés) figure sur son dossier en préfecture !

On ne peut pas laisser faire. Il faut exiger le retour sans délai de Romano Kanda, arrêté dans des conditions scandaleuses, expulsé à la va-vite et arraché à sa compagne et à ses enfants.

Le stakhanovisme expulsionniste de M. Hortefeux lui a valu à vie le titre de Ministre de la Rafle et du drapeau. M. Besson fait beaucoup d’efforts pour se montrer son digne successeur en matière d’horreurs.