Canicules et énergies : les limites du nucléaire

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Il fait chaud et vous êtes au courant, Roselyne Bachelot, notre chère et tendre Ministre de l'écologie et du développement durable aussi, alors elle en a appelé solennellement à notre citoyenneté et elle montre l'exemple lors d'une conférence de presse dans une salle non climatisée pour faire des économies d'énergies, et… de jogging pour Roselyne car quand il fait des températures comme ça Madame la Ministre elle est comme tout le monde, elle brûle du gras, avec un peu de chance ses capacités intellectuelles vont se découvrir, trop de graisse ralentissant l'activité cognitive avec un peu moins de gras elle fera peut-être des prouesses dans l'art de la prise de conscience, elle finira par redescendre de son petit nuage radioactif de pro-nucléaire et, prise d'un élan de lucidité qui lui fait actuellement défaut, elle verra dans la pérennisation du parc nucléaire gaulois une aberration à laquelle une sortie programmée et effective de cette source énergétique ni propre, ni économe, ni infinie, ni garante d'une chimérique indépendance est l'unique solution à cette fâcheuse équation.
Mais là, je fantasme trop, la Bachelot elle aime le nucléaire, alors au lieu d'avouer ses limites en public elle autorise des dérogations de dérogations pour permettre à EDF de rejeter une eau toujours plus chaude dans les fleuves et rivières bordant notre magnifique parc électronucléaire. Conséquences, une eau à 29°C, à cette température la faune et la flore aquatique et bien elle n'est pas habituée alors elle disparaît ou migre, en attendant un refroidissement. Soyons optimiste et regardons le positif avec une eau à cette température on peut toujours ouvrir de lénifiant parc de baignade aux abord de ces « naturelles » sources d'eaux chaudes. En attendant l'ouverture de ces Aquanukeland, il nous faut, d'après la Ministre réduire nos consommations electriques, vous savez, faire des éco-nomies d'énergies, on pourrait croire entendre un discours que l'on classifie d' « écolo », ses dangereux utopistes qui croient en un autre monde dans le champ des possibles ou l'homme se soumet enfin aux lois de la nature, condition sine qua non à la seule maîtrise potentielle qu'il peut avoir sur elle.
Et non ; cette interprétation ne résiste pas à l'épreuve des faits, ces économies de consommation il faut les faire car sinon on va encore être obligé de couper le courant, comme après la tempête de décembre 99, une fois de plus l'actualité nous permet de nous souvenir à quel point nos choix de politiques énergetiques ont besoin d'un changement de cap moussaillon, une fois de plus ( en espérant que ce n'est pas une fois de trop !) notre manque de diversité de vecteur productif d'électricité nous met face au mur, si ça continue comme c'est bien parti pour continuer il va falloir arrêter des tranches voir des centrales, mais bon écoutons la voix de la maîtresse ce n'est pas la faute au choix du 80 % nucléaire en France : « tous les moyens électriques sont touchés, depuis le nucléaire jusqu'à l'éolien, puisqu il n'y a pas de vent ». Zut, le vent il est pas gentil, il est en grève, il est pas au rendez-vous pour faire tourner les pales des fermes éoliennes, méchant syndicaliste le vent !
Qu'est ce qu'elle est intelligente notre Ministre, elle arrive à faire porter le chapeau au climat, comme si le choix du manque d'eléctro-diversité n'était en rien responsable de la situation qui est la nôtre. Comme si le réchauffement de notre mère la Terre pouvait être régulée par la prolifération de belles centrales nucléaires, comme si ce n'était pas les transports et leur locomotion grande gastronome de pétrole et donc source de CO2 qui aggravé ce phénomène naturel mais trop accentué par l'activité humaine.
Dans le jargon barbare de la psychologie on appel ça une attribution de causalité externe, c'est quand on est pas assez responsable de ces choix et qu'on préfère trouver un bouc émissaire plutôt que de prendre ce qui nous revient de droit, c'est-à-dire notre propre implication dans un évènement quel qu'il soit. Alors on trouve un alter coupable que soi, en l'occurrence le climat, pas flexible le climat il ne s'adapte pas aux failles du choix du trop de centrales nucléaires,il veut même pas redescendre de quelques degrés pour que nos merveilleuses centrales retournent tranquillement à la production de méga watts.
Alors tous ensemble disons un grand merci à Madame Bachelot, grâce à sa magnanime réflexion on a plus qu'à attendre que la canicule s'en aille, et que les centrales nucléaires continuent à aider l'environnement en bouleversant l'écosystème.