Les PAFISTES AMISTAR en temps de crise

Mot-clefs: Contrôle social
Lieux: Rennes

Les bras armés du contrôle social des voyangeurs basanés et typés étrangers

Sous le prétexte fallacieux de contrôler les usagers du métro rennais, les agents de la PAF contrôle l'identité des voyageurs-fraudeurs typés étrangers. Ce jour là, c'est passé...

Mardi 3 Mars 2009, entre 19h23 et 19h36. Rennes, station de métro Gares, six pieds sous terre, zone occupée.

Tout honnête usager des transports en commun de la ville de Rennes (délégation de service publique au profit de la Société de Transport de l'Agglomération Rennaise) doit s'acquitter d'une certaine somme d'argent, en échange d'un titre de transport, lui permettant de voyager en silence, soit sept pieds sous terre, soit à la lumière du jour (soleil et autres succédanés). Tout contrevenant à cette règle de savoir vivre doit s'acquitter d'une amende et d'un rappel au règlement, s'il se fait pincer. Les habituels agents du contrôle social des allées et venues sont: les contrôleurs, les AMISTAR jaunes ou bleus, des vigiles Men-In-Black la nuit venue. A cette liste, ajoutons les PAFISTES, agent du maintien de l'ordre suprême de la Police Aux Frontières. Une illustration douce et amer suit.

Soit Mademoiselle A., noire de peau, sénégalaise de nationalité. Soit trois agents assermentés de l'institution policière déjà citée. Qui entoure qui? Trois bleus-bites autour d'une Noire. Le statut social de cette personne: étudiante en règle. Les fautes de goût commises: tentative de circulation dans les bas-fonds avec un titre de voyage non valide et circulation sur le territoire français et ses sous-sol sans le titre de séjour en poche. Le délit est constitué et le contrôle d'identité en bonne due forme est légitimé. Un petit rappel à la loi. L'appel à un ami (vérification de l'identité au près d'un tiers) permet la poursuite de la soirée, libre... après avoir tout de même validé un ticket de métro (1, 20 euros à l'unité).

Deux minutes plus tard. Soit Monsieur R., basané de peu (était-il de type nord africain? Métis?). La crépitude de ses cheveux ras lui vaut un contrôle d'identité, itou. Comment çà? Ce jeune intrépide de moins de 25 ans, a oblitéré dans la machine à poinçonner un titre de transport périmé. Petite lumière rouge, buzzer. « Hop là jeune homme! Revenez par ici! », les même bleus-bites PAFISTES l'interpellèrent. « Contrôle d'identité, veuillez vider vos poches et merci de retirer l'écouteur de vos oreilles », t'entends Bouana? Une arme de destruction massive se dissimule si facilement de nos jours. La carte d'identité nationale française est présentée. Ouf! La vérification des fichiers de police est tout de même enclenchée; l'appel à un ami condé. Ouf, il pourra prendre le dernier métro et aller se coucher de bonne heure.

Lorsque le deuxième contrôle a été effectué, deux ou trois autres PAFISTES sont descendus dans le métro, sans justifier d'aucun titre de bonne conduite. Etait-ce pour une descente en règle?

Après avoir poursuivi ma veille citoyenne, témoin de ces scènes de vie ordinaire, je suis descendu dans l'abîme, validant de manière ostensible ma carte KorriGo gratuite (avantage social dû à mon passé de Erèmiste). Un coup d'oeil en arrière. Un brave con en uniforme me sourit et me salue de la main. Ma veille citoyenne ostensible n'est pas passée inaperçue. Mon majeur droit s'est levé piteusement en descendant, hors de son champ de vision. Je suis rentrer me coucher rageusement.

Ce genre de contrôle ne constitue pas un abus de pouvoir, dans le sens où le Pouvoir fixe les règles de conduite la Police Aux Frontières. Cette intervention dans une zone de transit, entre la gare ferroviaire et la station de métro, est délibérée, le contrôle au faciès me semble avéré. Faut il poursuivre la veille afin de constater que des Sans Papiers sont ainsi régulièrement arrêtés et mis au Centre de Rétention Administrative de Saint Jacques de la Lande? Faudra-t-il s'opposer physiquement à ces actes, les actions non violentes étant désuètes?

-PETITE CHRONIQUE DOUCE AMERE DE LA HAINE ORDINAIRE EN TEMPS DE CRISE-