[Notre-Dame-des-Landes] Lettre ouverte aux journalistes en général et à Raphaël Stainville (Figaro)

Mot-clefs: Aéroport Notre-Dame-des-Landes
Lieux: Notre-Dame-des-Landes ZAD

Le Figaro a publié le 7 décembre dernier un nouveau crachat de Raphaël Stainville intitulé “Les insurgés de Notre Dame des Landes”. Ce postillon permet à lui seul d’expliquer notre défiance à l’égard de la presse. Et il permettra à tous les journalistes qui s’offusquent encore de se voir “rejetéEs” de comprendre la raison de notre animosité : il y a dans votre profession bien trop de types dans le genre de Stainville !

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Photo de Raphaël Stainville

Parachuté pour trois jours, Stainville, muni de son baggage d’antigauchisme primaire (forcément, à trop fréquenter les Le Pen…), est venu faire un tour sur la zad. Arborant sa frange de droitiste effronté (pas très différente de celle du frontiste) et muni de ses préjugés les plus crasses, il est allé “à la rencontre” des opposantEs au projet d’aéroport. TouTEs ceLLEux qui ont accepté de lui parler et de lui livrer un peu d’eux-mêmes, il les balance, il les jette en patûre aux lecteurICEs de son torchon. Mieux, à partir de quelques bribes d’information, il dresse d’eLLEux un portrait odieux et condescendant : pour lui on est tous des jeunes en perdition qui viennent à la zad se “donner des frissons”. Au long de son article, il enchaîne les clichés : impubères, boutonneux/ses, paranoïaques, sales, “black-blocs”, fumeurEUSEs de hashich, oisifs/ves… En brave petit soldat de Dassault, il remplit sa mission : discréditer les opposantEs à l’aéroport en véhiculant les images les plus mensongères ou les plus débiles. Oui, car au delà de sa nullité littéraire, Stainville nous montre aussi le visage de la presse d’aujourd’hui : une presse médiocre et inféodée à la droite la plus réactionnaire, dont les journalistes, produits formatés par les grandes écoles de journalisme, sont tout juste bons à revomir les infos en kit de leurs “sources policières”, à défaut de savoir comment parler la même langue que la population.

Stainville le grand reporter, comme tous les idéologues de la chasse aux sorcières, aime utiliser un vocabulaire qui suscite le dégoût et qui nous fait passer pour des rats : on apparaît comme une multitude qui grouille dans la boue, ignorante, affamée et brutale. Son “article” nous fait passer pour des pauméEs, des brutes ou des voyouTEs qui vont de ville en ville pour accomplir des mauvais coups. On apparaît comme un magma chaotique, fait de punks, de hippies et de black-blocs, venus s’entasser à la zad pour se castagner ou régler leurs comptes avec l’existant. Et les agriculteurs, décris à la va-vite (pas assez croustillant pour les lecteurs anti-jeunes du Figaro), ne sont pas en reste : ce qu’on retient d’eux après avoir lu Stainville, c’est qu’ils sont vieux et butés. Les résistantEs de Notre Dame des Landes ne sont décidément que des hommes des cavernes, tout juste bon à être “délogés”, résidus du passé…

Raphaël, si on t’es apparuEs si misérables, c’est sans aucun doute parce que nous ne sommes pas du même monde et que tu as bien trop de dédain pour les humainEs qui t’entourrent, pour la vraie vie, pour la manière dont les gens échangent et vivent loin de ceLLEux de ta caste. C’est sûr que dans ton enfance dorée versaillaise, tu n’as pas eu à porter de bottes et à marcher dans la boue. C’est sûr que pour travailler à la solde d’un vendeur d’armes, tu ne dois pas avoir beaucoup d’égards pour la vie, si ce n’est la tienne. Faire carrière en écrivant des livres sur la famille Le Pen et des articles terroristes qui décrivent tout ce qui t’es étranger comme dangereux, nous te félicitons : tes crachats journalistiques en mode “rien ne va plus, c’est plus comme avant, tout va pêter” doivent pimenter le quotidien des (é)lectrices octogénaires du Front National !

Tant que des has-been comme toi, avec leur “belle gueule”, leur “jean trop bien taillé, [leur] peau sans bouton d’acné [et leur] raie sur le côté”, viendront railler notre authenticité, nous seront effectivement là pour leur coller une “raclée”. Ceux qui comme toi vendent leur soupe empoisonnée pour flatter ceLLEux qui nous pourrissent la vie (les lecteurICEs du Figaro : patronEs bétonneurEUSEs et vendeurEUSEs d’armes, retraitéEs nostalgiques, commerçantEs proches de leurs sous, traderEUSEs et cadres frénétiques, catho intégristes, médecins de bonne famille…) ne seront jamais du même côté de la barricade que nous. Belles gueules ou pas, vous êtes le parti de la mort, nous sommes celui de la vie. Et bien que nous te parraissons préhistoriques, c’est bien les gens comme toi qui font partie du passé.

Et je termine mon texte en m’adressant aux journalistes de bonne foi, pigistes, vidéastes et photographes qui galèrent, intermittentEs de la presse qui voudraient faire connaître notre lutte avec un regard ami : Dans les luttes qui nous opposent aux détenteurICEs du pouvoir et de l’argent, face à ceLLEux qui déploient des stratégies policières pour nous coller en taule et nous faire taire, à Interpol et aux polices nationales qui nous désignent comme terroristes parce que nous jettons des pétards et des cannettes de verre et nous infiltrent pour mieux nous cueillir, la moindre indulgence à l’égard des preneurEUSEs d’images et des grapilleurEUSEs d’informations permettant de nous identifier ou de comprendre nos modes d’organisation constitue un danger. Il est impossible pour nous de savoir qui de vous est de bonne foi ou qui est indic. Notre seule défense, c’est l’intransigeance.

À vous de lutter dans votre corps de métier pour en chasser les journaflics, ceLLEux qui mâchent le travail de la flicaille et nous jettent dans les bras de l’ennemi. Les logiques contre lesquelles nous nous opposons sont trop puissantes pour qu’on se permette d’être conciliantEs. On a bien trop à perdre ! Et on n’a qu’une vie…

Nos pensées vont aux prisonnierEs politiques, à Cyril et aux autres opposantEs à l’aéroport tombéEs dans les mailles de leurs filets.

Guerre à Vinci et à son monde !

Un parasite ultra-gauchiste, chômeur boueux et puant, casseur décérébré et délinquant congénital.

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Commentaire(s)

> Sur la lutte à Notre Dame et sur ses formes

Au nom de Attac France cette bonne et brave Geneviève Coiffard-Grosdoy c'est fendue d'un texte de soutient piégé comme attac le fait toujours pour nuire aux luttes que cette organisation a pour rôle de casser pour en récupérer des miettes à pseudo-négocier avec son tuteur l’État capitaliste. Elle insiste lourdement sur "non-violence" pour piéger les zadistes qui seront confronté à une violence insoutenable et à leur moindre "dérapage" traités de brutes féroces et de terroristes en cœur par les médias et le même ATTAC, un grand classique de la répression.

Nous pensons que les zadistes ne sont pas tous(tes) des imbéciles se disant "paysans, anarchistes ou anticapitalistes" comme l'affirme notre Geneviève. En conséquence ils se méfient forcement d'ATTAC qui a toujours vendu aux polices et aux médias policiers le maximum de dupes, c'est là sa fonction depuis plus de dix années de "Luttes Anticapitalistes" désarmé dans des nasses répressives et couvert d’opprobre par le spectacle.

http://debord-encore.blogspot.fr/2012/12/sur-la-lutte-n....html