Qui sont les terroristes ?

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Un abîme sépare ceux qui s’insurgent pour se libérer, et ceux qui frappent dans le tas pour défendre, consolider ou conquérir le pouvoir, c’est-à-dire les États et leurs concurrents, les patrons, leurs mercenaires et leurs laboratoires de mort.
Qui sont les terroristes ?

Les conditions de vie toujours plus insupportables qui nous sont imposées reposent sur la peur. Peur de ne pas avoir de boulot et de ne pas arriver à boucler les fins de mois. Peur de la police, peur de la prison. Parce qu’au fond, la matraque et son acceptation est ce qui garantit les rapports sociaux.
Dans ce monde à l’envers, le terrorisme ce n’est pas contraindre des milliards d’êtres humains à survivre dans des conditions inacceptables, ce n’est pas empoisonner la terre. Ce n’est pas continuer une recherche scientifique et technologique qui soumet toujours plus nos vies, pénètre nos corps et modifie la nature de façon irréversible. Ce n’est pas enfermer et déporter des êtres humains parce qu’ils sont dépourvus du petit bout de papier adéquat. Ce n’est pas nous tuer et mutiler au travail pour que les patrons s’enrichissent à l’infini. Ce n’est pas même bombarder des populations entières. Tout cela, ils l’appellent économie, civilisation, démocratie, progrès, ordre public.
La politique est en réalité l’art de travestir les faits en changeant les mots. Leur «guerre au terrorisme» à l’échelle planétaire n’est qu’une arme de propagande pour légitimer toute agression militaire à l’extérieur et toute répression des rebelles à l’intérieur.
Dans un effet miroir, l’État voudrait tous nous obliger à être le reflet de sa sale gueule autoritaire. Des amitiés, des affinités et le partage d’une même idée de liberté deviennent une «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste». Des liens tissés dans les luttes deviennent une «mouvance anarcho-autonome». Un fumigène devient une bombe.
Et pourtant, s’organiser n’est pas nécessairement constituer une organisation, tout comme une grève n’est pas une prise d’otage. L’attaque contre une banque, une prison, une ANPE, une permanence électorale, un centre de rétention, le sabotage de la circulation des trains ou des machines dans une usine, ne sont pas du « terrorisme ». Un abîme sépare ceux qui s’insurgent pour se libérer, et ceux qui frappent dans le tas pour défendre, consolider ou conquérir le pouvoir, c’est-à-dire les États et leurs concurrents, les patrons, leurs mercenaires et leurs laboratoires de mort.
Dans cette guerre sociale qui se déroule au travail comme dans la rue, de jour comme de nuit, l’ennemi est tout individu qui fait obstacle à la marche radieuse du capital.
Que chacun, de la manière qu’il estime la plus adéquate, s’oppose au terrorisme d’État et au totalitarisme démocratique.
Nous ne subirons pas cette déclaration de guerre en baissant la tête.

QUE CRÈVE LE MEILLEUR DES MONDE !

Commentaire(s)

> Estat-pirata

Il me semble que l'État peut être aussi pirate : Luxembourg, Liechtentein, San Marino, Vatican, Monaco, etc.

Il ne faut tout faire porter sur les épaules des chefs d'entreprises qui ne font qu'utiliser ce qui existe... Les États pirates font partie de leurs cartes à jouer. Quí de l'oeuf ou de la poule, je vous laisse le débat.

Si ces États existent, ils ne le doivent souvent pas aux besoins de leurs peuples.

Par opposition, certains peuples, qui seraient -eux- solidaires avec d'autres peuples, n'ont droit qu'au mépris de la gauche française pour oser vouloir réduire les États égémoniques ou impérialistes qui favorisèrent les petits États pirates, et donc réclamèrent et réclament leurs indépendances, sur des voies pacifiques ou pas, mais simplement en réclamant le droit appliqué en matière d'autodétermination des peuples, c'est-à-dire l'application de la Charte de l'ONU, 1947 !

Tout ceci est à prendre en compte quand un français de gauche parle de démocratie, de quelle démocratie parle-t-il ? celle des États impérialistes ? Égémoniques ? Dominateurs ? Centralistes ? Bonapartistes ? Français pour tout dire ?