Oaxaca : pêcheurs contre multinationales de l’éolien

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Quand des multinationales de l’éolien tentent de s’imposer à feu et à sang... La résistance des villages ikoots et zapotèques face aux investisseurs

Le week-end du 1er et 2 février dernier, à Alvaro Obregon, village de pêcheurs du sud de l’isthme de Tehuantepec au Mexique, de violents affrontements ont opposé les habitants des villages indigènes locaux aux forces de l’ordre, venues tenter de rompre le blocus local mis en place pour empêcher la construction d’un « parc » de 140 éoliennes sur les terres sacrées du peuple ikoot.

Voir les vidéos :

Mexico : résistance contre les éoliennes et répression policière
http://www.youtube.com/watch?v=wZzn1bmrv8I

la bataille d'Alvaro Obregon, Oaxaca. la colère des habitants
http://www.youtube.com/watch?v=fqdcwwldk4g&feature=youtu.be

la bataille d'Alvaro Obregon, Oaxaca. temoignage
http://www.youtube.com/watch?v=nc2t6O6TyOs

lire aussi l’article de fond: http://www.article11.info/?Que-bronca-en-san-dionisio

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l'energie "propre"

Depuis la fin des années 90, l’Isthme de Tehuantepec au Mexique (Etat de Oaxaca) est devenu la principale région d’investissement en Amérique latine pour les multinationales de l’éolien, soi-disante « énergie propre ». La force des vents traversant l’isthme, les aides européennes reversées au titre des « compensations carbone » et des « mécanismes de développement propre », ainsi que la facilité donnée par les gouvernements locaux pour s’approprier à peu de frais des terres collectives des villages indigènes entourant les lagunes du sud de l’isthme, ont conduit à la construction durant les dix dernières années d’une multitude de « fermes éoliennes » de la part d’entreprises telles que les espagnoles IBERDROLA, ENDESA, GAMESA, la française EDF Energies renouvelables, l’italienne ENEL, etc… soit aujourd’hui un paysage dévasté par près de 800 éoliennes, le « potentiel » de la région étant estimé à 5000. La construction de milliers d’éoliennes sur place répond aussi aux plans d’aménagement de la zone dessiné depuis les Etats-Unis, qui prévoient dans leur « Plan Mésoaméricain » (successeur du fameux « Plan Puebla-Panama »), de faire de la région de l’isthme un nouveau couloir logistique et industriel entre les Caraïbes et l’Océan Pacifique.

Depuis deux ans, la situation locale est devenue encore plus tendue du fait de l’annonce du méga-projet « Mareña Renovable » porté par un consortium international regroupant Mitsubishi, Coca-Cola-Mexique (FEMSA) et d’énormes fonds d’investissements australiens et néerlandais (Macquarie Investments funds et PGGM), prévoyant l’installation en plein cœur de la lagune de centaines d’éoliennes de soixante mètres de haut, sur les langues de terre de la zone sacrée des ikoots, un petit peuple indigène mexicain vivant principalement de la pêche artisanale. La découverte des pots-de-vin versés par l’entreprise aux maires locaux ont notamment conduit il y a un an à l’expulsion du maire du village de San Dionisio del Mar (15 000 habitants), et à l’occupation de la mairie depuis. Mais face à la détermination de l’entreprise de commencer les travaux, les pêcheurs ikoots et zapotèques de la région ont dressé dernièrement un campement permanent près du village d’Alvaro Obregon, par où doivent passer les camions de construction. Des recours juridiques ont également été déposés, qui, une fois n’est pas coutume, donnèrent raison aux résistants qui avaient argués de l’absence de consultation préalable des populations sur le projet.

Face aux menaces de voir un investissement de 12 milliards de pesos (800 millions d’euros) leur filer entre les doigts, le 31 janvier dernier les dirigeants de « Mareña Renovable » menacèrent le gouvernement de Oaxaca de délocaliser le projet si des actions n’étaient pas menés durant les prochains jours pour mener le projet à terme. S’ensuivit, dans la nuit du 1er février et le jour suivant, de violents affrontements entre les habitants d’Alvaro Obregon et la police de l’Etat, venue tenter de forcer le barrage maintenu par les habitants pour faire passer les ingénieurs de l’entreprise jusqu’à la bande de terre où les travaux devraient déjà avoir commencé depuis maintenant près d’un an. L’opération fut un échec fracassant, l’alerte donnée ayant amenée plus d’un millier d’habitants locaux à se rassembler pour résister aux attaques de la police de l’Etat. Belle victoire donc, pour le moment…

Mais pour le futur, rien n’est moins sûr. Le conflit a déjà donné lieu à des affrontements, des menaces de mort, des pots-de-vin, et de nombreux blessés, et le jusqu’au-boutisme de l’entreprise fait craindre le pire, que ce soit au travers de l’envoi des militaires sur place, ou bien d’assassinats ciblés.

L’été dernier, un compa de l’isthme, Carlos Manzo, était venu parler de toute cette problématique durant les rencontres européennes contre les méga-projets inutiles, à Notre-Dame des Landes. Depuis Carlos et les organisations de la région en lutte contre les éoliennes (principalement l’Assemblée des Villages Indigènes de Défense de la Terre et du Territoire –APIDTT- et l’Union des communautés Indigènes du Nord de l’Isthme –UCIZONI-) ont été parmi les premières à se solidariser contre la répression et l’encerclement policier à Notre-Dame des Landes, début novembre 2012, dans un communiqué publié le 16 novembre dernier : http://cspcl.ouvaton.org/article.php3?id_article=914

Aujourd’hui, c’est au tour des compas de l’isthme de mener leur grande bataille, et d’être menacés par une répression aux conséquences beaucoup plus graves. Comme l’expriment les compas dans les vidéos indiquées ci-dessus, de nombreuses menaces de morts ont été proférées contre les têtes les plus visibles du mouvement, par le biais de messages mails ou téléphoniques. Deux compagnons de la zone, Rodrigo Flores et Bettina Cruz (interviewée par Alessi dell’umbria pour article 11 : http://www.article11.info/?Bettina-Cruz-Velasquez-indig..._page ), ont dû fuir de l’isthme, leur maison étant surveillée par des tueurs à gage de Juchitan. Et à l’exemple du Chiapas ou d’autres régions du Mexique, rien n’empêche la militarisation de la zone et la formation de groupes para-militaires pour casser la résistance locale.

Face à ces risques, nous en appelons donc à la solidarité internationale, que ce soit de la part des gens en lutte solidaires ou impliqués dans le combat de la ZAD, des gens sensibles à la situation au Mexique, et de toutes celles et ceux qui ne se sont pas laissés aveuglées par le capitalisme vert et ses nouveaux moulins à vent (les « ventilateurs géants » des espagnols, comme s’en moquent les compas).

Derrière la pseudo-énergie renouvelable règne la même dépossession, où des milliers d’hectares de terres de gestion collective se retrouvent privatisées, stérilisées par les bases de béton, et gardés en permanence par des vigiles empêchant les habitants d’aller y faire paître leurs troupeaux. Et ce ne sont pas les habitants les bénéficiaires de cette énergie éolienne, mais des entreprises comme Coca-Cola, Wall-Mart, Pemex, Bimbo et bien d’autres, qui grâce à leurs investissements « exclusifs », bénéficient de l’énergie produite en échange des aides de Kyoto et d’un coup de greenwashing pour leurs investisseurs. L’isthme quant à lui, voit s’installer peu à peu les centrales energétiques et lignes à hautes tensions nécessaires au futur développement du prochain couloir industriel mexicain Pacifique-Caraïbe, prévu par les plans de la Banque Mondiale sous le doux nom de « Méga-projet de l’Isthme ». Et aujourd’hui, c’est tout le secteur de la pêche artisanale qui est menacé par le projet « Mareña Renovable » qui menace de s’installer en plein cœur des lagunes.

Chacun est libre évidement de donner libre cours à sa créativité solidaire pour dénoncer la situation locale (à savoir qu’EDF Energies renouvables s’implante également chaque fois plus sur place, plus d'informations bientôt), mais ne le mésestimez pas : de simples communiqués de solidarité ont également leur impact, car l’image donnée par ces projets en Occident est déterminante.

Pour que Mareña Renovable quitte définitivement les territoires de l’isthme de Tehuantepec
Contre les menaces de mort, la corruption, et la répression des opposants
Contre les « parcs éoliens » et tous les méga-projets industriels,
En défense des villages indigènes de l’isthme et de l’autonomie des peuples,

Solidarité avec les compas en lutte contre les éoliennes, à Alvaro Obregon, San Dionisio del Mar, San Mateo del Mar, Juchitan, Union Hidalgo et Santa Maria Xhadani !

Contacts : montesazules@no-log.org si vous recherchez des intermédiaires avec les gens sur place ou comment traduire lettres ou communiqués.
tierrayterritorioasamblea@yahoo.com.mx pour l’Assemblée des Villages Indigènes de Défense de la Terre et du Territoire (APIIDTT)

Autres directions pouvant être utiles:

Presidencia de la República
Residencia Oficial de los Pinos, Casa Miguel Alemán
Col. San Miguel Chapultepec, C.P. 11850, México DF

Secretaria de Gobernación
Bucareli 99, 1er. Piso, Col. Juárez, Del. Cuauhtémoc,
C.P. 06600 México D.F. Fax: (52.55) 50933414;
Correo: secretario@segob.gob.mx, contacto@segob.gob.mx
Cuenta de Twitter: @SEGOB_mx

Lic. Gabino Cué Monteagudo
Gobernador del Estado de Oaxaca
Carretera Internacional Oaxaca – Istmo KM 15, Ciudad Administrativa
“Benemérito de las Américas” edif. 7
Colonia Tlalixtac de Cabrera Oaxaca. C.P. 68270
Tel: (951) 50 15000, ext. 13752
Correo-e.: gobernador.gabino.cue@gmail.com, gobernador@oaxaca.gob.mx
Erendira Cruz Villegas Fuentes

Comisionada de Derechos Humanos de Oaxaca
Tel: (951) 50 18100
Lic. Manuel de Jesús López López

Procurador General de Justicia del Estado de Oaxaca
Centro Administrativo del poder ejecutivo y Judicial, Gral. Porfirio Díaz, soldado de la patria.
Edificio Jesús Chu Rasgado. Segundo Nivel.
Reyes mantecón, San Bartolo Coyotepec, Oaxaca. C.P. 71250
Tel: (951) 501 69 00, ext. 20769
Correo electrónico: contacto@pgjoaxaca.gob.mx

Dr. Heriberto Antonio García
Defensor de los Derechos Humanos del Pueblo de Oaxaca
Calle de los Derechos Humanos, NÚMERO 210, Col. Américas
C.P. 68050, Oaxaca, Oaxaca
Tel: (951) 50 30 520
Correo electrónico: correo@derechoshumanosoaxaca.org
Lic. Pablo Sandoval Martínez

Visitador Regional de Juchitán
Oficina regional de Juchitán
Calle Efraín R. Gómez s/n, Centro, Juchitán de Zaragoza.
C.P. 70000.
Tel/ fax: (971) 71 2 10 18
Delphine Malard

Jefa de la Sección Política de la Delegación de la Unión Europea en México
Paseo de la Reforma 1675
Lomas de Chapultepec
11000 México D.F.
Correo electrónico: delphinemalard@eeas.eurpa.es

Lic. Adelfo Regino Montes
Secretario de Asuntos Indígenas del estado de Oaxaca
Edificio 3, Planta Baja 501 5000 Ext. 11001 / 11002
adelforegino@oaxaca.gob.mx

Banco Interamericano de Desarrollo
Sede del BID en Washington, D.C.
1300 New York Avenue, N.W.
Washington, D.C. 20577, USA
Tel: (202) 623-1000
Fax: (202) 623-3096

Macquarie Energy
Michael Cook
Investment management
Physical asset management
Telephone: +1 (212) 231 1219
Michael.Cook@macquarie.com

Prashant Mupparapu (Power)
Investment management
Project development
Telephone: +1 (212) 231 2310
Prashant.Mupparapu@macquarie.com

PGGM (Fondo de pensiones Holandes)
Else Bos
plv. CEO/Chief Institutional Business
else.bos@pggm.nl

Con Copia: Asamblea de Pueblos Indígenas del Istmo de Tehuantepec en Defensa de la Tierra y el Territorio.
tierrayterritorioasamblea@yahoo.com.mx