Rennes : du 1er au 11 février - Retour de la Maison de la Grève

Mot-clefs: Resistances
Lieux: Rennes

Lors du dernier mouvement contre la réforme des retraites, à l’automne 2010, nous avons réquisitionné les anciens locaux de la CFDT pour y installer la Maison de la Grève. Ça allait de soi : se doter d’un lieu pour s’organiser de manière déterminée par-delà les corporatismes et identités sociales (étudiants, travailleurs, chômeurs, travaillant dans le public ou le privé...). Un lieu pour partager nos analyses de la situation et coordonner nos actions, faire une caisse de grève pour s’entraider financièrement, organiser des cantines de grévistes alimentées en partie par des paysans nous soutenant, se retrouver dans des fêtes. Et imaginer comment faire durer la grève.
Au bout d’un mois et demi, la mairie de Rennes nous a expulsés, comme d’autres socialistes et toutes sortes de dirigeants organisent l’austérité ailleurs en Europe, et répriment ceux qui ne veulent pas plier. Après cette expérience, retrouver un lieu, cette fois pérenne, était une évidence. Pour construire, au fil des temps, une force locale déterminée à vivre autre chose que le capitalisme. Nous avons fini par nous installer dans les locaux d’une association au 37 rue Legraverend.

La Maison de la Grève est un lieu politique mais pas celui de professionnels de la politique. Ici, vous ne trouverez pas la clef pour sortir de l’impasse. La Maison de la Grève n’est qu’une ébauche, un commencement ici et maintenant d’autres possibilités. Avec son lot de difficultés et de joies.

Il est impossible de dire ce que la Maison de la Grève recouvre exactement et ceci pour une bonne raison : elle est plus que la somme des activités qui s’y passent, des événements qu’elle provoque ou auxquels elle prend part. Elle a la prétention de réussir à être en même temps plusieurs réalités, positions politiques, initiatives parfois même contradictoires sans se perdre dans l’éparpillement des luttes et le cloisonnement dans les manières de s’organiser.

Nous ne voulons plus laisser notre quotidien au hasard de ce monde. Nous voulons nous en ressaisir collectivement, partager et étendre des pratiques offensives. S’organiser contre le réaménagement de nos espaces, soutenir les grèves, imaginer des actions en dehors des mouvements sociaux, tout en se liant avec des initiatives d’ailleurs. Être un lieu d’où partir et où revenir, un lieu pour se projeter collectivement. Un lieu pour une mise en échec pratique et politique du pouvoir.

A la Maison de la Grève, vous trouverez une cantine, une université populaire, un atelier informatique, un magasin gratuit, une imprimerie (photocopieurs, sérigraphie), pour apprendre, manger, échanger, avancer. Vous pourrez aussi vous y rendre sans raison, pour prendre un café, trainer avec un ami, trouver un livre. Parce que la constitution d’une force tient autant dans sa capacité matérielle, à ses savoirs-faires, qu’à sa façon d’être et de marcher ensemble.

Ces dix jours ne sont qu’un debut ! Vous êtes les bienvenus !

Programme :


mercredi 1er Intervento (18h00)
jeudi 2 Présentation du livre Autonomie ! en présence de son auteur (20h30)
vendredi 3 DJ : Dragon du Kosovo (20h30)
samedi 4 prairies Saint-Martin (14h00) Présentation de l’atelier informatique (18h00)
dimanche 5 Projection du film la gueule de l’emploi (16h00)
lundi 6 Création d’affiches (14h00) Discussion sur les luttes locales (20h30)
mardi 7 Retour sur le mouvement des Indignés de Barcelone (20h30)
mercredi 8 Magasin gratuit (14h30) Pique-nique freegan (19h00) - Film sur les Diggers (20h30)
jeudi 9 Foot (14h00) Présentation de Rennes Troie - Université Populaire (20h30)
vendredi 10 Cantine (20h00)
samedi 11 Discussion « La gratuité alternative au capitalisme ? » (14h00) Surprise-party (20h00)

Et tous les jours, du 1er au 11 février 2012, cantines matin, midi et soir.

Pièces jointes

Report Programme du 1er au 11 février

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Commentaire(s)

> grêveurs et chômeurs

Ah ! Enfin ! Longue vie ! Et aussi quelle soit belle.

J'espère que ça va contribuer à un renouveau des luttes par chez vous, ce serait utile partout ailleurs. À ce propos :

Au chômage, tout le monde y passe, plus ou moins longtemps, plus ou moins souvent. Même si on fait disparaître les chômeurs à coups de …radiations.

Plus de la moitié des chômeurs ne sont pas indemnisés et tous les chômeurs sont en butte à la culpabilisation (“vous n’êtes pas des gagnants, vous êtes donc des minables, votre responsabilité personnelle est engagée, à vous de vous en sortir !”), à la stigmatisation (des “assistés”), ou à la pitié (des “victimes”). Cela fait partie d'un état de choses qu’il faut battre, changer, de fond en comble.

Le 17 janvier dernier une douzaine d’occupations de Pipo l'emploi et des tentatives (dont celle de Nantes : http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5993) ont eu lieu. Plus le baratin de la campagne électorale vient dissimuler les problèmes et donner de fausses réponses (plein emploi, industrie, concurrence, austérité), plus de telles interventions, hors des sentiers battus de la politique classique comme du “refuge” sur internet et ailleurs se justifient sans doute plus encore qu'à l'accoutumée.

Depuis le 17 janvier d’autres actions ont eu lieu, à Lille (http://ccpl59.over-blog.com/)], Rennes (http://mcpl.revolublog.com/), Caen (http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=6000.

D'autres se préparent pour les jours qui viennent.

Un appel à occuper PARTOUT les Pôle emploi est lancé pour le 14 février

http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=6013

Nous sommes à J-15 de cette échéance. Il y a de quoi faire !