expulsion des demandeurs d'asile au Ponts de Cé

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L'ancienne gendarmerie des Ponts de Cé, réquisitionnée hier par les demandeurs d'asile et leurs soutiens, à été évacuée ce lundi matin par les forces de l'ordre.
Samedi 08/11 dans l'après midi une vingtaine de demandeurs d'asile sans logement accompagnés d'environ 70 soutiens ont réquisitionné l'ancienne gendarmerie des ponts de Cé, inoccupée depuis 6 ans.

Ce matin (10/11), malgré les "négociations" avec la préfecture l'avant veille: http://nantes.indymedia.org/article/15245, l'ancienne gendarmerie a été évacuée par les forces de l'ordre. Je n'ai pas plus de détails que cela sur le déroulement de l'évacuation. Apparemment les occupants qui s'attendaient à une intervention de la police plus "calme" (sommation, négociation pour avoir le temps de récupérer tous le matériel amené au "squatte...)ont été "pris par surprise", tout s'est passé très vite et les personnes ont même du mal à se regrouper. Les soutiens ne savent toujours pas où sont tous les demandeurs d'asile, certains seraient au commissariat... A priori pas de "réelle" arrestation, seulement quelques militants qui auraient été interrogés par la police, puis rapidement relâchés.

Voilà, en attendant les plus amples précisions que pourront apporter les personnes évacuées...

Commentaire(s)

> plus d'infos:ouest france

Voilà l'article de ouest france sur l'expulsion de ce matin.

Ce lundi matin, à 6 h, les dix-neuf demandeurs d'asile et une vingtaine de militants associatifs qui occupaient, depuis samedi midi, les locaux de l'ancienne gendarmerie des Ponts-de-Cé, aux portes d'Angers, ont été expulsés. Les policiers angevins accompagnés par une compagnie de CRS ont vite délogés les occupants. "L'intervention s'est faite sans sommation, raconte Paola, une militante angevine de 22 ans. Les policiers ont défoncé toutes les portes et ont menotté les Soudanais et les Erythréens qui dormaient sur place." Deux d'entre-eux ont été conduits au commissariat d'Angers pour des vérifications d'idendité.

L'expulsion manu militari a choqué de nombreuses associations angevines. Ces dernières ont décidé d'organiser une manifestation, ce soir, à 17 h 30, devant la préfecture d'Angers. De son côté, le maire socialiste des Ponts-de-Cé, Joël Bigot, a sollicité l'aide du président de l'agglomération, Jean-Claude Antonini, pour étudier le moyen à mettre en oeuvre afin de réquisitionner des logements vacants.

http://www.angers.maville.com/actu/actudet_-Ponts-de-Ce...u.Htm

> Expulsion de l’ex-gendarmerie des Ponts-de-Cé

Ce matin (10/11) vers 6h30, l’ancienne gendarmerie des Ponts-de-Cé, occupée par des demandeurs d’asile et leurs soutiens, a été évacuée par des CRS et la Police Nationale, venus en grand nombre. Les forces de l’ordre sont intervenues sans sommation, enfonçant toutes les portes des appartements de l’immeuble. Les demandeurs d’asile et leurs soutiens ont été menottés, placés dehors et contrôlés. Quatre personnes (soutiens) ont été spécialement interrogées.

Suite à cela, deux demandeurs d’asile ont été emmenés au commissariat central. L’un d’entre eux, selon la préfecture, devrait être expulsé vers l’Italie, premier pays par lequel il est passé en Europe.

Afin de protester contre cette évacuation forcée et l’absence de solution pour les demandeurs d’asile, les soutiens organisent un rassemblement aujourd’hui à 17h30 devant la Préfecture du Maine et Loire (Angers). Nous rappelons que la Préfecture ne respecte pas ses obligations d’hébergement des demandeurs d’asile. De plus, nous dénonçons l’expulsion du demandeur d’asile arrêté et demandons sa régularisation immédiate.

> récit du rassemblement

pas mal de monde hier devant la préfecture (au moins une bonne centaine)... rassemblement qui s'est transformée en manifestation jusqu'à la bourse du travail. Une réunion a eut lieu avecn une cinquantaine de personnes. Plusieurs choses prévu cette semaine, et notament une manif samedi après midi place imbach.

> Ce n'est qu'un début!

Cette réquisition a été riche d’enseignements pour chacunE; nous avons pu faire (trop brièvement!) un début d’apprentissage de la solidarité et de l’organisation tant spontanée que “réfléchie”; il serait dommage que ces enseignements se perdent et ne se concrétisent pas collectivement. Le ressenti et la perception que chacunE a eu de ces événements peuvent être confrontés pour devenir notre expérience collective et envisager les suites à y donner.Mais d’ores et déjà, cet échec apparent (l’évacuation) est une victoire:

- Elle a mis la préfecture sur la défensive et nous avons repris l’initiative.

- Nous avons renforcé, par delà les appartenances tant associatives que syndicales ou politiques ou les non appartenances, les liens entre nous; selon l’expression d’un camarade présent sur le lieu “nous avons soudé nos rangs”!

- Loin du colonialisme syndical et associatif des grèves parisiennes, (et ceci n’est pas le moins important!) nous avons donné à nos camarades étrangers le moyen de se ré-approprier leur combat et de peser sur leur devenir.

- Nous avons enclenché une dynamique qui dépasse largement notre audience habituelle. Cette dynamique ne demande qu’à se développer; elle s’est d’ailleurs manifestée concrètement par notre rapidité de réaction à l’évacuation.

La préfecture ne s’y est pas trompée et, tant la force de sa réaction à notre réquisition que les explications maladroites (et malhonnêtes) qu’elle s’est sentie obligée de donner par voie de presse, atteste que nous l’avons mis sur la défensive.

Nous avons ouvert également une voie à la résolution politique de la question du logement: le maire des Ponts de Cé a joint Antonini, président de la communauté urbaine pour poser la question de la réquisition des logements par les maires des communes comme les y autorise l’ordonnance de 45.

Et, ceci est plus qu’encourageant, certainEs que nos défaites et souvent notre défaitisme paralysant (on peut rien faire...), avaient découragé ont retrouvé l’espoir en notre capacité collective à changer la réalité.

Nous avons ouvert un nouvel espace de lutte et la réalité nous a montré que nous sommes sur la bonne voie. Il ne tient qu’à nous de la concrètiser en la prolongeant et en l’élargissant; -pj49-