Une Réponse à “Expulsion de l’ex-gendarmerie des Ponts-de-Cé”

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En marge des actions qui se poursuivent pour nos amis demandeurs d’asile, je crois qu’il serait bon de tirer un bilan provisoire entre ceux et celles qui ont participé à la réquisition, non pour “passer à autre chose” mais au contraire inscrire ces deux journées dans la durée en évitant de renouveler les mêmes erreurs;
il serait bon également d’avoir l’opinion des gens qui sans avoir participé ont suivi avec intérêt ces deux jours d’occupation. L’avis des gens “extérieurs” permet de nous sortir “le nez du guidon” pour gagner en efficcacité dans la construction et l’élargissement du rapport de force.
Cette réquisition a été riche d’enseignements pour chacunE; nous avons pu faire (trop brièvement!) un début d’apprentissage de la solidarité et de l’organisation tant spontanée que “réfléchie”; il serait dommage que ces enseignements se perdent et ne se concrétisent pas collectivement. Le ressenti et la perception que chacunE a eu de ces événements peuvent être confrontés pour devenir notre expérience collective et envisager les suites à y donner.
Notre blog peut être un de ces lieux de rencontres, des réunions tant formelles qu’informelles également.
Mais d’ores et déjà, cet échec apparent (l’évacuation) est une victoire:
- Elle a mis la préfecture sur la défensive et nous avons repris l’initiative.
- Nous avons renforcé, par delà les appartenances tant associatives que syndicales ou politiques ou les non appartenances, les liens entre nous; selon l’expression d’un camarade présent sur le lieu “nous avons soudé nos rangs”!
- Loin du colonialisme syndical et associatif des grèves parisiennes, (et ceci n’est pas le moins important!) nous avons donné à nos camarades étrangers le moyen de se ré-approprier leur combat et de peser sur leur devenir.
- Nous avons enclenché une dynamique qui dépasse largement notre audience habituelle. Cette dynamique ne demande qu’à se développer; elle s’est d’ailleurs manifestée concrètement par notre rapidité de réaction à l’évacuation.
La préfecture ne s’y est pas trompée et, tant la force de sa réaction à notre réquisition que les explications maladroites (et malhonnêtes) qu’elle s’est sentie obligée de donner par voie de presse, atteste que nous l’avons mis sur la défensive.
Nous avons ouvert également une voie à la résolution politique de la question du logement: le maire des Ponts de Cé a joint Antonini, président de la communauté urbaine pour poser la question de la réquisition des logements par les maires des communes comme les y autorise l’ordonnance de 45.
Et, ceci est plus qu’encourageant, certainEs que nos défaites (et souvent notre défaitisme paralysant) ont retrouvé l’espoir en notre capacité collective à changer la réalité.
Nous avons ouvert un nouvel espace de lutte et la réalité nous a montré que nous sommes sur la bonne voie. Il ne tient qu’à nous de la concrètiser en la prolongeant et en l’élargissant;
A vos claviers (pour ceux et celles qui en ont);