OMS : priorité absolue à l’éradication de la polio !

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Un bilan polio déplorable en dépis des espérances

Le Directeur général de l’OMS, Margaret Chan, a fait de l’éradication de la poliomyélite la priorité opérationnelle absolue de l’Organisation, en mettant toute la force opérationnelle de l’OMS sur cet objectif : « Nous allons mobiliser davantage de personnes et de ressources financières là où elles sont requises. J’appelle le personnel expérimenté, que ce soit dans les régions, les pays ou au siège de l’OMS, à s’assurer que tous les goulets d’étranglement administratifs et opérationnels au sein de notre organisation sont débloqués.

C’est non seulement la crédibilité de l’OMS qui est en jeu, mais également celle de nombreuses autres initiatives pour la santé. Il ne s’agit pas simplement d’éradiquer la poliomyélite, mais aussi de notre capacité, en tant que société, à accéder à tous les enfants afin d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement définis par l’ONU. ».

Tels sont les propos vigoureux et militants qui ont été tenus lors de son discours au congrès annuel du Rotary International qui s’est tenu aux Etats Unis. Tout cela devrait se faire avec l’accord et la coopération des 193 pays membres de l’Assemblée mondiale de la santé (AMS) :

« L'Assemblée mondiale de la Santé exhorte au maintien de l’intensification de l’effort d’éradication de la poliomyélite: Réunis au mois de mai à Genève, les Ministres de la Santé des 193 pays membres de l’Assemblée mondiale de la Santé ont exhorté au maintien de l’intensification de l’effort d’éradication de la poliomyélite. L'AMS a constaté que la maîtrise de la poliomyélite de type 1 en Asie avait progressé et a appelé à la poursuite du travail en cours visant à minimiser les risques à long terme de poliovirus lors de la période post-éradication. L’AMS a exprimé sa vive inquiétude en rapport avec la réapparition du poliovirus de type 1 dans le nord du Nigéria, qui a multiplié par huit le nombre de cas dus à ce sérotype par comparaison à la même période en 2007. »

Il est vrai que la situation n’est guère brillante sur le front de la polio en comparaison des espérances. Le bilan de l’année 2008 au 8 juillet s’établit ainsi : Inde 292 cas presque tous du type 3, contre 100 à la même époque en 2007 ; Nigeria 388 la plupart du type 1 contre 120 à la même date en 2007 ; l’Angola avec 19 cas ne parvient toujours pas à endiguer le virus importé de l’Inde. Le Nigeria enregistre en plus 27 cas provoqués par le poliovirus dérivé de la souche vaccinale de type 2 qui continue à se maintenir puisqu’il n’y avait que 18 cas enregistrés au 17 juin.

Le relevé épidémiologique hebdomadaire fait état des craintes de l’OMS d’assister au renouvellement de l’épisode de 2004 quand le Nigeria avait exporté ses virus polio vers plusieurs états africains et aussi jusqu’au Yémen et en Indonésie. :

« Le nord du Nigeria est de nouveau touché par une flambée d’infections à poliovirus sauvage de type 1 (PVS1) qui a commencé à se propager au niveau international. En 2008, on a signalé un nombre de cas provoqués par le PVS1 9 fois plus grand que pour la même période en 2007. Cette nouvelle flambée épidémique dans le nord du Nigeria peut potentiellement être à l’origine de grandes flambées internationales, comme ce fut le cas entre 2003 et 2006. On recense cette année au Nigeria 86% des cas à PVS1 dans le monde.

Cette flambée au Nigeria a eu lieu parce que plus de 20% des enfants ne sont toujours pas vaccinés dans des zones clefs du nord du pays, où le risque est particulièrement élevé. De 2003 à 2006, une flambée au nord du Nigeria a été à l’origine d’une propagation nationale et internationale de la maladie, et 20 pays qui en étaient jusque-là exempts ont de nouveau été touchés avec des flambées apparaissant aussi loin qu’en Indonésie et au Yémen. Le bilan a été de 1475 cas dans ces 20 pays.

On a confirmé de nouveaux PVS1 ayant un lien génétique avec les virus du nord du Nigeria au Bénin (un cas, avec apparition de la paralysie le 17 avril 2008), dans l’ouest du Niger (1 cas, dans la province de Tillaberry, à la frontière du Burkina Faso et du Mali, avec apparition de la paralysie le 11 avril 2008). C’est à partir de ces régions que le PVS1 originaire du Nigeria s’était propagé vers l’Afrique de l’Ouest, du Centre et la Corne de l’Afrique en 2003 et 2004, reprenant pied entre autres en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée et au Togo. En dehors de la propagation internationale de PVS1 provenant du nord du Nigeria, on a signalé au Tchad des poliovirus sauvage de type 3 (PVS3) eux aussi originaires du nord du Nigeria (apparition de la paralysie le 13 avril 2008 pour le cas le plus récent).

Le risque d’une nouvelle propagation internationale de la poliomyélite à partir du Nigeria augmente à cause de l’intensité de la flambée dans la région touchée, de l’arrivée prochaine de la saison des pluies qui s’associe à une intensification de la transmission du poliovirus et des grands déplacements de populations que l’on prévoit pour le Hajj (pèlerinage à La Mecque (Arabie saoudite) au cours de second semestre de 2008. L’Arabie saoudite a été avertie du risque accru d’infection poliomyélitique parmi les pèlerins du Hajj.

Le Nigeria a planifié 2 campagnes à grande échelle de vaccination antipoliomyélitique d’urgence dans les états du nord, en juillet et en août 2008. De telles campagnes ont été menées du 13 au 16 juin dans les zones à haut risque et dans les zones frontalières du Bénin, du Burkina Faso, du Mali et du Niger et de nouvelles campagnes vont avoir lieu en juillet. La surveillance de la maladie est renforcée dans les pays à risque, y compris dans ceux où le virus est réapparu entre 2003 et 2006. »

Une fois de plus l’OMS souligne le défaut de vaccination et nul doute que des moyens considérables vont être déployé pour atteindre tous les enfants afin de les vacciner. Pourtant, répétons-le une fois de plus, la polio se transmet pour l’essentiel par les eaux souillées par des excréments humains contaminés par le virus sauvage ou vaccinal. L’OMS sait parfaitement qu’une fois le virus sauvage éliminé il faudra contenir les virus vaccinaux lâchés dans la nature par les énormes campagnes de vaccination et qui pourront circuler à bas bruit pendant des années, se combiner avec d’autres entérovirus et redevenir virulents comme l’atteste la centaine de cas de polio provoqués par des virus dérivés de souches vaccinales de type 2 et qui ont été observés en 2007 et 2008 au Nigeria alors que le virus sauvage de type 2 n’a pas été vu sur Terre depuis octobre 1999. Il y a fort à parier qu’il en ira de même avec les virus de type 1 et 3 quand les souches sauvages auront disparu et qu’il faudra bien interrompre la vaccination orale comme cela est prévu par l'OMS.

La seule vraie solution est dans le traitement des eaux usées [§] qui résoudrait aussi beaucoup d’autres problèmes de santé.

[§] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2008/05/1....html

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