Aggravation de la faim

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En dépit des récoltes exceptionnellement bonnes de 2008, on s'attend à ce qu'un milliard de personnes souffrent de malnutrition dans le monde en 2009, parce qu'elles n'auront pas les moyens d'acheter les nourritures de base. En effet, en 2008, les prix du blé, du maïs et du riz ont atteint des niveaux record. La crise financière mondiale ne fait qu'aggraver cette situation, tout comme les promesses d'aide non tenues.
La FAO prévoit une augmentation régulière du nombre des mal nourris, risquant d'annuler les progrès réalisés ces dernières années dans la lutte contre la faim. Jusqu'en 2006, en dépit de l'augmentation régulière de la population mondiale, le nombre de personnes souffrant de malnutrition était resté à peu près constant. En 2000, de nombreux chefs de gouvernement de la planète avaient signé les Objectifs de développement du millénaire, s'engageant entre autres à diminuer de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim entre 1990 et 2015. En fait, nombre de pays pauvres étaient en passe d'atteindre les objectifs en avance sur le calendrier. Mais la situation s'est détériorée au cours des trois dernières années.

Une série de facteurs ont créé de terribles problèmes : le prix des denrées alimentaires a augmenté bien au-delà du pouvoir d'achat des pauvres ; les monnaies des pays en voie de développement se sont dépréciées ; dans les pays pauvres, l'appauvrissement des fermiers ne leur permet plus d'acheter des semences et des engrais ; les pays riches importent de moins en moins en raison de leur affaiblissement économique ; l'augmentation du chômage dans les pays développés réduit les sommes envoyées par les émigrés à leurs familles demeurées dans les pays pauvres… Enfin, l'aide consentie par les pays riches s'amenuise au point de disparaître : en juin 2008, les gouvernements des pays riches ont promis 12,3 milliards de dollars pour combattre la crise alimentaire mondiale, mais n'ont donné jusqu'à présent qu'un milliard, tout en octroyant des milliers de milliards aux banques pour les sauver de la faillite.

Le ministre britannique de l'environnement, de l'alimentation et des affaires rurales, Hilary Benn, est persuadé que cette crise alimentaire ne pourra se résoudre qu'à l'aide d'un programme aussi radical que celui de Kyoto. « En fait, nous avons les connaissances et la technologie nécessaires pour y parvenir, a-t-il déclaré, mais le changement climatique, la dégradation de l'environnement et la rareté de l'eau et du pétrole risquent de nous en empêcher. »

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