Une Assemblée générale interprofessionnelle d’Île-de-France s’est réunie le 18 octobre à la Bourse du travail de Paris à l’issue de la manifestation. Elle a rassemblé jusqu’à une centaine de travailleurs (cheminots, enseignants, hospitaliers, secteur privé…), d’étudiants et de lycéens, dont une dizaine de délégués d’AG locales, des syndicalistes de SUD-Rail, du SNES-FSU, du SNUipp-FSU, du SNESup-FSU, de SUD-Éducation, de la CGT-Éduc’action, de la CNT-FTE, de la CGT-chômeurs, de la CGT-métallurgie, de la FSE et de SUD-Étudiant.

L’AG a décidé de lutter sur la base de la plate-forme revendicative suivante :

• Pour la défense des régimes spéciaux de retraite, contre tout allongement de la durée de cotisations (le gouvernement prévoit de l’augmenter à 41, puis 42 annuités, voire plus), pour le retour aux 37,5 pour tous et le droit à la retraite à 60 ans maximum à taux plein. Nous ne nous laisserons pas diviser par un gouvernement qui, pour faire passer ses attaques contre tous, tente de dresser les salariés qui bénéficient encore des 37,5 annuités contre ceux qui les ont perdues, les salariés du public contre ceux du privé, etc.

• Pour le rétablissement des 22 000 emplois de fonctionnaires liquidés dans le Budget de 2008 et des 25 000 postes supprimés au cours des cinq années précédentes. Ces postes sont nécessaires pour rétablir des conditions de travail décentes pour les personnels et pour assurer un service public de qualité.

• Contre toute remise en cause des statuts de la Fonction publique. Ces statuts ne sont pas des privilèges, mais les garants d’une égalité de traitement sur tout le territoire et de la qualité du service public. Contre les contrats de droit privé dans la Fonctions publique, pour la titularisation générale des précaires.

• Pour l’abrogation du CNE, qui vise à généraliser la précarité dans les entreprises de moins de 20 salariés (avant son extension aux autres) et de la loi sur l’égalité des chances de 2006 (apprentissage à 14 ans, etc.)

• Contre la privatisation de la Sécurité sociale et les franchises « médicales » (taxe inadmissible qui augmentera régulièrement). La Sécurité sociale doit assurer la solidarité entre les salariés et entre les générations : sa vocation n’est pas d’être rentable. Les malades ne sont pas des coupables : le droit à la santé est imprescriptible.

• Contre la loi Pécresse qui vise à privatiser l’enseignement supérieur, à aggraver l’inégalité entre les facultés, à substituer des personnels précaires aux fonctionnaires et à introduire la sélection à l’Université…

• Contre la traque des sans-papiers, contre les tests ADN et les loi anti-immigrés (Hortefeux, CESEDA…). Les immigrés ont le droit à la dignité, les sans-papiers et leurs enfants n’ont pas à vivre avec la peur au ventre permanente pour servir de boucs émissaires à la politique du gouvernement. Tous les salariés doivent être solidaires de leur lutte pour la régularisation et pour une vie décente en France.

L’AG a voté les perspectives de lutte suivantes :

• NOUS APPELONS TOUS LES TRAVAILLEURS À SE MOBILISER
et à s’auto-organiser en se coordonnant interprofessionnellement partout

• NOUS APPELONS TOUS LES SYNDICATS À ROMPRE LES « CONCERTATIONS » avec le gouvernement et à s’engager immédiatement dans la construction de la grève

• Nous estimons, avec l’expérience des luttes récentes (notamment la défaite de 2003 sur les retraites), que la tactique des « journées d’action » sans lendemain est sans issue :
SEULE LA GRÈVE GÉNÉRALE INTERPROFESSIONNELLE
PERMETTRA DE VAINCRE SARKOZY

• Les travailleurs des transports, de l’énergie et des secteurs clés de l’économie sont les mieux placés pour entraîner l’ensemble des travailleurs dans la lutte et dans la grève :
NOUS SOUTENONS LES DÉCISIONS DE RECONDUIRE LA GRÈVE ;
NOUS APPELONS TOUS LES SYNDICATS DE CES SECTEURS À CONSTRUIRE IMMÉDIATEMENT LA GRÈVE RECONDUCTIBLE ;
DANS LES AUTRES SECTEURS, NOUS APPELONS À LA TENUE D’AG POUR AMPLIFIER LA MOBILISATION, AVEC L’OBJECTIF DE LA GRÈVE RECONDUCTIBLE, VERS LA GRÈVE GÉNÉRALE

ci joint l’appel de l’AG interpro qui s’est tenu après la manif du 18 oct 2007 à la Bourse du travail de Paris