Récit d'une journée au Chefresne

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Récit d'une journée au Chefresne
Dimanche 12 février, RTE voudrait nous faire croire que tout se déroule pour le mieux sur les chantiers de construction de la ligne THT, pourtant l'opposition contre ce projet va croissant.

Après une AG poursuivant le processus de Valognes, environ 70 personnes ont pris la route du chantier en convoi.
Le RG présent à proximité du lieu de réunion au Chefresne mettra un certain temps à nous emboîter le pas, tandis que lentement une voiture de gendarmerie suit chacun des deux groupes de voitures partis pour rejoindre le lieu de l'action par des chemins différents.
Arrivés sur place, les randonneurs du 1er convoi empruntent tranquillement le chemin boueux qui mène au pylone à terre, le n°207 à proximité de Villebaudon.
Pépères, quatre gendarmes nous observent d'abord de loin.
Lorsque nous arrivons à une centaine de mètres du chantier,ceux-ci se dirigent dans notre direction. La scène est impressionnante, un vaste champ de boue, et en plein milieu de la campagne le pylône gît encore au sol, attendant d'être complètement assemblé puis dessé. Très rapidement, nous nous rendons compte que beaucoup de boulons fixant les cornières ensemble ne sont pas encorre serrés. Ceux qui le sont sont clairement reconnaissables : ils portent une marque de peinture bleue et sont poinçonnés.
Pas besoin de clefs pour s'attaquer à ce monsre affaissé. Rapidement, nous commençons à déboulonner à la main. Pendant que certain-e-s s'affairent à cette tâche excitante, d'autres soulèvent les bâches au sol pour protéger la besogne du regard des gendarmes qui semblent ne rien comprendre.
On nous rapportera leur étonnement : « Mais, que font-ils près des pylônes ? », « Oh, ils prennent des photos, les bâches, c'est pour la lumière ». Puis, quelques boulons, écrous et autres cornières volent joyeusement à travers le champ... « Mais, vous êtes en train de saccager là ! », « Non, on démonte ! » rétorque une des personnes présentes.
Le petit manège du déboulonnage dure encore quelques minutes, puis à l'arrivée de quelques renforts de la gendarmerie, nous décidons de nous diriger vers un autre pylône en chantier qui se trouve dans le champ d'en face. D'abord en marchant tranquillement, puis on se met à courir – petit jogging dans la boue, les gendarmes sont tout déboussolés. Mollement, ils courrent derrière. Les premier-e-s arrivé-e-s au pylône déboulonnent quelques écrous.
Rejoints au bout de quelques minutes par les gendarmes qui se mettent à encercler le pylône et à mitrailler de photos les personnes présentes, nous finissons par reprendre la route en convoi, retour au Chefresne.
Joyeuse action, en somme, pour leur déclarer que la lutte contre leur projet dégueulasse de THT, comme contre toutes les formes de dépossession qu'ils cherchent à nous infliger, n'est pas prête de s'éteindre. Bien au contraire.